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dimanche 11 septembre 2016

[Fifties & Sixties] - Robert Sax, Kaplan & Masson et Scott Leblanc : Belgitude, ligne claire et espionnite...

Magnifique tir groupé ces derniers mois d'albums aux intrigues tout droit sorties des années de guerre froide ! Et avec des scénaristes qui n'hésitent pas à mettre en scène des héros pas vraiment attendus : un garagiste nonchalant, un reporter animalier un brin neu-neu et un duo de choc espion du SDECE / homme de science ... Et tout ce petit monde vit de trépidantes aventures sous la plume de disciples chevronnés de la ligne claire...

Robert Sax, de Rodolphe et Alloing est le dernier arrivé de la bande. Dans "Nucléon 58", voici ce héros-malgré-lui, garagiste dans le Bruxelles de 1957, plongé par hasard au coeur d'une affaire de plans secrets de véhicule révolutionnaire, à l'énergie atomique (époque oblige !). Robert vient en aide à son meilleur ami, Boon, libraire de son état, qui a hérité par hasard des plans que toute une ribambelle de personnages louches rêve de s'approprier. Des agents de services secrets, of course.
Dans "Paradis perdu", Sax se retrouve cette fois la cible d'une bande de mafieux, en plein centre d'un règlement de compte entre gangs. Avec une seconde affaire qui vient se superposer à cette première : l'assassinat d'une chanteuse dans des conditions qui replongent Robert dans un passé douloureux. L'amour de sa vie, Alice a été tuée dans le même quartier, à la même heure, avec le même calibre, quelques années auparavant...
Robert Sax, en patron de garage mélancolique et désabusé, est un personnage attachant, tout comme le sont les personnages secondaires qui gravitent autour de lui : Boon, le libraire, Raoul, le fidèle mécano (car le patron ne met jamais les mains dans le cambouis) et Peg, la secrétaire de choc, qui a le bon goût de ne pas être une blonde à forte poitrine mais une brune à cheveux courts, et dont on pressent qu'elle pourrait prendre plus de place dans la vie du patron, pour former un vrai duo confronté à des enquêtes à rebondissements. Espérons-les retrouver, car ces deux premières aventures sont vraiment plaisantes à lire.

Kaplan & Masson forment eux déjà un duo original, dont l'apparition remonte déjà à 2009 (dans "La théorie du chaos") et c'est un vrai plaisir de les retrouver enfin dans cet ahurissant "Il faut sauver Hitler". Jean-Christophe Thibert, seul au commande pour ce second tome (Didier Convard a imaginé et scénarisé le premier tome ) a repris le mythe du Führer ayant échappé à la mort dans son bunker en avril 1945, et dont les adorateurs, eux, dans le secret, préparent le retour. Pas vraiment original, se dit-on, sauf que très vite, on voit l'habileté de l'auteur : il ne s'agit pas du vrai Hitler mais d'un sosie, un Français, Jules Lantier, germanophone distingué et acteur... Une trouvaille des services secrets français, pour enfumer les pays adverses, où Lantier est le personnage-clé de l'opération "Piège à cons". Cela marche si bien que le pauvre Hitler de pacotille (mais au demeurant très crédible) est devenu l'homme à abattre de tout le monde.... Il faut donc le tirer des griffes d'innombrables ennemis. Ce que font Kaplan, Masson et le facétieux japonais Watabe, dans une succession de scènes hyper-spectaculaires où les coups de poing pleuvent, les mitraillettes arrossent à gogo, les murs de chambres d'hôtel sont pulvérisés au bazooka, et des véhicules de toutes sortes finissent en amas de tôles informes. Le tout avec une précision, une élégance et une efficacité dans le trait qui forcent le respect. C'est même carrément du grand art ! Il y a évidemment une dimension parodique à tout cela, et ce second tome franchi un palier dans ce domaine. Et donne fortement envie de retrouver plus vite ces grands malades...

Mais le plus malade d'entre tous reste bien l'inénarrable Scott Leblanc, qui dans sa quatrième aventure, a l'immense honneur de croiser sur sa route rien de moins que Sa Majesté le Roi des Belges. Notre sympathique reporter, comme aime à le qualifier ses auteurs, est tout fier d'avoir obtenu une interview du roi Baudouin, car comme il le dit : " J'ai le sentiment qu'un homme aussi charismatique doit avoir des choses passionnantes à dire sur le monde animal"... Ah ? Vous ne saviez pas ? Scott Leblanc travaille pour le magazine "Bien en vue" où il tient avec une foi et un enthousiasme chevillés au corps la rubrique "Des animaux et des stars". On imagine donc son excitation à la future rencontre avec Baudouin. Sauf qu'il ignore qu'il va servir d'appât à une odieuse substitution d'altesse, menée par de sinistres individus et qu'il va tout simplement se faire enlever. Et sa brave maman, folle d'inquiétude va supplier le professeur Moleskine, habituel compagnon de route (mais qui se passerait bien de ce fardeau) de Leblanc. Les voici donc tous deux sur les traces du pauvre reporter, aux mains de méchants qui ont pour simple ambition de rayer de la carte URSS, Etats-Unis et Europe et d'installer un ordre nouveau...

"Echec au roi des Belges", est déjà la quatrième aventure de Scott Leblanc et il faut dire sans détour : c'est toujours aussi débile... mais qu'est ce que c'est roboratif ! Voilà un pur pastiche de Tintin : c'est évident graphiquement, Devig dessinant dans un style tout hergéen ces aventures débridées, et cela se confirme au niveau des textes, écrits avec Geluck. On ne compte plus les "diaboliques machinations", "sinistre forfait" et autre expressions surannées qui parsèment les conversations et récitatifs. La cerise sur le gâteau étant bien entendu la naïveté simplette du héros, toujours là pour poser les questions les plus stupides aux moments les plus délicats. Et en plus, sa mère est cette fois de la partie. C'est un sacré personnage que Devig et Geluck ont inventé là, et il faut espérer que les cinq aventures aux titres alléchants (en particulier, "Seul contre l'OAS" !) annoncées au dos de ce quatrième tome verront le jour...



Kaplan et Masson 2 – Il faut sauver Hitler ****
Scénario et dessin Jean-Christophe Thibert
Glénat, 2016 – 48 pages couleur – 13,90 €

Robert Sax 2 - Paradis perdu ***
Scénario Rodolphe et dessin Louis Alloing
Delcourt, 2016 - 48 pages couleur - 14,50 €


Scott Leblanc 4 - Echec au Roi des Belges ****
Scénario et dialogues Devig et Philippe Geluck - Dessin Devig
Casterman, 2016 - 48 pages couleurs - 12 €

dimanche 4 septembre 2016

[INTERVIEW] - "7 frères" (Delcourt) : 7 questions à Hervé Boivin

Deuxième album de la saison 3 de la belle collection "7" des éditions Delcourt, "7 frères" est paru au tout début de cette année. Retour express en 7 questions sur cet album, avec Hervé Boivin, le sympathique dessinateur de cet épisode.

Bédépolar - Hervé, te voici dans la célèbre collection "7", de Delcourt, avec une histoire autour de la Franc-maçonnerie. Comment est-tu arrivé dans cette collection ? Une envie, une proposition de ta part ?


Hervé Boivin - C'est David Chauvel qui dirige cette série "concept", et qui donc choisit les auteurs qui y participent. J'avais, jusqu'alors, toujours travaillé avec lui en tant que scénariste sur mes précédents albums, mais son planning ne lui permettait pas de me proposer une collaboration directe. Par contre, il a vu dans la troisième saison de "7" un scénario qui pouvait correspondre à ce que j'avais développé sur WW 2.2 (une uchronie dont Hervé a dessiné les tomes d'ouverture et de conclusion)
Dans la série "7", je pense que David trouve, ou reçoit d'abord des propositions des scénaristes qu'il met ensuite en relation avec des dessinateurs. Le scénario, ainsi que la perspective de travailler avec Didier Convard et JC Camus, m'ont plu. C'était parti.


Bédépolar - Justement, pour la première fois, tu n'as pas un, mais deux nouveaux scénaristes : quelle a été la répartition des rôles ?


Hervé Boivin - J'imagine que tu poses là la question de la répartition entre les deux scénaristes, car pour moi, le travail était le même que sur un scénario écrit par une seule personne...

Du coup, je peux difficilement répondre, car je ne suis pas au courant de la manière dont ils ont procédé. Je peux malgré tout imaginer qu'ils avaient des réunions entre eux pour échanger et se distribuer les tâches mais je ne me risquerai pas à inventer ce que je ne sais pas...

Pour ma part, je recevais le scénario au fur et à mesure, mes questions, par mail, étaient toujours adressées aux deux, et la validation des étapes se faisait toujours avec les deux. 
 


Bédépolar- "7 frères" est un "one shot", dans une veine réaliste, aux allures de thriller, mais à forte dimension historique... Tu veux devenir un spécialiste de la seconde guerre mondiale ?


Hervé Boivin - Comme j'ai commencé à le dire dans une précédente question, ce n'était évidemment pas un hasard de retravailler sur un scénario qui traite de la période de la seconde guerre mondiale. C'est un moyen de profiter de toute une documentation et d'un savoir faire acquis. Ca permet un confort dans un exercice qu'est le "one shot", ou l'on repart de zéro, sur un temps assez court, comparativement à une série.

De là à m'imaginer spécialiste, ce n'est pas le cas, et d'ailleurs le challenge de m'atteler à un nouvel univers, fait partie de mes plaisirs dans la bande dessinée.



Bédépolar - Outre la reconstitution des décors et contextes de l'époque, quelles sont les difficultés quand on s'attaque à ce genre d'histoire, aux codes visuels bien précis...


Hervé Boivin - Il y a effectivement des difficultés mais qui peuvent être des avantages. Parfois des contraintes fortes vous cadrent et vous évitent de vous perdre. Mais la principale difficulté a été de l'ordre de la mise en scène. Le contexte d'un temple maçonnique avec ses codes et ses placements de personnes bien particulières, m'ont donné du fil à retordre pour actionner la narration et rendre fluide et vivantes les discussions tout au long du huis-clos.

Bédépolar - Il y a beaucoup de livres sur le sujet de la Franc-maçonnerie. Comment celui-ci a-t-il été accueilli
 


Hervé Boivin - Si je me base sur les retours presse et même directs, le livre a été bien accueilli. Ce n'est pas un livre sur la Franc-Maçonnerie, mais un livre dont le contexte est une histoire de résistance, avec cette originalité que les personnages sont Franc-maçons. Les deux scénaristes sont calés sur le sujet, c'est de notoriété publique. Ils ont d'ailleurs respectivement traité du sujet dans d'autres ouvrages, mais on peut tout à fait apprécier l'album sans s'intéresser à la Franc-maçonnerie. Quand au public franc-maçon, je ne sais pas s'il y en a eut beaucoup, mais évidemment j'ai plusieurs fois rencontré des gens qui désiraient offrir l'album à une connaissance Franc-maçonne. Pour l'anecdote, il y a tout de même eut une loge belge qui nous a commandé sept albums dédicacés pour offrir à sept nouveaux "Frères" qui venaient d'être initiés... 
 


Bédépolar - Quels sont tes titres préférés dans cette collection ?


Hervé Boivin - Déjà pour commencer, je ne les ai pas tous lus, loin de là.

Donc, parmi ceux que j'ai lu, il y a le tout premier, "7 Psychopathes" de Velhmann et Phillips, tant par l'histoire que graphiquement, et dans la deuxième saison, "7 Détectives" de Hanna et Canete", qui est un très bon album qui a d'ailleurs donné lieu à une série chez Delcourt : "Détectives", qui met en scène des histoires avec les différents personnages.


Bédépolar - Ta première bande dessinée, "Trois allumettes", relevait plutôt du genre noir Reviendras-tu un jour au polar "pur", comme à tes origines ? Es-tu tenté par ce genre ? Que prépares tu ?


Hervé Boivin: -Bien que je ne sache pas trop ce qui m'attende dans le milieu de la bande-dessinée, oui, j'aimerais beaucoup revenir à du polar pur, contemporain. Noir ou pas. En ce qui concerne mes goûts en littérature, par exemple, je ne lis quasi exclusivement que du polar (beaucoup américain: Burke, Leonard, Pelecanos, Lansdale...). Maintenant, sans m'en faire, là non plus, un spécialiste, j'aimerais y faire une incursion.

Ce que je prépare ? Au moment où je réponds à cette interview, les choses sont encore trop floues pour que je puisse répondre correctement à la question... mais ce que je peux dire malgré tout, c'est que ça ne devrait être ni historique, ni purement polar. ça laisse du champs...




  J'ajoute à cette conclusion qu'il ne faut pas non plus passer à côté de la réédition (chez Aaarg !) des deux aventures de "Lili et Winker", en un volume (Pretty little nightmares). Et si vous êtes dans la région de Saint-Brieuc, n'hésitez pas à faire un tour du côté du chouette resto "Caramel et Compagnie", qui accueille une expo d'originaux d'Hervé Boivin, du 6 au 29 septembre.
  

Une autre grosse exposition, entièrement consacrée à "7 frères", aura lieu au centre culturel Victor Hugo de Ploufragan, en prélude au festival "Noir sur la Ville" de Lamballe, dont Hervé a réalisé l'affiche.

Et enfin, si vous êtes dans la région d'Avignon le 1er week-end d'octobre, passez donc faire un tour à l'excellent festival de polar de Villeneuve-lez-Avignon : Hervé Boivin y sera, avec d'excellents confrères dessinateurs... mais je reviendrai plus en détails sur le programme de Villeneuve dans un prochain billet.



En attendant, lisez donc "7 frères" !



7 Frères - Sept francs-maçons résistants face au mensonge **

Scénario Didier Convard et Jean-Christophe Camus. 
Dessins Hervé Boivin

Delcourt, 2016 - 56 pages couleur - Collection "7" - 14,95 €




jeudi 25 février 2010

Kaplan et Masson 1 - La Théorie du chaos (2009)

1956, Paris. Le professeur Bernstein, savant atomiste, se fait assassiner à la veille de son important discours sur la non-utilisation de l'arme nucléaire. Hanté par le souvenir d'Hiroshima et Nagasaki, son ami Purcell avait réussi à convaincre d'autres savants du monde entier, et un milliardaire grec, Yorgos, à monter une conférence de la paix autour de ce sujet. Mais Yorgos est assassiné à son tour, au moment où le lieutenant-colonel Kaplan, des services secrets français, allait à sa rencontre. Deux meurtres rapprochés qui ne laissent aucun doute sur l'entreprise de sabotage de la conférence... Mais qui peut bien connaître les noms des savants pacifistes jusque-là tenus secrets ? Avec l'aide du scientifique Nathan Masson, Kaplan se charge de l'affaire.

Didier Convard, scénariste reconnu pour ses intrigues sur fond historique, nous replonge, avec cette nouvelle série, au coeur de la Guerre Froide, avec ce qu'il faut de détails pour que le lecteur se retrouve dès les premières pages dans le Paris et l'Europe des années 50. Le style très ligne claire de Jean-Christophe Thibert renforce ce côté « rétro », et graphiquement, l'album est à rapprocher du Floc'h de « Blitzkrieg » ou du « Dossier Harding ». Son rythme est cependant un peu plus trépidant, du fait même du statut de Kaplan : espion n'est pas un métier de tout repos en ces années d'après-guerre. Les « affaires » de l'époque – tout comme la figure même de l'agent secret - sont d'ailleurs passées dans un imaginaire collectif, auquel les auteurs font largement appel. Il n'est d'ailleurs pas interdit de voir aussi dans leur série un hommage aux romans d'espionnage du Fleuve Noir dont Coplan était l'une des vedettes.

Kaplan et Masson 1 – La Théorie du Chaos
Scénario Didier Convard et dessin Jeann-Christophe Thibert
Glénat, 2009 – 56 pages couleur – (Collection Caractère) – 13 €

dimanche 10 janvier 2010

Sherlock 1- Révélations (2008)

Le jeune Sherlock Matthews, en voyage en Egypte, est occupé à explorer le tombeau de Senned Jem, qu'il vient de localiser. Mais les joies de la découverte sont de courte durée : on apprend à Sherlock le suicide de sa mère. De retour au manoir familial, le jeune homme se fait expliquer les cironstances de la découverte du cadavre, et parvient vite à une évidence : il s'agit d'un meurtre. Avec l'aide de son frère Mycroft, il cherche la vérité et il lui faudra faire vite, car le meurtrier manque de peu de l'assassiner à son tour dans son sommeil...

Après de nombreux autres, Convard et Adam s'emparent du mythe holmesien et livrent un scénario tout à fait original sur Sherlock avant Holmes. Du caractère bien trempé du jeune homme à la manière dont il hérite de son célèbre couvre-chef, tous les indices et ingrédients conduisant au – futur – grand détective sont là. Cette genèse crédible, et tout à fait dans l'esprit insufflé par Conan Doyle à sa série, est dessinée par un amoureux des récits de mystère, Jean-Louis Le Hir, comme un poisson dans l'eau dans cette histoire. Ce Sherlock-là, c'est tout l'art de faire du neuf avec du vieux, ou encore de vérifier l'adage « C'est dans les vieux pots qu'on fabrique les meilleures confitures ». Et celle-ci est délicieuse.

Sherlock, tome 1 - Révélations
Scénario Didier Convard et Eric Adam, dessin Jean-Louis Le Hir
Glénat, 2008 - 48 p. couleur - Collection Grafica – 12,50 €

mardi 5 janvier 2010

Le Protocole du tueur 1- Le Tueur à la ficelle (2007)

Jean Lestrade, maire d'une grande ville de province, reçoit un DVD lors d'une réception à la mairie : un film sur lequel sa jeune maîtresse est assassinée, selon le modus operandi d'un « tueur à la ficelle » qui sévit dans la ville depuis quelques temps. Piégé par le scandale potentiel, Lestrade ne prévient pas officiellement la police, mais se confie à son ami flic, Kelian Zelmann, qui retourne sur les lieux du crime pour y récupérer l'ordinateur de la victime, contenant des échanges de mails compromettants pour le maire. Puis Zelman propose à un collègue retraité de mener une enquête parallèle sur cette affaire. Le lendemain, son supérieur lui apprend que le tueur à la ficelle a encore frappé et que l'enquête s'annonce difficile...

Minutieusement construit, le scénario de Convard mêle chantage, jeux d'influences politiques et pulsions meurtrières. Les personnages qu'il crée sont consistants, crédibles dans leurs relations, et suffisamment complexes pour que le lecteur s'interroge. On ne sait d'ailleurs pas grand-chose des motivation du tueur, ni de son identité, et Convard ouvre de nombreuses pistes, faisant de ce tome initial, un bon lancement pour cette nouvelle série de la collection « Investigations ». Au dessin, Didier Falque installe une atmosphère assez angoissante.

Le Protocole du tueur
Scénario Didier Convard et dessin Didier Falque
Glénat, 2007 - Collection Investigations - 56 p. coul. - 9,40 €
[Chronique parue dans l'Ours Polar n°45/46, juin 2008]

jeudi 31 décembre 2009

Tanâtos 1 - L'Année sanglante (2007)

Paris, décembre 1913. Alors qu'il s'apprête à aller passer un peu de bon temps en galante compagnie après une journée difficile à l'Assemblée Nationale, le député socialiste Lampoit, ami de Jaurès, se fait enlever par Tanâtos, l'ennemi public numéro un du moment. Se faisant passer pour sa victime à l'aide d'un grimage audacieux, Tanâtos monte un complot destiné à compromettre Jaurès et à précipiter les événements nationaux en faveur du camp des députés bellicistes. Son plan diabolique connaît un léger contretemps que va essayer d'exploiter le commissaire Bernin, épaulé de Louis Victor, un des meilleurs limiers de l'agence Fiat Lux.

Il y a évidemment du Fantômas dans cette histoire machiavélique de Convard et Delitte, depuis le costume du méchant jusqu'à ses ingénieux stratagèmes pour faire le mal. L'introduction de machines sophistiquées – très en avance sur leur temps – donne un petit côté steampunk qui ajoute un charme incontestable à cette nouvelle série de Convard. Sinon, c'est carré au niveau du scénario, historiquement suffisament documenté pour titiller l'imaginaire et impeccable dans le dessin. Une vraie BD populaire, dont la conclusion sortira dès le début de l'année 2008.

Tanâtos, tome 1 - L'Année sanglante
Scénario Didier Convard et dessin Jean-Yves Delitte
Glénat, 2007 - Collection Grafica – 56 pages couleur (12,50 €)

[Chronique parue dans l'Ours Polar n°44, décembre 2007]