Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
Trois index sont là pour vous aider à retrouver les BD chroniquées dans ce blog : par genres, thèmes et éditeurs.
Vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche interne à ce blog.
Bonne balade dans le noir !

dimanche 16 juin 2013

[Nouveauté] - Au vent mauvais (Rascal et Murat) - Futuropolis

Abel Mérian sort de prison, après sept  ans passés à l'ombre. Avec le pécule amassé pendant ces années,  il s'achète de nouvelles fringues (dans le premier magasin qu'il trouve : un New Man...), et prend un billet de train pour la ville où un butin l'attend, enterré dans le sol crasseux d'un usine.  Mais à son arrivée, Mérian découvre que la vieille fabrique est devenue un musée d'art contemporain flambant neuf. Avec plusieurs mètres de béton au dessus de son fric. L'homme est déboussolé, et alors qu'il est perdu dans la contemplation d'un Magritte, un portable sonne près de lui : il appartient à une jeune fille qui l'a oubliée, avant de prendre son vol pour l'Italie.
Elle lui demande de lui renvoyer, ce qu'il s'apprête à faire, mais il renonce devant la queue à la Poste... Il décide alors de voler une voiture et d'aller en Italie pour rendre le portable à la jeune femme, étrangement séduit par celle-ci, à travers les textos qu'il a pu lire sur le téléphone, et une photo d'elle. Un périple commence, où Abel sera accompagné d'un chien, puis d'un gamin débrouillard...
 
Ce récit noir de Rascal, est un beau portrait d'homme qui doit faire face à une société dont il a un peu oublié les codes, après ses années de prison. C'est une histoire à multiples entrées et lectures.
C'est d'abord  un récit sur le temps, dont le premier symbole est cette usine disparue, remplacée par un musée. C'est dans ce lieu de labeur devenu lieu de mémoire, que le souvenir du père surgit, face à une oeuvre de Magritte. Et là, le voyage dans le temps se confond avec voyage dans l'art.
C'est ensuite une réflexion sur le genre humain : le chien - ce meilleur ami de l'homme - est bon, l'enfant est bon (mais peut-être déjà sur la mauvaise pente, car on sent le voyou roublard derrière le gamin débrouillard), mais l'adulte, lui,  semble bien irrémédiablement mauvais...
Et c'est enfin une histoire à chute, brutale, réussie, car assez inattendue : tout au long du voyage vers l'Italie, on se demande vraiment ce que peut espérer Abel de ce périple vers un amour fantasmé.
La technique de Thierry Murat est celle employée dans "Les larmes de l'assassin" : de grandes cases, avec, comme  texte en légende, les pensées du narrateur, Abel. Très peu de dialogues, sans les phylactères qui plus est, ce qui place un peu plus cet album dans la famille des récits graphiques .
Mais ce très bon album, très sombre, au final assez froid, est surtout une parfaite illustration de la branche "noire" du genre polar.


Au vent mauvais
Texte Rascal et  dessin Thierry Murat - Futuropolis, 2013 - 18 €

mercredi 29 mai 2013

[Flons-flons & Paillettes] - Le Prix SNCF du Polar / BD 2013 à "Un léger bruit dans le moteur" (Physalis)

Le verdict est tombé hier vers 20h à la Gaité Lyrique à Paris : les lecteurs-voyageurs ont porté en tête l'album "Un léger bruit dans le moteur" pour la deuxième édition du Prix SNCF du Polar BD. Une belle récompense pour Jonathan Munoz (dessinateur) et Gaet's (scénariste), sans oublier Jean-Luc Lucciani, auteur du roman éponyme dont cet album est une adaptation.
Comme l'a fait remarquer le monsieur loyal de la soirée, le toujours impeccable Jean-Pierre Dionnet , plus question maintenant de confondre Jonathan Munoz, qui signe ici sa première bande dessinée, avec José Munoz, créateur avec Sampayo d'Alack Sinner. D'ailleurs, allez donc faire un tour sur le site de Jonathan, vous verrez un peu de quoi l'oiseau est capable...
Bravo donc aux lauréats, et aux éditions Physalis, qui ont cru dans ce projet, un peu barré, de deux jeunes auteurs. Notons au passage que ce prix, dont un des objectifs avoués est de faire découvrir des nouveaux talents, a réussi son coup pour cette deuxième édition. 
Jonathan Munoz à Gaet's : cette fois, je crois bien qu'on le tient, le trophée !
 La sélection pour le prix 2014 est en cours de constitution, et vous la connaîtrez très vite grâce à Bédépolar. Et pour cette troisième édition de la branche BD du prix, il sera possible de voter via internet. Donc : affaire à suivre !
Et pour n'oublier personne, sachez aussi que le prix polar SNCF du roman est allé à Jérémie Guez pour "Balancé dans les cordes" (La Tengo éditions) et le prix polar SNCF du court-métrage est allé lui à "Kérozène" de Joachim Weissman (Artémis productions).
Champagne pour tout le monde !
Gaet's, Munoz et MC Dionnet

dimanche 26 mai 2013

[Nouveauté] - Tueurs de mamans 1 (Zidrou, Ers et Borecki)

Elles sont cinq, plutôt cocottes, des ados bien dans leur peau et dans leur tête, enfin... presque !
Elles ont tout de même des soucis avec leurs mères respectives, à tel point qu'elles ont formé un ordre secret  - les nonnettes - au sein même du collège, pour y discuter de leur quotidien un peu trop difficile à leur goût... La seule condition pour y entrer : ne pas avoir de père. Elles se réunissent régulièrement dans un local bien à elles, une chapelle oubliée de ce collège qui fut catho, dans un autre siècle. Et, au cours d'une séance d'intronisation d'une nouvelle membre, la fougueuse Toronto, Anggun, l'accro de l'ordi, tombe sur un site étrange : Castigo. Il suffirait de désigner une personne   dans un formulaire, d'indiquer un châtiment, de payer.. et d'attendre que la victime reçoive sa punition. Les filles se lâchent et remplissent cinq formulaires, avec des châtiments plus ou moins sévères... Cela va de la claque à... beaucoup plus meurtrier ! Un peu dubitatives, elles se rendent compte que le site n'est pas une arnaque et qu'un curieux exécuteur des peines officie avec efficacité... Mais jusqu'où ira-t-il ?

Première partie d'une histoire-choc signée Zidrou, qui décidément confirme son talent pour le polar (cf : La Peau de l'ours, Le Client), avec en prime ici un sens aiguisé du suspense qui fait entrer ce dyptique dans la catégorie du thriller, le vrai, celui où l'on frissonne . Ses héroïnes ados sont très crédibles, leur quotidien également, et les relations mère-filles sembleront à coup sûr des plus criantes de vérités à plus d'une lectrice... jeune ou pas ! La réussite du scénario tient à la fois dans justement à ce que l'histoire imaginée par Zidrou se déroule dans un cadre solide, familier, et que d'une vengeance virtuelle, ludique presque, on passe à un concret beaucoup plus sordide, froid. Il y a, au-delà de l'aspect thriller annoncé,  une critique claire d'une société numérique qui échappe à l'être humain, et dont il peut devenir le jouet. Le dessin du tandem Ers-Borecki appartient à l'école franco-belge et il reste un soupçon de légèreté au trait du duo, qui crée ce petit décalage avec le propos, au final assez sombre, du scénario. "Tueurs de maman" appartient à cette même famille de bandes dessinées pour la jeunesse, comme le fut ""Bidouille et Violette" (certes dans un autre genre) et l'est actuellement "Seuls", où l'on ose dire des choses importantes sur l'enfance, l'adolescence, en s'adressant directement aux enfants et ados, via un dessin à priori "classique", et inoffensif ... Zidrou a un jour déclaré qu'il était un "scénariste de bande dessinée à gros nez qui a décidé de faire des scénarios un peu plus compliqués" (ici  sur l'excellent blog madmoizelle.com) : il semblerait bien cette fois qu'il ait réussit à allier les deux.
Ce tome 1 est donc une grande réussite, reste à conclure cette histoire aussi bien qu'elle a été entamée : il n' y aura pas longtemps à patienter puisque le tome 2 est annoncé pour juin...


Tueurs de mamans 1 - Castigo
Scénario Zidou ; dessins Ers et Borecki
Dupuis, 2013 - 48 pages - 12 €

mercredi 1 mai 2013

[Nouveauté] - Lartigues et Prévert par Benjamin Adam (La Pastèque)

 
Lartigues, c'est celui qui est barbu, enfin, plus pour très longtemps. Prévert, c'est celui qui est propriétaire de l'épicerie du bourg. Enfin, plus pour très longtemps non plus. Tous les deux ont l'air d'avoir comme des ennuis, et voilà pourquoi ils lâchent leur magasin, et essayent de se faire oublier, juste quelques jours, le temps que l'affaire se tasse. L'affaire ? Une histoire de cadavre ensanglanté, retrouvé dans le coffre d'une R12 abandonnée avec son chargement, bien sûr, devant le garage du bourg. Pas très content le garagiste... surtout quand la police le place en garde à vue. Et que la R12, elle aurait plutôt été conduite par Lartigues, pour la dernière fois... Voilà pourquoi Lartigues a préféré se terrer avec Prévert dans cette vieille maison familiale oubliée de tous, à Machault, dans les Ardennes. Mais les deux hommes ne semblent pas attendre que le temps passe avec la même sérénité...

Alors là, ami(e)s du polar, voici un des albums de l'année, rien de moins. Entièrement réalisé par Benjamin Adam, il séduit d'abord par son aspect extérieur : couverture mystérieuse à la composition éclatée, dans un style art déco revisité, et dos toilé très soigné. Impeccable.  Et dès qu'on tourne cette première page, apparaît, avant-même la page de titre, une galerie de portraits : treize visages qui donnent leur avis sur "le fils Lartigues",  treize anonymes semblant répondre à un invisible journaliste, enquêteur, curieux... Et voici le lecteur plongé dans le bain immédiatement, avec cette page pré-générique, qui indique d'entrée que  le récit va se construire par touches successives. Passé cette séquence initiale, on suit donc le voyage et l'arrivée du duo, sous la neige, dans un village reculé, et leur installation dans la maison - abandonnée, presque - d'une tante de Lartigues. Une maison figée dans le temps, dont la mémoire est enfouie dans ces cartons qui traînent un peu partout. Une maison gardée par un blaireau empaillé, immortalisé dans une drôle de posture. Petit à petit, dans cette atmosphère étrange et poussiéreuse, la relation entre les deux hommes s'assombrit, en même temps que l'histoire progresse et s'éclaircit. Benjamin Adam alterne les séquences avec Lartigues et Prévert, et leur manière bien différente de faire face à leur situation préoccupante, avec des pages présentant des éléments-clés de l'intrigue, que ce soit des objets (la R12, la carabine) ou des personnes. Ces coupures sont franchement marquées, visuellement, par une mise en  couleur radicalement différente (rouge et noir, vert et noir), qui tranche avec le gris-bleu / noir des pages avec le tandem. Coté lecture, la mise en page est assez audacieuse, puis que l'oeil doit suivre un chemin lui aussi différent pour toutes ces double-pages qui sont presque des interludes, l'une d'elle étant même qualifiée d'"entracte". C'est d'ailleurs l'une des plus originales de l'album. 
 
Il faut aussi dire un mot  du lettrage, réellement réussi, et qui participe lui aussi à ancrer l'histoire dans les années 70 où elle se déroule. C'est un autre aspect intéressant de "Lartigues et Prévert", la restitution de cette époque où on fume dans les trains,  où les cabines téléphoniques à pièce peuvent devenir le seul moyen de communication...  et où la mise en examen s'appelait encore la garde à vue...  Graphiquement superbe, "Lartigues et Prévert" n'oublie pas d'être un album au suspense maintenu jusqu'au bout, avec des personnages attachants, solidement construits et aux comportements et réactions crédibles, face aux événements qu'ils traversent. C'est un album extrêmement riche, de la famille de ceux qu'on peut lire et relire en y trouvant toujours autant de plaisir. Regardez dans votre bibliothèque : ces albums sont rares, pas vrai ? Vous pouvez y rajouter "Lartigues et Prévert".

Lartigues et Prévert 
Textes et dessins de Benjamin Adam
La Pastèque, 2013 - 130 pages couleur - 23 €

mardi 12 mars 2013

[Nouveauté] - Fatman, de Chauvel et Denys


Il est monstrueusement massif, chauve, tatoué, et promène le petit chien de sa gentille voisine, la vieille Miss Hutchinson, dans les rues calmes de son quartier. Il porte des rangers – à moins que ce ne soient des Doc Martens - une chemise à carreaux rouge, et son pantalon est retenu par des bretelles tendues à l'extrême. Son regard est dissimulé derrière des petites lunettes cerclées, mais on ne sait s'il faut être rassuré ou pas de ce petit côté intello. En tous cas, Carl Douglas ne fait pas de vagues, et passé sa balade quotidienne, il s'affale devant la télé, un pot de victuailles à forte teneur en matières grasses à la main. Et c'est dans cette position, chez lui, qu'on vient le chercher, menaces à la clé, pour une proposition qu'il va devoir accepter. Parce que Carl Douglas n'est pas que ce gentil voisin, serviable et discret : il est aussi le roi de l' 'évasion, une sommité dans son domaine, à tel point qu'il a tiré un best-seller de son expérience personnelle en la matière. Et ceux qui font irruption chez lui sans crier gare le savent bien, et c'est pour cette raison qu'ils lui font faire un voyage à New York. Là, on explique à Carl Douglas ce qu'il doit faire : soustraire un parrain de la pègre locale à la justice, lors de son transfert vers le tribunal, où l'homme doit comparaître devant un grand jury. Douglas accepte, avec un flegme tout britannique. Mais ses commanditaires feraient bien de se méfier d'un homme qui décapsule ses bières avec les dents, et qui n'aime pas trop être dérangé...

Ce « Fatman » est le quatrième de la série « La grande évasion », une série-concept qui met en scène, on l'aura deviné, des personnages qui mettent tout en oeuvre pour s'échapper d'un endroit, en général très surveillé.  Ici, c'est le boss de la collection lui-même qui s'y colle, David Chauvel, et son scénario prend un peu le concept à l'envers, tout du moins au début, puisque celui qui ne peut être retenu par aucun barreau est déjà libre... C'est donc un autre personnage qui aura le rôle de l'évadé, mais c'est malgré tout Carl Douglas, alias Fatman, la véritable vedette de cet album. D'abord, parce que le lecteur le suit dans sa « préparation » de l'évasion - tellement étrange qu'elle en déroute ses commanditaires – et qu'ensuite, très vite, la force tranquille qui émane de Douglas laisse penser que rien ne va se passer comme prévu... par personne. Ajoutez à ces virils individus une femme au bord de la crise de nerfs, dont les apparitions de plus en plus hallucinées ponctuent régulièrement le récit, et un parrain qui perd petit à petit pied à cause de la maladie, et vous tenez un album qui sort des sentiers battus. Chauvel revient d'ailleurs au polar avec cette histoire, rappelant le grand scénariste du noir qu'il a toujours su être (Nuit Noire avec Lereculey, Trois allumettes avec Boivin, Les Enragés avec Le Saëc..). Il est ici en tandem avec Denys, avec qui il avait donne le très réussi Soulman dans la collection « Le Casse ». Denys, auteur au Lombard ,avec Dugand, d'une trilogie entre polar et fantastique, un peu passée inaperçue et qui méritait un meilleur sort : District 77. En attendant d'y jeter un oeil, entrez dans la danse avec ce rude boy de Fatman, sur un air de ska, of course...

[ Et allez, je ne résiste pas au clin d'oeil. Le vrai roi de l'évasion qui a enchanté mes jeunes années (mais non je suis pas vieux) c'est l'époustouflant Janus STARK... dit "l'homme-anguille".Je suis sûr qu'il reste des fans...]

Fatman
Scénario David Chauvel et dessin Denys
Delcourt, 2013 – 72 pages couleur – (La Grande évasion)
16,95 €

dimanche 10 mars 2013

Disparition de Maurice Rosy : Tif et Tondu en état de choc

Maurice Rosy, par Didier Pasamonik (pour ActuaBD)
 La disparition de Maurice Rosy, samedi 23 février , à 85 ans est un peu passée inaperçue, en tous cas aux yeux du grand public... Ce même public connaît pourtant l'un de ses personnages, un des méchants les plus intéressants créés pour la bande dessinée : Monsieur Choc. C'est en effet Rosy qui a inventé ce fascinant ennemi du célèbre duo Tif et Tondu. Portant smoking impeccable, la tête éternellement dissimulée par un heaume inquiétant, Choc est omniprésent dans les toutes premières aventures des deux aventuriers, et cette présence perdura, puisque d'autres scénaristes s'en empareront par la suite. A propos de monsieur Choc, Maurice Rosy déclarait : « Ma première idée fut de créer un malfrat qui ne serait jamais vu que de dos... Mais très vite cette conception montra ses limites. J'ai donc fouillé dans ma mémoire pour retrouver les lectures de mon enfance. Et le personnage de Fantômas s'est imposé à moi. Un malfaiteur en habit de soirée ! Les couvertures seules de ses romans étaient une invitation au rêve, ou plutôt au cauchemar et à l 'effroi ».
Nul doute que des générations de lecteurs ont à leur tour frissonné aux apparitions de Choc, que Will su si bien mettre en scène. L'intégrale de Tif et Tondu, dans ses tomes 1 (Le diabolique M. Choc), 3 (Signé M. Choc), 5 (Choc mène la danse) et 6 (Horizons lointains), reprend toutes les aventures signées par Maurice Rosy, dans des volumes aux dossiers de présentation bienvenus. On y retrouve ainsi la parole de Rosy lui-même (la citation précédente en est un exemple) et on se rend compte à quel point ce scénariste eut une importance capitale dans les débuts, puis dans l'ascension, d'une série qui allait devenir un classique de la BD franco-belge. Pour cela, et pour mille autre choses, car sa carrière d'auteur fut riche et diversifiée, il faut saluer la mémoire de Maurice Rosy, grand pourvoyeur d'imaginaire.

Dans leur communiqué pour annoncer la disparition de Rosy, les éditions Dupuis précisent :
« Pour les éditions Dupuis, Maurice Rosy réalisait depuis quelques temps son autobiographie en bandes dessinées. Prévue à l’occasion des 75 ans de ce journal qu’il a tant contribué à rendre mythique, elle était en cours d’achèvement. L’ouvrage sera publié en l’état au second semestre 2013 ».

Les intégrales Tif et Tondu
Scénario de Maurice Rosy et dessins de Will
1 -  Le diabolique M. Choc.
(Tif et Tondu contre la Main Blanche – Le Retour de Choc – Passez muscade)
3 - Signé M. Choc
(Plein gaz – La Villa du Long-cri – Choc au Louvre)
5 - Choc mène la danse
(Les Flèches de nulle part – La Poupée ridicule – Le Réveil de Toar – Le Grand combat)
6 - Horizons lointains
(La Matière vert – Tif rebondit – Le Fantôme du samouraï)

dimanche 24 février 2013

[Au palmarès] – Le Prix Polar'Encontre 2013 à « 20 ans ferme » (Futuropolis)

Le Prix Polar'Encontre, qui récompense la BD au festival polar de Bon Encontre (47) a été attribué la semaine dernière au dessinateur Nicoby pour son album « 20 ans ferme », paru en mars 2012 chez Futuropolis. Le scénario est signé Sylvain Ricard, d'après le témoignage d'un ancien détenu condamné à une longue peine.

En voici le résumé, présenté sur le site des éditions Futuro :

« 1985. Après avoir participé à un braquage, Milan est arrêté par la police. C'est le début d'une longue descente en enfer. Milan supporte mal la promiscuité de la prison, l'entassement, la sensation d'être moins bien traité qu'une bête qui va à l'abattoir. Il va donc régulièrement remettre en cause les pratiques souvent arbitraires en cours dans les prisons. Les révoltes et les bagarres le conduisent au quartier disciplinaire. Sa réputation de mauvais garçon grandit. Milan est constamment conduit d'une prison à l'autre, à son grand désespoir et celui de sa fiancée. Les moments d'accalmies, où Milan arrive à avoir des activités constructives en prison, sont systématiquement mis à mal par ses perpétuels déménagements. Condamné à 20 ans ferme, Milan trouvera cependant le moyen de calmer sa révolte et finira par être libéré pour bonne conduite quelques années avant la fin de sa peine. »

Le jury, pour la bande dessinée, était présidé par Jean-Christophe Chauzy, auteur de l'affiche de cette 8ème édition du salon. « Polar'Encontre », qui se déroule tous les ans peu de temps après Angoulême, est un festival qui mérite de retenir l'attention de tous les fans de polar en cases : c'est le seul en France à inviter autant d'auteurs de bandes dessinées que de romanciers...  Rendez-vous en 2014 pour la neuvième édition, et en attendant, attardez-vous sur ce « 20 ans ferme », un album coup de poing, sous-titré  : « Un récit pour témoigner de l'indignité d'un système ». Une pierre supplémentaire à l'édifice dans les débats récents sur la question des prisons en France.

Vous pouvez suivre le travail de Nicoby, Joub et Pépito sur leur blog commun : le blog de l'atelier.

20 ans ferme.  Un récit pour témoigner de l'indignité d'un système.
Texte de Sylvain Ricard et dessin de Nicoby
Futuropolis, 2012 – 104 pages – 17 €