Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
Trois index sont là pour vous aider à retrouver les BD chroniquées dans ce blog : par genres, thèmes et éditeurs.
Vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche interne à ce blog.
Bonne balade dans le noir !
Affichage des articles dont le libellé est Rio. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rio. Afficher tous les articles

vendredi 3 août 2012

[Chronique] – Lignes Noires (Polystyrène)

L'objet est superbement réussi, d'une grande élégance. Dès le premier contact, voici une bande dessinée qui intrigue, et attire immédiatement par sa forme : elle se déplie à la manière d'un tryptique, et une fois ouverte, on déroule ses pages du bas vers le haut, pour une histoire en trois temps. On a tout de suite envie de s'y plonger... et on n'est pas déçu du voyage !
Les trois parties - « La Fuite », « En avant » et « Des Hommes ordinaires » - forment un récit à l'intrigue simple : un homme, Marc, porteur d'une sacoche à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux, se retrouve coincé par une grève ferroviaire qui l'empêche de rejoindre Le Havre. Il appelle un ami, Antoine, pour qu'il l'héberge momentanément, mais il est évident que Marc n'a pas l'esprit tranquille et ne restera pas longtemps sur place. Ce qui est le cas, puisqu'un couple débarque très vite dans l'immeuble où il a trouvé refuge, provoquant une course-poursuite pleine de danger et à l'issue incertaine...
« La Fuite », c'est cette tranche de vie, du point de vue de Marc, « En avant », celle de ses poursuivants, et « Des hommes ordinaires », celle d'une autre personne... que je vous laisse découvrir pour ne pas casser le suspense qu'ont réussi à installer les auteurs, Adrien Thiot-Rader et Ludovic Rio. Car, au-delà de la réussite formelle, « Lignes Noires » tient en haleine de bout en bout et est mené à un rythme soutenu. Les personnages croisés ont par ailleurs le mérite d'évoluer dans une France d'aujourd'hui, dont, en quelques cases on perçoit la réalité : on croit d'autant plus à cette histoire, qui se lit comme une nouvelle de Marc Villard. Graphiquement splendide, avec un noir – blanc -gris tout en ombres et lumières, « Lignes Noires » a également pour lui son aspect oulipien – ou Oubapien dirait l'Association – et il est extrêmement tentant d'en faire une lecture simultanée, et horizontale, des trois épisodes. Et cela fonctionne pas mal du tout...
N'hésitez donc pas à vous procurer cet album, publié par une petite maison associative, les éditions Polystyrène, qui ont choisi de publier des livres « à manipuler ».

Lignes noires
Adrien Thiot-Rader et Ludovic Rio
Polystyrène, 2012 – 3 x 24 pages noir et blanc – 16 €

lundi 28 décembre 2009

Malone 1- Faux pas (2006)

Casterman est décidément un éditeur qui n’hésite pas à faire le lien entre littérature policière – ou noire – et bande dessinée. Après Manchette, Malet, Charyn, Véran, Daeninckx, Benacquista, Picouly, Jonquet, Pécherot, Villard, c’est autour de Michel Rio, peut-être moins connu que ses illustres confrères dans le monde du polar, de proposer un scénario, qui n’est ni plus ni moins que l’adaptation de ses propres romans, mettant en scène le commissaire Malone. Et c’est un jeune auteur italien, diplômé de l’académie Disney de Milan (!) qui se charge de la mise en images. Le résultat ? On enseigne pas que des mickeytteries à Milan : Rovero réussit dès les toutes premières pages à installer une atmosphère, et à (re) présenter le tueur au centre de cet album initial dans toutes ses qualités : froideur, discrétion, efficacité et intelligence. L’histoire ? Cet homme, qui doit exécuter un contrat pour le compte d’un ponte de la finance internationale, fait une surprenante proposition à sa victime au moment de passer à l’acte. Serait-ce le « Faux pas » du titre, tant la proposition paraît incongrue venant de la part d’un professionnel de sa trempe ? Il serait cruel d’en dire plus sur cet album un peu hors du commun, dans lequel, par exemple, le héros qui donne le titre à la série entre en scène trois pages avant la fin… Une arrivée tardive, mais qui pose immédiatement les jalons de la confrontation à venir dans le second tome, et qui promet d’être de haut niveau. A criminel jamais battu, flic qui sort des sentiers battus… Avec une autre vertu pour ce nouveau venu : celle qui pousse à aller voir du côté des romans parus au Seuil pour y (re) découvrir le commissaire Malone. Suite et fin de cette première aventure dans le second tome.

Malone 1 – Faux pas
Scénario Michel Rio et dessin Pierpaolo Rovero
Casterman, 2006. – Collection Ligne Rouge – 48 p. coul. – 9,80 €

[Chronique parue dans l'Ours Polar n°41, mars 2007]