Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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dimanche 6 novembre 2016

[Femme de caractère] - Maggy Garrisson : je ne voulais pas que ça finisse comme ça, de Trondheim et Oiry (Dupuis)

Nous avions laissé notre chère Maggy, trinquant à l'avenir avec son amoureux tout neuf, Alex, dans leur pub préféré de Londres. Tout ne s'annonçait-il pas pour le moins mal dans le meilleur des mondes pourris ? Comme le disait Alex, à 6 cases de la fin du tome 2 :" Sheena maîtrisée... Affaire résolue avec Wight qui te réengage... Amour parfait avec le plus beau mec de Londres...". De quoi envisager un futur potable pour Maggy, non ? Peut-être.... Sauf que les trois dernières cases de ce même tome s'achevaient avec Sheena, dans la rue, sous les fenêtres du pub. La femme-flic témoin - et victime - des agissements de la bande d'Alex en restera-t-elle là ? Il y a tout de même un beau paquet de fric à récupérer...
Et c'est un peu pour ça qu'Alex, en ouverture de ce troisième tome, rachète une arme, à l'origine inconnue, trouvée dans un container emporté aux enchères par un Ashley, un pote flic à lui. Maggy n'est pas vraiment heureuse de se retrouver avec ce flingue, qu'elle planque dans le bac à légume de son frigo, mais elle est plutôt contente d'avoir récupéré dans ce même container un album photo, qu'elle s'imagine rendre à ses propriétaires, car il est plein de souvenirs, peut-être important pour la famille.

Tout ce qui va se passer dans l'album final de ce premier cycle est posé là, dans cette scène introductive : une arme qui va avoir toute son importance, à la fois par son présent (va-t-elle servir ? Qui va s'en servir ? Contre qui ?) et par son passé (A qui appartenait-elle ? Pourquoi était-elle conservée dans ce container ?). Un album photo qui va conduire Maggy à jouer un peu plus les détectives, et à se rendre compte, avec nous, lecteurs, que finalement, elle aime ça et se débrouille pas si mal. Deux objets, qui permettent une double intrigue, pour une narration en parallèle, ou plutôt, qui permettent de mettre en scène la double vie de Maggy : celle, officielle, où elle travaille sur des enquêtes, que ce soit pour elle (l'album photo) ou pour Wight, son patron (et cette fois il s'agit de vol de dents en or après la crémation par une société de pompes funèbres) et l'autre , sa vie privée, faites de secrets et cachotteries, où elle est sur la corde raide, car ce fric qu'elle a récupéré continue à attirer du monde, et pas du plus recommandable.

Maggy dans les rues du Mans...
Alors, je ne vous dirai évidemment pas ici comment tout ça finira, mais ce qui est sûr, c'est que tout ce qui faisait l'intérêt et le plaisir de lecture des deux tomes précédents est à nouveau présent : des personnages principaux, Maggy en tête, très crédibles car on-ne-peut-plus humains, et aux caractères complexes, des scènes de la vie quotidienne hyper bien observées et senties, des dialogues percutants et souvent drôles, et des rebondissements ne tombant jamais comme des cheveux sur la soupe, ou ne faisant pas office d'échappatoire facile pour les auteurs, comme on peut le voir dans pas mal de polar. Car il ne faut pas oublier : Maggy Garrisson, c'est du polar ! Du polar d'un autre genre, mais du polar où le duo Trondheim - Oiry fait merveille. Lewis Trondheim avec tous les ingrédients déjà évoquées prouve qu'il est possible de construire une intrigue mêlant suspense et quotidien, et où les deux sont d'égal intérêt, et Stéphane Oiry, avec son dessin réaliste et franco-belge, son sens du cadrage (superbe scène avec Maggy et Sheena en voiture !), son souci constant du détail, donne corps et âme à cette série qu'on a pas envie de voir s'arrêter comme ça. C'est peut-être justement le sens caché du titre, tiens ? Cela tombe bien, car il y aura un quatrième "aventure" de Maggy. Même si pour l'instant Stéphane Oiry travaille sur un ambitieux projet, avec Arnaud Le Gouefflec : une bio romancée de Lino Ventura. Mais ça, c'est une autre histoire. En attendant, filez donc à Londres avec Maggy !


Maggy Garrisson 3 - Je ne voulais pas que ça finisse comme ça ****
Scénario Lewis Trondheim et dessin Stéphane Oiry
46 pages couleurs - Dupuis, 2016- 14,50 €

jeudi 25 août 2016

[Rencontre exclusive et inopinée] - Maggy Garrisson : "J'en connais qui feraient bien de se méfier..."


Ami-e-s du noir (et rouge), Bédépolar sort de sa torpeur estivale et revient avec scoop : une conversation avec Maggy Garrisson, la vraie, la seule, l'unique ! J'étais en effet en vadrouille à la capitale, lorsque, Canal Saint-Martin, j'aperçois une silhouette qui m'est familière. Damned ! Mais c'est Maggy ! N'écoutant que mon amour de l'information, je m'approche de celle que je tiens pour ma détective préférée et l'aborde sans plus de chichi. Je crains un peu le retour de bâton. Mais non... Enfin, pas tout de suite...

- Maggy Garrisson ? Mais que faites-vous ici ? Nous vous croyions à Londres...

- Ah, je vois qu'on ne peut pas faire deux pas incognito, même à Paris... Oui, c'est bien moi, mais ce que je fais ici, je ne suis pas sûr que cela vous regarde...

- Hum, je me disais tout de même, vos fans seraient ravis d'en savoir un peu plus sur vous, car à part ces aventures Londoniennes, on ne sait pas grand-chose de vous.

- Et alors ? Je ne vois pas trop en quoi ma vie peut intéresser mes fans. Et puis mes aventures Londoniennes ?  Mais de quoi parlez-vous ? Tout de même pas de ces odieux illustrés qui sont parus chez vous sans mon autorisation ? Deux livres totalement scandaleux ! Dire que j'ai été obligée d'acheter ces deux choses pour me rendre compte de l'étendue des dégâts. Je ne voulais positivement pas y croire !

- Ah bon, vous n'étiez pas au courant ? Mais, pourtant, ce sont deux albums absolument délicieux. Une autre manière de raconter le polar. Avec un peu d'humour, noir, je vous l'accorde...

- Ah, parce qu'un titre comme "Fais un sourire Maggy !", vous trouvez ça drôle vous ? Franchement, est-ce que j'ai une tête à faire peur ? Qui vous dit que je ne suis pas la première des drôlesses ? 

- Euh...

- Et quant au deuxième tome, alors là, c'est le ponpon ! "L'Homme qui est entré dans mon lit", mais je rêve !!! De quoi je me mêle ? On frôle le harcèlement, là ! Et puis, je mets qui je veux sous ma couette. Le type qui est soit-disant rentré dans mon lit, en plus, c'est pas tout à fait mon genre... Je suis plutôt beau gosse barbu à lunettes. 

- Hmm. Vous êtes au courant, qu'un troisième tome vient de sortir ? 
 
- Quoi ??? Mais c'est pas vrai ?

- Euh, si. D'ailleurs tenez, regardez, il a même été pré-publié dans le magazine Spirou (coup de bol, j'avais le numéro 4079 dans mon sac. Je ne me déplace jamais sans un Spirou). 
 
- Mais ... N'importe quoi !!! Moi, menacée par un flingue ??? Mais c'est le monde à l'envers ! J'en connais qui  feraient bien de se méfier, à force de me tourner en ridicule. (elle marque un temps d'arrêt et feuillette vite fait le numéro). Et puis c'est quoi cette histoire ? On se croirait dans Storage Wars... moi qui ne mets jamais les pieds dans la moindre brocante. Mais dites-moi : venez-donc jusqu'à chez moi, je vais vous montrer quelque chose...


 J'hésite un peu, mais finalement, je suis Maggy, qui, m'apprend-elle en chemin, a un petit pied-à-terre dans le coin, pas loin du canal. On y arrive vite et me voici assis dans son canapé, face à ses bouquins, une bière à la main. Maggy s'est absentée dans une pièce voisine et quand elle revient, elle a un flingue à la main... Elle sort le tome 1 de "ses" aventures et se laisse tomber dans son fauteuil.

- Bon. J'ai beau faire des efforts, c'est vraiment n'importe quoi ce truc. Et puis, franchement, elle me ressemble pas vraiment cette Maggy ! C'est pas à mon avantage, en plus... Je vais devoir sévir.

Elle pose l'album sur la table basse, me regarde fixement et, calmement, elle me demande :

- Dites-moi, jeune homme, vous m'avez l'air bien informé sur moi. Je suis sûr que vous connaissez les auteurs de ces histoires. Je vais aller leur rendre une petite visite.

- Ah, euh, c'est à dire, que, non, je ne les connais pas vraiment, enfin, je ne sais...

Elle me colle le canon dans la narine gauche.

- C'est à dire que je crois bien que le dessinateur, Stéphane Oiry, est en dédicace, ce samedi, au Mans. Je crois que je dois avoir une pub dans mon sac. Vous permettez ? Ah oui, c'est ça, la couv' de l'édition spéciale pour la librairie Bulle... Voyons, j'ai écrit au dos... 15h - 18h...

Maggy a un petit sourire en coin. 
 
- Merci. Je crois que je vais partir en week-end à la campagne. La porte, c'est par là...

Je suis parti sans demander mon reste, la honte au front, la moitié de ma Guinness bue, et le moral dans les chaussettes. 
 
Alors, cher-e-s ami-e-s de Maggy, si vous la voyez débouler, ce samedi 27 à la librairie Bulle, au Mans, essayer de la calmer un peu. Je l'ais sentie un peu énervée. Et si vous voyez Stéphane Oiry, et que les choses tournent mal, dites-lui bien de ma part : Je ne voulais pas que les choses finissent comme ça. 
 
Mais non. Cela ne peut pas se passer comme ça. 
Allez, demi-tour, je retourne voir Maggy. J'ai une bière à finir, non ? 
 


jeudi 22 octobre 2015

Trophées 813 : Le Trophée BD 2015 remis au Mans à Stéphane Oiry pour Maggy Garrisson

C'est chez Bulle, LA librairie BD du Mans, que j'ai eu l'honneur, la joie, l'avantage, et toutes ces sortes de choses, de remettre à Stéphane Oiry son Trophée 813 de la meilleure bande dessinée 2015, obtenu pour "Fais un sourire, Maggy", premier tome de la série MaggyGarrisson, scénarisée par Lewis Trondheim et publiée chez Dupuis.

Samuel Chauveau, maître des lieux, en partance pour Quai des Bulles, a pris le temps de nous recevoir, et même, de faire fabriquer, en deux coups de cuillère à tea-pot, un décor à la mesure de la série : merci Sam, c'est trop ! Si avec ça, Maggy ne dépasse pas le livreur de menhir et son pote dans les best-sellers de l'année c'est à n'y rien comprendre.
En tous cas, bravo encore au duo Trondheim-Oiry, pour cette excellente série, justement récompensée par les adhérents de l'association813. Le troisième tome est sur les rails : qu'ils portent Maggy Garrisson le plus loin possible !

Et merci à Acclo, photographe de choc !

jeudi 8 octobre 2015

[Cheers ! ] – Maggy Garrisson (Dupuis), Trophée 813 de la Bande Dessinée 2015


C'était dimanche dernier, à Villeneuve-lez-Avignon, sur le coup de midi trente, sous le soleil, sur la place de la mairie, sous les applaudissements, en plein dans la 11ème édition du Festival de Polar : l'association « 813 » des Amis des littératures policières a décerné ses Trophées. Et pour la meilleure bande dessinée de l'année, les adhérent-e-s ont choisi Stéphane Oiry et Lewis Trondheim pour "Fais un sourire Maggy" , premier tome des aventures d'une nouvelle détective, Maggy Garrisson. 

Le deuxième tome est déjà sorti et je vous avais déjà dit tout le bien que je pensais de cette femme de choc (tenez : c'est par ici). Une récompense méritée qui me réjouit fort, tout comme elle les créateurs de Maggy, qui ont envoyé un petit mot à l'occasion :

Stéphane Oiry : "Je suis très heureux que vous ayez été sensibles aux charmes discrets de Maggy. C'est la première fois qu'un de mes livres est ainsi distingué. C'est  d'autant plus agréable que ce compliment est décerné par des amateurs de polar - le polar ayant toujours été mon genre de prédilection. Je le reçois donc comme un encouragement et une confirmation à persévérer dans cette veine. Merci ! "

Lewis Trondheim : "Ça me fait très plaisir de recevoir ce prix, surtout venant d’un festival de polar, et donc attribué par des spécialistes du genre. En créant ce personnage, je me disais qu’il devait y avoir encore une place pour une enquêtrice anglaise au milieu de toutes celles déjà existantes. Heureusement qu’Agatha Christie n’utilisait pas de gros mots pour ses personnages sinon, on aurait dû faire un western ou un péplum… Un grand merci à vous. "

Messieurs, je n'ai que trois mots à ajouter : "A la vôtre !"



Et si vous aimez le polar, un petit tour sur le blog de 813, et vous découvrirez les lauréats des trois autres catégories : Roman francophone, roman étranger et Prix Maurice Renault.

mardi 21 avril 2015

[Détective privée newschool] - Maggy Garrisson, de Trondheim et Oiry (Dupuis)

    Alors, voici : Maggy Garrisson vit à Londres et vient tout juste de décrocher un poste de secrétaire auprès de Stephen Wright, Private investigator. 
 Détective privé, quoi. Elle se rend à ce nouveau job, moyennement convaincue d'être la bonne personne à la bonne place. Mais les temps sont durs et quand on a pas bossé depuis près de deux ans, on fait quelques efforts pour ne pas passer dans la catégorie des oubliés définitifs, et on met de côté ses rancoeurs contre la société. On essaye. Et on fait un sourire.
Mais voilà : le sourire se fige quand l'employeur est découvert par la nouvelle secrétaire, affalé sur son bureau, la tête sur le clavier de son ordi. Mort ? Non... Juste un lendemain de cuite difficile. Et au réveil, le patron est clair : "Y'a rien à faire pour l'instant et j'ai pas les moyens de vous payer à glandouiller sur internet avec mon ordinateur". Fais un sourire, Maggy...
Rien à faire, mais en deux temps trois mouvements Maggy résoud une première affaire, celle de la disparition de Rodrigo, le canari de la voisine, bouffé par le chat du troisième. Et le temps de la résoudre, Stephen Wright est tabassé chez lui et emmené à l'hôpital. Et là, une affaire d'un genre plus périlleux attend Maggy Garrisson, qui,  au bout de quelques rencontres plus ou moins louches, plus ou moins réconfortantes, va se retrouver, à la fin du tome 1, avec un semblant de petit ami et 30 000 livres à partager avec lui.

Et dans le tome 2, toutes les questions restées en suspens vont être réglées ou presque. Avec une autre enquête pour Maggy et Stephen Wright, autour d'un frère et d'une soeur s'accusant mutuellement du vol des bijoux de leur défunte mère. La nouvelle vie de Maggy va-t-elle lui permettre de retrouver le sourire, pour de vrai ?
                                               ***
Dans la famille enquêteurs, je voudrais la fille : "Vilaine, fauchée et détective privée". Voilà sur quelles bases Lewis Trondheim et Stéphane Oiry ont lancé leur anti-héroïne, Magy Garrisson, qui se pose ici en digne héritière de A.Y. Jalisco, "Pauvre, laide, et détective privée", dans la série "Chicanos" de Trillo et Risso.

En inventant un personnage de ce calibre, le duo va à contre-courant de tous les archétypes du genre. Voici une enquêtrice qui fume, boit, jure, n'a pas franchement la ligne, et semble faire la gueule en permanence. On est loin des filles canons qui mettent le mystère KO entre deux déshabillages et trois coups de lattes en talons aiguilles. Déjà, rien que ça, cela fait énormément de bien au lecteur, et à la lectrice, qui commençaient à se demander, si cela existait encore, du polar de la vraie vie. Bon, d'accord, vous allez me dire, oui, mais le privé fauché, voilà bien un autre cliché du genre.
Et c'est là que Trondheim et Oiry sont encore plus forts : pour donner de l'épaisseur à ce personnage archétypal, et ne pas en rester à la simple esquisse, ils distillent des scènes du quotidien d'une Maggy sans un rond, tout au long de leur intrigue. Exemple, cette scène dans une supérette où Maggy voit un encore plus pauvre qu'elle voler des biscuits... bas de gamme, ce qui lui inspire la pensée suivante :  "Tant qu'à se faire gauler, autant plus cher et plus qualitatif. Aucune ambition... Même dans la loose"... Une réflexion qui rappelle celle de Michel Blanc dans Marche à l'ombre et son "Piquer des trucs chers, c'est du vol".
Voilà pour l'atmosphère générale de ces deux enquêtes : un quotidien réaliste, crédible, où une jeune femme presque transparente physiquement - au premier abord, du moins - s'échine à résoudre une enquête qui va l'entraîner sur des pentes de plus en plus glissantes. Et tout cela  dans un Londres plus vrai que nature, même si Stéphane Oiry explique  que toute la ville est reconstruite et qu'un promeneur Londonien ne retrouverait pas les lieux tels qu'ils les a dessinés (Cf interview dans Spirou 4009).

"L'homme qui est entré dans mon lit" reprend là où le tome 1 s'était arrêté; et tourne à la fois autour de l'homme en question, Alex Barry ( tiens, serait-ce un hommage à Alan Ford ? Ou plutôt à John Barry ?) et d'une autre enquête où Maggy va retrouver son ex-patron, Stephen Wright. Oui, parce qu'évidemment elle s'est faite virée de son nouveau job avant le mot "fin" du tome 1
Et ce deuxième tome est lui aussi un vrai bonheur. Cela tient à la précision du scénario de Trondheim, à son sens du dialogue et à ses fameuses répliques qui tuent, et bien sûr au travail de Stéphane Oiry. Déjà, ce dernier utilise la technique dite "du gaufrier", pour sa mise en page, et franchement, c'est la meilleure pour éviter de tomber dans le spectaculaire et de faire glisser le récit noir au thriller démonstratif sans y prendre garde. Les auteurs expliquent d'ailleurs très bien ce choix : "... le gaufrier résout résout plein de problème de lisibilité et permet de densifier le récit" (Oiry) et "Une page en gaufrier permet de rester concentré sur ce qui se passe et au dessinateur d'éviter à chercher l'esbrouffe graphique" (Trondheim) (tous les deux dans Spirou n°4009)
Ensuite, son Londres - même réinventé - est réellement formidable : les pubs, on a vraiment envie de s'y arrêter pour aller partager une pinte avec ces clients, qui,  loin de jouer le rôles des figurants habituels,  sont bien des personnes authentiques, même si on ne les croise que quelques cases.
C'est cela en fait, la grande force de Maggy Garrison : on commence à lire, et on est tout de suite fasciné par la personnalité de la jeune femme, et on devient carrément accroc à son petit monde, on s'attache à elle et ses galères, on croise les doigts pour elle, on se dit, "non, elle ne va tout de même pas faire ça"... Et toutes sortes de choses du même acabit.
 Maggy Garrisson, c'est exactement comme ces séries TV polar dont on ne peut décrocher. Et c'est bon.

Maggy Garrisson*****
Scénario Lewis Trondheim et dessin Stéphane Oiry  - 46 pages couleurs
1 - Fais un sourire, Maggy - Dupuis, 2014
2 - L'Homme qui est entré dans mon lit - Dupuis, 2015