Chroniques et infos sur la bande dessinée noire et policière par Fred PRILLEUX
Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs. Trois index sont là pour vous aider à retrouver les BD chroniquées dans ce blog : par genres, thèmes et éditeurs. Vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche interne à ce blog. Bonne balade dans le noir !
Direction
la Chine rurale et rude dans Les Âmes noires d’Aurélien
Ducoudray et Fred Druart. On y suit Yuan à bord de son
camion, en route, au départ de l’album, pour un des mines de
charbon à ciel ou vert plus ou moins légales du pays. Un voyage
vital et qui durera quatre jours, un peu plus que d’habitude, car
Yuan compte bien ramener plus d’argent cette fois à la maison, où
la vie est plus que précaire, grâce à un chargement qu’il compte
négocier à bon prix. Il connaît son affaire, il la sait
dangereuse, et qu’il faut graisser la patte de policiers, et
négocier à chaque étape du périple. Mais il ne se méfie pas
assez de ceux en qui il met un minimum de confiance et il va vite en
payer le prix fort… On reconnaît bien dans ce scénario la patte
« sociale » et quasi-documentaire de Ducoudray, qui
depuis longtemps propos d’éclairer les dérives de nos sociétés,
et dresse des portraits d’hommes et femmes broyés par leur
quotidien et faisant de leur mieux pour échapper à des destins
qu’on pressent tragiques. Il nous fait découvrir ici la terrible
réalité des mines clandestines de charbon chinoises, au travers une
fiction au suspense bien présent. Le dessin, tout en grandes cases,
très organiques quant la nature est mise en images, et aux
personnages très expressifs, de Fred Druart fait de cet album, en
lice pour le Fauve Polar SNCF 2025, une grande réussite.
ALERTE
INFO POLAR : Les deux
auteurs seront à l’espace STUDIO SNCFsamedi 1er
février de 10h à 11h, où j’aurai le plaisir de les recevoir en
compagnie de Kao, animatrice du Studio pendant ce FIBD 2025
Les
âmes noires ****
Scénario
Aurélien Ducoudray et dessin Fred Druart
Dupuis
– 128 p. couleurs – Sortie le 29 mars 2024 – 21,95 €
Ou
encore : la nonne trafiquante, le flic retraité et l’agent
d’assurance viré. Un tiercé gagnant sous un label, Grand Angle,
qui a fêté ses 20 cette année et dont les pages noires du
catalogue sont de plus en plus fournies. En piste pour la revue
express !
Arrivée
en tête – ou la première dans l’ordre chronologique – Soeur
Holly et ses amies du couvent Saint-Patrick, Massachusetts, qui dans
l’Elixir de Dieu, se livrent à des activités que la morale
de l’époque réprouve, et que le Très-Haut n’accepte qu’avec
une certaine réticence. Suppose-t-on. Car en effet, le vin de messe
étant autorisé pour une communion optimum avec le Corps du Christ,
y aurait-il un inconvénient majeur à l’améliorer un peu en
distillant soit-même un alcool maison du meilleur goût ? Bon,
nous sommes en pleine Prohibition, alors les risques sont tout de
même un peu là… Mais c’est la seule solution pour les
religieuses de sauver leur couvent, étranglé par la Western Union,
menacé par les bootleggers locaux, sans oublier que le KKK est en
grande forme dans la région…
Le
scénario deGihefest particulièrement réussi et
jubilatoire. Comme il le dit lui-même ; « il y a un
chouia de Sister Act, même si j’ai voulu m’en écarter,
difficile de ne pas y penser. Et certainement une dose de Breaking
Bad ». Certainement pour le côté débutantes dans le métier
des bonnes sœurs. Pour le reste, les ingrédients sont savamment
distillés, et les personnages vraiment bien campés.Christelle
Galland, la dessinatrice, a su donner corps et esprits à toutes
ces âmes en peine, et il y a un petit côté féministes déterminées
qui se dégage de la Congrégation tout à fait jubilatoire :
ces dames ne sont-elles pas en train de damer le pion aux mâles
locaux ? Les scènes d’action – excellentes – montrent en
tous cas qu’il faudra compter sur elles pour défendre leur dû.
Second tome du diptyque à paraître certainement en début d’année
2024. Allumons un cierge pour qu’il arrive vite !
Ce
qui arrive vite, et d’un coup, c’est la cascade de tuiles sur la
tête de Jonathan Lassiter, en ce mois de septembre 1966, dans la
riante cité de Keanway, Nebraska. Ce jeune homme agent dans une
compagnie d’assurance touche en effet le gros lot dans la même
journée : il se fait licencier, sa petite amie lui annonce
qu’elle le quitte et il se fait délester son portefeuille, ce dont
il se rend compte au moment de payer le double whisky qu’il vient
de s’enfiler pour oublier cette journée poisseuse. Mais dans son
malheur, il a une sorte d’ange gardien : un étrange
quinquagénaire, élégant, raffiné, le sourire narquois et le bon
mot aux lèvres. Edward semble se prendre de sympathie pour le désolé
et désolant Jonathan, et commence par lui payer sa consommation.
Avant de lui proposer de devenir son chauffeur le temps de cette
soirée, où Edward semble fêter un anniversaire, mais lequel ?
Jonathan n’hésite pas longtemps à suivre ce dandy providentiel,
sans se douter que cela va l’entraîner bien plus loin que la nuit,
dans une sarabande d’événements qui vont le dépasser un peu,
beaucoup… Et cela va durer 13 heures et 17 minutes…
L’oeuvre
d’Eric Stalner est dense, riche et passionnante, et fait
souvent des haltes du côté du polar (j’ai un faible pour la Liste
66, parue chez Dargaud de 2006 à 2010) et ce one-shot qu’il situe
à nouveau aux Etats-Unis en est un de la meilleure facture. Son duo
de personnages Edward-Jonathan est assez fascinant, et on se demande
jusqu’au bout de quoi va accepter d’aller Jonathan, pris dans un
engrenage assez infernal, où il va faire plus d’une rencontre qui
vont l’amener à autant de choix, de réactions, de décisions. Car
c’est toute la subtilité de son mentor d’un soir : Lassiter
a souvent le choix, histoire de rappeler que la vie n’est pas
destinée à être subie à chaque instant. Restera-t-il le Jonathan
un peu apeuré de la couverture (très réussie elle aussi) ?
Réponse dans cet album noctambule et crépusculaire, tout en nuances
de gris teinté de rouge vif. Celui du sang qui ne fait qu’un tour
dans les veines, ou qui coule quand c’est trop tard… Excellent
récit à l’ambiance noire, 13h17 dans la vie de Jonathan
Lassiter vient rappeler au cas où on l’aurait oublié tout le
savoir-faire d’Eric Stalner dans le genre.
Tenez, une petite vidéo sympa à l'occasion justement des 20 ans de Grand Angle :
Aurélien
Ducoudray fait lui aussi partie des scénaristes qu’on ne présente
plus et à la biblio polar assez importante et le plus souvent
originale (Mort aux vaches et La Faute aux chinois,
avec Ravard,Bekameavec Pourquié… et aussi la reprise
modernisée et avortée de Bob Morane avec Brunschwig et
Armand…) et c’est cette fois avec Damien Geffroy qu’il met en
scène un policier forcément particulier : L’inspecteur
Balto. Particulier car tout
simplement à la retraite, mais toujours au boulot bénévolement…
Alors évidemment, comme il n’a plus vingt ans, son affaire en
cours se fait plus dans la douceur et la discrétion que dans le
déluge de feu et de plomb. Cela vient directement de l’envie de
Ducoudray de « dialogues plus que d’action et de répliques
« à la Audiard »
dans un monde passé
devenu désuet qui ne se reconnaît plus aujourd’hui, un monde avec
des vieux quoi ! »
Alors évidemment, quand Balto se charge de retrouver une disparue
qui officie secrètement comme cam-girl, cela fait un peu choc des
mondes et des époques. Et c’est bien là l’intérêt principal
de cette histoire (un one-shot), de voir évoluer ce flic à
l’ancienne dans une société dont les codes lui échappent peu ou
prou, mais qui a encore des réflexes et des méthodes à l’ancienne
qui peuvent parfois se révéler efficaces. Et puis il y a tout ce
passé qui pèse sur Balto, en lien direct avec sa femme, dont on va
découvrir petit à petit la place dans sa vie de flic et d’amoureux.
Les aller-retours présents-passés fonctionnent très bien et Damien
Geffroya su parfaitement
mettre en scène cette partie du scénario, tout comme le reste, où
son style est tout à fait adapté aux états d’âmes du vieux flic
solitaire, et aux personnages imaginés par son scénariste. Mention
spéciale à Brenda, passagère et effcace garde du corps de Balto.
Encore un truc qu’il n’aurait pas vu de son temps, tiens !
Espérons le retrouver pour une autre enquête, comme
le laisse présager la dernière case de cet album…
L’Elixir
de Dieu Tome 1 ****
Scénario
Gihef, dessins et couleurs Christelle Galland
Grand
Angle – 64 pages couleur – 16,90 € - Sortie le 1er
Février 2023
13h17
dans la vie de Jonathan Lassiter ****
Scénario
et dessin Eric Stalner
Grand
Angle – 104 pages couleur – 19,90 € - Sortie le 31 mai 2023
Inspecteur
Balto ***
Scénario
Aurélien Ducoudray, dessins Damien Geffroy et couleurs Mathilde
D’Alençon
Grand
Angle – 64 pages couleur – 16,90 € - Sortie le 28 juin
2023
Un
quatuor de braqueurs vient de réussir son coup : un beau magot
prélevé sans heurts à l'agence BK, de Clermont l'Abbaye. Mais pas
question de claquer tout le fric sans précaution. Non : rien ne vaut
une bonne mise au vert, à la campagne, donc, histoire de se faire
oublier un peu de la flicaille et d'attendre tranquillement que les
choses se tassent. C'est en tous cas l'avis - et les ordres - du chef
de la bande, Ferrand. C'est le cerveau du casse, et il est de
tendance un peu anar. Ses trois acolytes sont eux aussi un peu typés
: José, est le compagnon de route, et de plumard, du chef. Un
Espagnol aux allures de vieux beau. Romuald, alias Romu, est le
préposé aux biceps. C'est l'armoire à glace du groupe, mais sans
la glace, car le garçon a tendance à oublier de réfléchir. Quant
à l'élément féminin du gang, c'est Cassidy, grande gueule et
délurée, qui n'hésite pas à jouer de la langue, ou autres
attributs qui font tourner certaines têtes, quand les situations
deviennent délicates...
Tout
ce petit monde se replie donc dans la ferme d'un oncle de Ferrand, et
de son fils, le cousin Jacky, et espère qu'un mois suffira à faire
tomber le braquage dans l'oubli. Mais nous sommes en 1996, et se
planquer dans une ferme en plein crise de la vache folle, c'était
peut-être pas la meilleure des idées...
Ah,
voici un album des plus roboratifs ! Déjà associés sur l'excellent
"La Faute aux Chinois", où ils donnaient leur vision,
teintée d'humour noir, du capitalisme mondialisé, François Ravardet Aurélien Ducoudraynous amènent cette fois sur un terrain plus
rural, mais non moins drôle, avec cet album digne des meilleurs
polars français des seventies... Ce qui frappe très vite, ce sont
ces dialogues gouailleurs et percutants, réussis de bout en bout, et
qui constituent un véritable hommage à Audiard. Cela donne des
répliques du genre :
"
Va lui dire de se couvrir les curiosités, je vais nous chercher du
propane...
-
Tu parles de curiosités !"
Ou
plus loin
"
Purée, quatre mots de vocabulaire en français et déjà l'art de
poser les questions embarrassantes..."
On
croise une foule de personnages légèrement abrutis tout au long des
pages, de l'oncle taiseux et du cousin sanguin, à une filière de
Roumaines à marier, en passant - évidemment - par des gendarmes
gentils mais un peu concons... Tout ce monde tourne autour du
quatuor, qui lui non plus ne brille pas toujours par sa sagacité, et
on tourne les pages en se demandant avec délectation comment tout
cela va finir. Côté dessin, c'est également un plaisir de
retrouver le trait de François Ravard, qui est tout aussi à l'aise
dans ce registre, plutôt léger, que dans son travail, plus sombre,
sur "Les mystères de la Cinquième République". Il y a
parfois des airs de faux-frères entre Ferrand, et Paul Verne, le
commissaire de sa série chez Glénat. Bon, Ferrand est tout de même
plus un cousin de Lino Ventura... y compris dans le caractère.
Vous
l'aurez compris : voici un polar qui sort des sentiers battus,
intelligent, bien construit, où l'humour règne avec une légèreté
inversement proportionnelle au poids d'Attila, le taureau de
compétition omniprésent dans " Mort aux vaches ". Donc
pas d'hésitation : foncez à la campagne !
Mort
aux vaches ****
Scénario
Aurélien Ducoudray et
dessin François
Ravard
Bon, j'aurais dû en
parler plus tôt, mais sachez qu'après son désormais renommé prix
récompensant un roman élu par les lecteurs-voyageurs, la SNCF
s'attaque au neuvième art et pour la première fois va décerner un
prix pour une bande dessinée polar. Et pour cette première,
l'heureux élu figurera parmi les cinq albums suivants :
Et pour le prix 2013, ce
sont les lecteurs-voyageurs de la France entière qui pourront
choisir leur album préféré... Suivez Bédépolar pour être dans
le bon wagon et connaître la première sélection dès sa sortie !
En attendant, n'hésitez
pas à lire ces 5 albums, si vous ne l'avez déjà fait, ils sortent
tous de l'ordinaire, chacun à leur façon. J'ai déjà chroniqué 4
de ces 5 titres, je vais me refaire un Aller-Retour avec Bézian pour
vous en parler avant le 29...
Le catalogue Futuropolis s'enrichit petit à petit de véritables perles du noir. Retour sur deux - excellents ! - albums, parus à quelques mois d'intervalle.
Louis est un employé discret dans une usine d'abattage de volaille. Jamais un mot plus haut que l'autre. Pourtant, quand deux de ses collègues de la chaine s'en prennent un peu grassement à la chétive Suzanne, secrétaire qui a eu la mauvaise idée de descendre dans l'antre des découpeurs de cous de poulets, le sang de Louis ne fait qu'un tour et le voilà à défendre la jeune femme. Une robe achetée plus tard, suivie de plusieurs autres, et le voici bientôt à l'église, où avec Suzanne, ce sera désormais pour la vie. Avec Suzanne, mais aussi avec son encombrant frère Jean-Claude, cent cinquante kilos, à l'humour aussi léger que l'embonpoint. Et à l'emprise totale sur sa soeur. Bientôt, l'omniprésent beauf va trouver que Suzanne ne mène pas une vie à sa mesure, et il va se charger de faire grimper les échelons de la société à Louis, en l'entraînant sur une pente glissante : Louis devient un véritable liquidateur, marionnette au service de Suzanne et Jean-Claude...
Aborder la lutte des classes, les délocalisations, les grippes aviaires et porcines, l'anorexie, les relations frère-soeur, et j'en oublie certainement, on ne peut dire que « La faute aux Chinois » manque d'ambition ! Et ça marche... Car derrière tous ces sujets rencontrés au fil des pages, il y a la vie peu envieuse de Louis Meunier, qu'Aurélien Ducoudray et François Ravard narrent dans ses détails du quotidien, avec une grande humanité, mais aussi un certain humour noir quand il s'agit de décrire les activités peu orthodoxes de leur « héros ». En fait, cet album réussit le tour de force d'exposer les ravages du capitalisme le plus sauvage, celui qui oppresse les travailleurs du monde entier, en empruntant les chemins d'une histoire qui semble délirante. Et pourtant... qui sait jusqu'où les hommes et les femmes seront poussés pour trouver un boulot, le garder et s'en sortir mieux qu'en vivotant ? On pense parfois au roman de Westlake « Le Contrat » où à celui de Jason Starr « Simple comme un coup de fil », en lisant cette « Faute aux chinois », surtout quand le beau frère (quel personnage !) fait place net pour l'ascension de sa soeur... Mais c'est tout de même la figure de Louis, homme honnête mais parfois dépassé par les événements, et fou d'amour pour sa fille malade, qui reste en mémoire une fois la dernière page tournée. Comme une figure de la résistance, un peu monstrueuse, mais terriblement contemporaine...
La Faute aux Chinois
Scénario Aurélien Ducoudray et dessin François Ravard
Futuropolis, 2011. – 152 pages couleur - 21 €
Un second album paru en début d'année chez Futuropolis mérite tout autant votre attention : c'est celui signé Thierry Murat, adaptation du roman « pour la jeunesse » d'Anne-Laure Bondoux, Les Larmes de l'assassin. L'histoire est celle du jeune Paolo, qui vit avec ses parents dans le dénuement et l'isolement les plus extrêmes, dans des contrées arides, en Patagonie. Un homme traqué arrive, un truand, qui n'hésite pas à liquider les adultes pour s'installer dans leur misérable ferme, où il espère que la police ne le retrouvera pas. Il a épargné l'enfant, et une étonnante relation naît entre Paolo et l'assassin de ses parents. Le roman était splendide – il a été primé une vingtaine de fois – la bande dessinée l'est tout autant. Thierry Murat a su trouver les images les plus fortes et les plus justes pour traduire visuellement l'interaction paysage / émotions des hommes omniprésente dans le récit initial de la romancière. Ses planches sont composées dans leur majorité de deux ou trois grandes cases, elles-mêmes aux arrières-plans le plus souvent vierges de tout décors : un choix qui fait des personnages, tantôt silhouettés, tantôt campés en plans rapprochés où les visages sont des plus expressifs, le principal vecteur des émotions. Le texte sait se faire discret tout au long des pages, au point que la traditionnelle bulle disparaît, et ne subsiste qu'un simple trait pour relier les mots à ceux qui les prononcent... Au final, c'est un véritable récit illustré qui est donné à lire, une bande dessinée bien évidemment, mais qui sort graphiquement des sentiers battus, et nous emmène vers un ailleurs complètement fascinant. Les adaptations ne sont à mon sens vraiment réussies que lorsqu'elles sont avant tout elles-mêmes des oeuvres autonomes, mais qu'elles conservent l'essence, l'esprit, de leur matrice textuelle. Ces Larmes de l'assassin version Murat, entrent dans cette catégorie, et par la grande porte.
Les Larmes de l'assassin
Scénario et dessin Thierry Murat,
d'après le roman d'Anne-Laure Bondoux.
Futuropolis, 2011 – 128 pages couleurs – 18 €