Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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Bonne balade dans le noir !
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mardi 31 juillet 2018

[Tranches de futur ] - Le dernier Atlas, par Vehlmann, De Bonneval, Tanquerelle et Blanchard (Dupuis)

        
Des oiseaux qui se regroupent par milliers pour se laisser mourir dans un parc algérien, des petites frappes qui rackettent des bars où ils ont laissés de faux jeux d’arcades se transformant en vrais machines à sous, un caïd de retour au pays qui échappe de peu à la police, des insectes aux étranges mutations dues à la radio-activité : le futur imaginé par les auteurs du « Dernier Atlas » fait flipper.
D’autant qu’on ne sait rien encore de ce robot géant et menaçant qui ouvre les deux premiers épisodes de cette nouvelle série co-scénarisée par Vehlmann et de Bonneval, dessinée par Tanquerelle, avec un design de Blanchard... et qui s’annonce palpitante.

 

Pré-publiée sous forme de fascicules de 28 pages en noir et blanc, les deux premiers épisodes sont peut-être encore disponibles chez votre libraire BD préféré : foncez-y ! Le troisième sortira le 20 août, et il vous sera offert, comme les deux premiers.

  Et pour recevoir les 10 chapitres, il suffit de vous inscrire ici : ledernieratlas.com. Mais ne traînez pas en route : seuls les 1000 premiers inscrits pourront découvrir la suite de cette série, qui sortira ensuite dans une version album, en couleurs, en mars 2019.


vendredi 4 mai 2012

Le Prix SNCF du Polar catégorie BD est sur les rails... Arrivée le 29 mai


Bon, j'aurais dû en parler plus tôt, mais sachez qu'après son désormais renommé prix récompensant un roman élu par les lecteurs-voyageurs, la SNCF s'attaque au neuvième art et pour la première fois va décerner un prix pour une bande dessinée polar. Et pour cette première, l'heureux élu figurera parmi les cinq albums suivants :

Aller-retour, de Bézian (Delcourt)
Les Faux visages, de David B. et Tanquerelle (Futuropolis)
La Faute aux Chinois, de Ducoudray et Ravard (Futuropolis)
Grandville mon amour, de Talbot (Milady graphics)
L'Organisation, de Cooke d'après Stark (Dargaud)

Une sélection du meilleur goût, mais je n'ai pas de mérite à la vanter puisque je fais partie du jury d'expert qui l'a constituée, aux côtés de Pénélope Bagieu ( dessinatrice à la vie tout à fait fascinante), Laurence Le Saux (Télérama et BoDoï), Eric Libiot (L'Express), et Christian Marmonnier (journaliste spécialisé dans la bande dessinée, auteur notamment du colossal "Métal Hurlant, la machine à rêver" avec Gilles Poussin).
Pour cette première, les lecteurs ont pu lire et voter à la Gare de l'Est, du 23 au 27 avril, (ici, un petit reportage sur l'ambiance sur place pendantcette semaine) et le verdict sera rendu public lors de la cérémonie de remise officielle des prix SNCF du polar le mardi 29 mai.

Et pour le prix 2013, ce sont les lecteurs-voyageurs de la France entière qui pourront choisir leur album préféré... Suivez Bédépolar pour être dans le bon wagon et connaître la première sélection dès sa sortie !

En attendant, n'hésitez pas à lire ces 5 albums, si vous ne l'avez déjà fait, ils sortent tous de l'ordinaire, chacun à leur façon. J'ai déjà chroniqué 4 de ces 5 titres, je vais me refaire un Aller-Retour avec Bézian pour vous en parler avant le 29...

vendredi 17 février 2012

[Chronique] - Les Faux visages ou le retour des Postiches...

Une fois n'est pas coutume, arrêtons nous-un instant sur la couverture, presque en forme de « Une » journalistique, de ce nouvel album. Rarement couverture n'aura été aussi explicite : en deux parties avec, au dessus du titre, 8 visages d'hommes, fermés, pour ne pas dire durs, et au dessous du titre, une scène de rue, prise sur le vif, une fuite juste après un braquage, un instantané dans une journée pas ordinaire.
Tout de suite, on est fixé, mais pour mieux éclairer le chaland, un sous-titre vient préciser : « Une vie imaginaire du Gang des Postiches ».
Pourquoi imaginaire, me direz-vous ? Parce que, si David B. s'inspire de ce vrai gang, qui a braqué 27 banques entre 1981 et 1986, il en a changé tous les noms des personnages pour raconter leur histoire. Il n'empêche que son récit s'appuie bien sur l'incroyable feuilleton qu'a été la vie de cette bande un peu hors du commun, parce qu'éloignée des milieux mafieux ou de ceux du grand banditisme.
David B. retrace cette saga en 9 chapitres, de 1975 à 2004, d'un premier casse, où la bande n'existe pas encore, jusqu' à l'arrestation de son dernier membre.
On suit donc la préparation des casses, leur éxécution, et, bien entendu, les déboires de la police, qui peinera longtemps à mettre fin aux actions du gang des Postiches, dont la méthode est si bien rôdée qu'elle marche à tous les coups, parce qu'elle empêche toute identification des braqueurs. Une méthode simple, qui consistait à entrer dans les banques, affublés de perruques, fausses barbes et moustaches, se mêler aux clients, et attendre le moment propice pour les prendre en otage. Une partie du gang surveillait alors les otages, pendant que l'autre vidait les coffres.
Evidemment, l'obstination d'un flic finira par avoir raison d'eux et tout se terminera par une fusillade à la sortie d'un Crédit Lyonnais, et ce sera le début de la fin.

Cet album, par sa portée documentaire, se détache de la production habituelle. En grand partie aussi parce que Tanquerelle (excellent dessinateur dont le blog est ici), a réussi à restituer l'époque de l'action, fin du giscardisme-début des eighties, et surtout à faire passer le côté humain de cette bande, qui au fil de ses coups, avait entraîné une certaine sympathie de la part du public et de la presse. Et on ressent presque une indulgence pour les auteurs de ces crimes qui semblaient ne pas en être vraiment...Peut-être en 2012, finalement, est-il agréable de lire une histoire où les banques sont les victimes principales ? Pour les couleurs, Tanquerelle a opté pour une bichromie noir et gris/bleu, qui donne un côté « vintage » du meilleur goût. Et les trognes de ses personnages sont remarquables d'expression... avec ou sans postiche. Au passage, on se plaît à croiser le commissaire Broussard, autre grande figure de l'époque, qui fulmine devant l'échec de ses troupes, ridiculisées par le gang. Broussard n'est pas nommé, là non plus, mais on le reconnaît sans peine.Cette première biographie romancée, alerte et fluide, renouvelle un genre le plus souvent réservé aux grandes figures de l'Histoire. Et souvent d'un ennui sans fond. Ici, on tourne les pages avec envie, on attend maintenant avec curiosité les prochains volumes, puisque « Les faux visages » inaugurent une série mise en route par David B. sur le grand banditisme.

Les faux visages, une vie imaginaire du Gang des Postiches
Scénario de David B. et dessin d'Hervé Tanquerelle.
Futuropolis, 2012 – 152 pages en bichromie - (21 €)