Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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Bonne balade dans le noir !
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lundi 15 mai 2017

[Festival] – Le Prix Mor Vran du Goéland Masqué à Watertown, de Jean-Claude Götting (Casterman)


Le jury du Prix Mor Vran a désigné sous la double présidence de François Bourgeon et d’Alain Goutal le successeur à Lax, lauréat du prix l'an passé pour "Un certain Cervantès".

Il s'agit cette année de Jean-Claude Götting pour "Watertown", un album à l'atmosphère étrange, au personnage principal étonnant, et à la chute finale vraiment surprenante... 

Un prix on ne peut plus mérité pour cette bande dessinée, encore en lice pour le Prix SNCF du Polar 2017.

Jean-Claude Götting ne pourra hélas pas être présent au festival du Goéland Masqué à Penmac'h (29), mais d'autres auteurs de BD seront là : Antonio Altarriba (Denoël Graphic, scénariste de L'Art de voler, entre autres...), Alain Goutal, Julien Lamanda (Sixto), Jaime Martin (Dupuis), Paco Roca (Delcrout), Laëtitia Rouxel (Locus Solus).

J'aurai le plaisir d'accompagner Roger Hélias, pour l'animation de deux rencontres.
La première autour des "Mémoires de l’Espagne franquiste" avec Antonio Altarriba, Angel De La Calle, Paco Roca et Jaime Martin le samedi 2 à 16h30 et la seconde, ce même samedi à 18h30, avec Roland Michon et Laëtitia Rouxel pour leur album"Des femmes sur les barricades ", sur la figure de Nathalie Lemel, Communarde brestoise.

Et pour toutes les autres animations et rencontres de ce cette 17ème édition du festival, qui se déroule du 2 au 5 juin 2017, et pour avoir la liste complète des auteurs invités une seule adresse,c'est ici !




dimanche 16 octobre 2016

[Prix SNCF du Polar 2017] : C'est parti pour un nouveau tour !


Le 17ème prix SNCF du polar a été lancé officiellement ce mercredi 12 octobre, à Paris, au Patio Opéra, et les trois sélections romans, bandes dessinées et court-métrages ont été dévoilées.


Et une fois de plus, ami-e-s du Noir et des bulles, les albums en compétition pour cette sixième sélection (oui, les prix BD et court-métrages ont 6 ans d'âge, et le prix romans a plus de bouteille, avec ses 17 années...) , ont cette année encore, une sacrée gueule.

On y retrouve cinq histoires fortes, graphiquement ou narrativement, ou les deux mongénéral, et dont je vous ai déjà parlé dans Bédépolar (sauf une... mais pas pour longtemps). Les cinq heureux élus sont donc :

- Apache, d'Alex W. Inker (Sarbacane).
Paris,1934 : un magot inattendu tend les bras à un patron de bar mélancolique et revanchard. Mais il va falloir partager avec une fille facile et un mauvais garçon...
Ma chronique de cet album ICI

- Chaos debout à Kinshasa, de Barutti et Bellefroid (Glénat)
Kinshasa, 1974 : les embrouilles diplomatiques s'invitent sur le ring du combat du siècle.
Ma chronique de cet album ICI

- L'Eté Diabolik, de Smolderen et Clérisse (Dargaud)
Sud de la France, été 1967 : les vacances romantiques d'un jeune ado tournent au récit d'espionnage, dans une ambiance pyschédélique.
Ma chronique de cet album ICI

- Homicide, une année dans les rues de Baltimore, de Philippe Squarzoni d'après le livre de David Simon (Delcourt)
Baltimore, 1988 : Janvier n'a même pas vingt jours, mais c'est déjà le treizième cadavre pour la brigade des homicides de la cité. Et les flics qui font face à cette violence quotidienne sont loin de leurs homologues hollywoodiens...
Ma chronique de cet album .... bientôt !

Watertown, par Götting - (Casterman)
Massachusetts, années 60 : un agent d'asurance ) la vie terne et réglée comme du papier à musique, se prend pour un détective et traque une vendeuse de muffins au comportement étrange.
Ma chronique de cet album ICI

Comme d'habitude, pour tout savoir sur cette 17 ème édition, rendez-vous ici, surle site du prix polar SNCF, vous saurez tout, y compris comment voter.

Bonnes bulles ferroviaires !




dimanche 9 octobre 2016

[Noir en couleur] – Watertown, par Götting - (Casterman)

Philip Whiting travaille pour le cabinet d'assurances Barney & Putnam, dans la petite ville de Watertown. Dans sa vie terne et bien réglée, il y a ce passage quotidien et matinal par la pâtisserie Clarke, où il achète un muffin, servi par Maggie Laegger, l'employée que Whiting a toujours vu ici. Et voici qu'un jour, en réponse à son "à demain" habituel, Maggie répond "Non. Demain je ne serai plus là". Et le lendemain, en effet, la jeune femme n'est plus là. Mais son patron, n'y sera plus non plus, définitivement : il est mort, écrasé par une lourde étagère de sa cuisine... et personne ne revoit plus Maggie à Wattertown. Aussi, quand par hasard, deux ans plus tard, Whiting, en visite chez son frère à Stockbridge, une petite ville à l'autre bout du même état du Massachusetts, tombe nez à nez avec une antiquaire disant s'appeler Marie Hotkins, mais que lui identifie immédiatement comme Maggie Laeger, le trouble s'installe dans son esprit. Surtout quand la femme lui dit ne jamais être allée à Watertown... Dès lors, Whiting, n'a qu'une obsession : découvrir la vérité sur cette étrange affaire... Mais comment s'y prendre quand on est un simple agent d'assurance ?

Jean-Claude Götting fait partie de ces auteurs discrets, mais brillants, qui entretiennent avec le genre noir une relation régulière et passionnante. Depuis "Crève coeur", en 1986, dans la célèbre collection "X" de Futuropolis, jusqu'à "Black Dog", avec Loustal au dessin, en 2016, en passant par les "Noir" ou "Pigalle 62,.27", il a oeuvré comme dessinateur ou scénariste. Comme il le dit lui-même, sur ce genre : "Je préfère toutefois le terme roman noir à polar. Ce qui m'intéresse, c'est le côté tragique, plus que l'aspect criminel avec flics et voyous. J'emprunte surtout au polar le côté enquête, qui est une forme de narration intéressante. Mais, dans ce livre, elle est au moins le moyen d'élucider un mystère qu'une manière de raconter la psychologie de celui qui la mène".


En effet, Watertown, vaut tout autant par cette obsédante quête de la vérité menée par Whiting, qu'il mène avec difficultés car... détective, ce n'est pas son métier : "J'étais sûr qu'un auteur de roman policiers saurait trouver ici vingt scénarios possibles. Mais pour l'instant, je séchais", que pour les raisons intimes qui le poussent dans cette quête : " De modeste employé subalterne, je m'étais promu détective, tentant de confondre une meurtrière à laquelle personne ne semblait s'intéresser. J'avais peut-être une chance de devenir une personnalité considérée de Watertown Une célébrité locale dont on parlerait dans la gazette, et pourquoi pas jusqu'à Boston..."

Un double intérêt dans la lecture, servi par le style Götting, celui de ses débuts : " ... un trait noir au pinceau et un travail de grisés réalisés avec un petit rouleau à gouache, modulés à la gouache blanche pour les lumières", une technique qui s'accompagne pour la première de la couleur. Cela donne une Amérique des années 60, emprunte d'un côté vintage, et installe une véritable atmosphère, digne des romans et films noirs de l'époque. Avec une chute qui est loin d'être celle attendue au bout du chemin de Philip Whiting, et qui participe grandement à faire de Watertown un des albums de cette année 2016.


Watertown ****
Texte et dessin Jean-Claude Götting
Casterman, 2016 – 96 pages couleur - 18 €



mercredi 21 novembre 2012

[Chronique] – Noir et Pigalle 62.27 : Götting fait coup double !

Un homme est précipité du haut d'une falaise, mains attachées. Pas de miracle, il ne s'en relèvera pas.... La police, dans ses premières constatations, relève qu'il manque un doigt au cadavre. Flashback : on retrouve l'homme assassiné, un émigré Polonais, et on le suit dans son quotidien chaotique. Il est d'abord mécano, puis il est viré par son patron, puis le voilà homme de ménage dans un restaurant chinois, viré à nouveau, avec l'humiliation en prime, et le voici enfin au service d'un notable local, qui fait de lui son tueur à gages... ce qui n'est peut-être pas, finalement, la meilleure des voies pour Franciszek Gruszka...

« Exercice de style récréatif », « Hommage au roman noir et au cinéma américain » : voici comment est présenté par l'éditeur lui-même cette histoire de Götting parue en début d'année. Un hommage, c'est bien ainsi qu'il faut lire cet album découpé en vingt séquences qui sont autant de scènes convoquant tous les personnages et situations-clés du genre : le looser, la garce, le parrain local, le flic malin... et l'humiliation, l'espoir, la peur, la vengeance. Une histoire aussi rapide et expéditive que la trajectoire d'une balle, que Götting met en scène en 150 pages, format manga, au rythme de deux à quatre cases par planche, le tout dans un style charbonneux, crayeux, où même le blanc est foncé. « Noir » ne révolutionnera certes pas le genre, mais a le très grand mérite de marquer le double retour au polar d'un auteur important du 9ème art, un vrai styliste, comme vous pourrez vous en rendre compte ici,  sur son site. Sans oublier l'espace qui lui est consacré sur le site de Galerie Barbier & Mathon, une galerie spécialisée dans les illustrations et planches originales de bande dessinée.

Götting dévoile son autre facette d'auteur de noir dans le très beau Pigalle 62.27, où il a écrit un scénario parfait pour Loustal. Cet album fait partie des 6 titres en compétition pour le prix polar SNCF de la BD, et vous pouvez lire ma chronique ici, sur le site k-libre.fr.



Noir
Texte et dessin Jean-Claude Götting
Barbier et Mathon, 2012 – 152 pages noir et blanc
8  €
Pigalle 62.27
Texte Jean-Claude Götting  et dessin Jacques de Loustal.
Casterman, 2012 – 72 pages couleur
15 €