Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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lundi 30 janvier 2017

[Roooar] - Le Fauve Polar SNCF 2017 à "L'Eté Diabolik" de Smolderen et Clérisse (Dargaud)

C'était samedi soir, à Angoulême, et dimanche sur l'espace polar SNCF : le Fauve polar 2017 a bondi dans les bras du duo Thierry Smolderen (scénariste) / Alexandre Clérisse (dessinateur), pour leur excellent "L'été Diabolik", dont je vous avais déjà dit le plus grand bien (oui, appuyez ICI).
Une récompense méritée, donc, mais qui aurait tout aussi bien pu aller à Maggy Garrisson, qui a certainement souffert d'être le troisième tome d'une série. Peut-être la véritable Maggy va-t-elle s'insurger - ou se réjouir, elle est tellement imprévisible - mais en attendant, félicitations aux heureux lauréats... qui voient leur palmarès pour cet album s'enrichir d'un prix supplémentaire, après le Prix Ouest-France Quai des Bulles à Saint-Malo 2016 et le Prix BD Fnac 2017.
En prime, un mini reportage spécial de notre envoyé spécial sur place, excellent photographe comme on le voit sur ces images.
Le suspect est facile à reconnaître, même dans l'ombre...

Benoit Lanciot, de la SNCF, bête de scène


Les deux auteurs en version originale sur-titrée

Les mêmes, tranquilles, face au public à l'espace polar SNCF

Bon, ben, à l'année prochaine, hein ?


dimanche 16 octobre 2016

[Prix SNCF du Polar 2017] : C'est parti pour un nouveau tour !


Le 17ème prix SNCF du polar a été lancé officiellement ce mercredi 12 octobre, à Paris, au Patio Opéra, et les trois sélections romans, bandes dessinées et court-métrages ont été dévoilées.


Et une fois de plus, ami-e-s du Noir et des bulles, les albums en compétition pour cette sixième sélection (oui, les prix BD et court-métrages ont 6 ans d'âge, et le prix romans a plus de bouteille, avec ses 17 années...) , ont cette année encore, une sacrée gueule.

On y retrouve cinq histoires fortes, graphiquement ou narrativement, ou les deux mongénéral, et dont je vous ai déjà parlé dans Bédépolar (sauf une... mais pas pour longtemps). Les cinq heureux élus sont donc :

- Apache, d'Alex W. Inker (Sarbacane).
Paris,1934 : un magot inattendu tend les bras à un patron de bar mélancolique et revanchard. Mais il va falloir partager avec une fille facile et un mauvais garçon...
Ma chronique de cet album ICI

- Chaos debout à Kinshasa, de Barutti et Bellefroid (Glénat)
Kinshasa, 1974 : les embrouilles diplomatiques s'invitent sur le ring du combat du siècle.
Ma chronique de cet album ICI

- L'Eté Diabolik, de Smolderen et Clérisse (Dargaud)
Sud de la France, été 1967 : les vacances romantiques d'un jeune ado tournent au récit d'espionnage, dans une ambiance pyschédélique.
Ma chronique de cet album ICI

- Homicide, une année dans les rues de Baltimore, de Philippe Squarzoni d'après le livre de David Simon (Delcourt)
Baltimore, 1988 : Janvier n'a même pas vingt jours, mais c'est déjà le treizième cadavre pour la brigade des homicides de la cité. Et les flics qui font face à cette violence quotidienne sont loin de leurs homologues hollywoodiens...
Ma chronique de cet album .... bientôt !

Watertown, par Götting - (Casterman)
Massachusetts, années 60 : un agent d'asurance ) la vie terne et réglée comme du papier à musique, se prend pour un détective et traque une vendeuse de muffins au comportement étrange.
Ma chronique de cet album ICI

Comme d'habitude, pour tout savoir sur cette 17 ème édition, rendez-vous ici, surle site du prix polar SNCF, vous saurez tout, y compris comment voter.

Bonnes bulles ferroviaires !




dimanche 14 février 2016

[Fumetti & Espionnage] - L'Eté Diabolik, de Smolderen et Clérisse (Dargaud)

Eté 1967. Antoine a 15 ans, et il ne le sait pas encore quand il termine en vainqueur ce tournoi de tennis sous les yeux se son père, mais cet été va le marquer pour le restant de sa vie. Tout commence par un incident à priori banal : le très énervé père d'Erik, son adversaire en finale, est à deux doigts d'en venir aux mains avec le stoïque paternel d'Antoine. Etrange comportement, vite oublié, mais qui prend une autre tournure lorsque le même homme, dans la nuit, les prend en chasse avec sa camionnette sur les lacets de la route de la corniche. Et qu'il se tue en tombant dans un ravin... Entre temps, le père d'Antoine a été invité par De Noé, une ancienne connaissance, rencontrée fortuitement au restaurant. Dans la somptueuse villa de cet ami surgi du passé, Antoine est subjugué par une jeune Américaine, Joan, qui n'a pas froid aux yeux, ni nulle part d'ailleurs... L'ado passe une étrange soirée, et lorsque le lendemain, Erik, qui semble peu affecté par la mort de son père, vient proposer à Antoine une partie de tennis pour se changer les idées, celui-ci accepte. Dès lors, l'été va se poursuivre dans une atmosphère de plus en plus mystérieuse et angoissante pour Antoine...


Cette tentative de mise en appétit rend difficilement justice à l'extraordinaire jubilation qui s'empare du lecteur de l'Eté Diabolik : voici une bande dessinée d'une immense richesse. Déjà, dans sa construction - les 100 premières pages sont un flash back sur le fameux été - cet album ménage admirablement le suspense sur ce qui s'est réellement déroulé au cours de cet été 67. Tous les éléments sont bien là,  mais, à l'instar du narrateur, il nous manque les clés pour saisir quelles forces sont à l'oeuvre sous nos yeux. Clés qui nous sont données dans la seconde partie, plus de vingt ans plus tard, alors qu'Antoine est devenu écrivain, et qu'il a fait de cet épisode fondateur de sa vie un livre libérateur. Ou plutôt, qui va le devenir lorsqu'une des protagonistes de cet été va ressurgir du passé, et lui faire enfin comprendre un des éléments restés dans l'ombre de ses souvenirs.
Autre richesse du scénario de Thierry Smolderen, et non la moindre, cette magnifique idée d'introduire le célèbre personnage de Diabolik en toile de fond, et de réussir le tour de force d'en faire un personnage à part entière de l'histoire... sans être là "en chair et en os". Car c'est bien l'esprit de Diabolik qui plane sur toute ces pages, symbole parfait de la menace qui rôde, de l'homme insaisissable... Ce récit qui tient tout autant de James Bond que des fumetti neri, est un superbe hommage à une certaine littérature populaire, et d'ailleurs, Smolderen ne le cache pas, puisqu'il revendique haut et fort sont amour du genre dans une belle postface, intitulée "Né sous le signe du kiosque". Il y écrit notamment : "Pour ma part, il suffisait de me projeter devant le kiosque de mon enfance pour réactiver les émotions graphiques intenses que j'y avais ressenti au contact du rayonnement prismatique des magazines exposés".
Et bien, si cet Eté Diabolik transporte aussi ses lecteurs, c'est que justement, le dessin époustouflant d'Alexandre Clérisse, apporte à son tour ces émotions graphiques intenses chères au à son scénariste. Ce qui frappe immédiatement, c'est évidemment les couleurs choisies par le dessinateur pour cet album, qui, tout en semblant provenir de d'époques aussi variées que celle des Spoutniks, de Warhol ou encore de Pellaert, aboutissent finalement à une impression de lecture éminemment contemporaine.. et audacieuse. Car il suffit d'ouvrir ce livre au hasard : cet art de la composition des planches est bien celui d'un artiste de 2015, qui n'hésite pas à abandonner le cadre de ses cases quand il le faut, revenir au gaufrier à bon escient, expérimenter à d'autres moments (formidable visite de la chambre paternelle d'Antoine, pages 47à 49 !), bref, utiliser toutes les ressources de la bande dessinée, sans jamais perdre son lecteur par des effets inutiles.
L'Eté Diabolik est le type même de l'album qui ne donne qu'une seule envie une fois la dernière page tournée : tout relire depuis le début. Et admirer le travail !


Et pour rester dans l'univers de cet album étonnant, un blog dédié : http://wwww.etediabolik.wordpress.com/

A noter que les duo avait déjà signé ensemble un "Souvenir de l'empire de l'atome", toujours chez Dargaud. Pas lu, mais semble tout aussi élégant et indispensable...

L'Eté Diabolik ****
Scénario Thierry Smolderen ; dessin et couleur Alexandre Clérisse
Dargaud, 2016 - 168 pages couleur – 21 €