Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
Trois index sont là pour vous aider à retrouver les BD chroniquées dans ce blog : par genres, thèmes et éditeurs.
Vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche interne à ce blog.
Bonne balade dans le noir !

samedi 25 août 2012

[Chronique] - Black out (Sarbacane)

Norma Rouge travaille comme serveuse pour l'agence d'événementiels « The Cherry's Events ». Les soirées arrosées et empoudrées, elle connaît. Ce soir-là, elle n'est pas de service, et c'est avec le costume de l'invitée qu'elle se présente chez Franck de Maistre, un fils à papa friqué et abonné aux rails de coke. Norma se retrouve vite à l'écart du petit monde qui gravite autour de Francky et elle sirote ses coupes de champagne sans grande conviction. Jusqu'à ce qu'un couple lui aussi un peu dans son coin, l'aborde et lui propose d'aller faire la fête ailleurs. Comme Claire et Angelo ont l'air sympa malgré un air un peu bizarre, Norma accepte, et c'est à bord de sa voiture qu'ils se rendent tous les trois vers leur nouvelle destination nocturne. Enfin ça, c'est ce que Norma pense, jusqu'à ce qu'elle se réveille le lendemain matin dans un terrain vague, encore dans les vaps, seule au volant de sa bagnole. A ses côtés, un sac à main qui ne lui appartient pas, avec à l'intérieur, un Polaroïd où elle tire à bout portant, sur une inconnue. Et celle-ci n'est pas bien loin : dans le coffre grand ouvert, sous forme de cadavre...
Le thème de l'amnésie – ici sous la forme du trou noir où le personnage principal a tout oublié de ce qui s'est passé la nuit précédente – revient régulièrement dans la fiction policière, au cinéma comme en littérature, et a permis la production de quelques chefs d'oeuvre. « Memento » de Christopher Nolan côté 7ème art, et « Bone » de George Chesbro pour les romans, par exemple, sont de ceux-là. Il serait prématuré de ranger ce premier album de Jérôme Lerpinière dans la même catégorie, mais force est de constater que « Black Out » est une réussite de premier ordre. L'histoire de Norma, jeune femme manipulée par un couple lui-même jouet de forces extérieures, tient en haleine de bout en bout, et à partir du moment où la jeune femme est prise dans l'engrenage, il est impossible de lâcher l'album. C'est aussi grâce au style graphique de l'auteur : des planches en noir et blanc, où règnent les ombres, où les décors flirtent parfois avec l'expressionnisme du cinéma allemand et où les personnages sont tout en rondeurs et aux têtes disproportionnées. Il se dégage de tout cela une atmosphère d'étrangeté assez fascinante, assez bien symbolisée par la couverture de l'album d'ailleurs... « Black out » est une bande dessinée originale qui sort vraiment des sentiers battus. .

Black Out
Texte et dessin de Jérôme Lerpinière
Sarbacane, 2012 – 128 pages noir et blanc – 17,90 €

vendredi 3 août 2012

[Chronique] – Lignes Noires (Polystyrène)

L'objet est superbement réussi, d'une grande élégance. Dès le premier contact, voici une bande dessinée qui intrigue, et attire immédiatement par sa forme : elle se déplie à la manière d'un tryptique, et une fois ouverte, on déroule ses pages du bas vers le haut, pour une histoire en trois temps. On a tout de suite envie de s'y plonger... et on n'est pas déçu du voyage !
Les trois parties - « La Fuite », « En avant » et « Des Hommes ordinaires » - forment un récit à l'intrigue simple : un homme, Marc, porteur d'une sacoche à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux, se retrouve coincé par une grève ferroviaire qui l'empêche de rejoindre Le Havre. Il appelle un ami, Antoine, pour qu'il l'héberge momentanément, mais il est évident que Marc n'a pas l'esprit tranquille et ne restera pas longtemps sur place. Ce qui est le cas, puisqu'un couple débarque très vite dans l'immeuble où il a trouvé refuge, provoquant une course-poursuite pleine de danger et à l'issue incertaine...
« La Fuite », c'est cette tranche de vie, du point de vue de Marc, « En avant », celle de ses poursuivants, et « Des hommes ordinaires », celle d'une autre personne... que je vous laisse découvrir pour ne pas casser le suspense qu'ont réussi à installer les auteurs, Adrien Thiot-Rader et Ludovic Rio. Car, au-delà de la réussite formelle, « Lignes Noires » tient en haleine de bout en bout et est mené à un rythme soutenu. Les personnages croisés ont par ailleurs le mérite d'évoluer dans une France d'aujourd'hui, dont, en quelques cases on perçoit la réalité : on croit d'autant plus à cette histoire, qui se lit comme une nouvelle de Marc Villard. Graphiquement splendide, avec un noir – blanc -gris tout en ombres et lumières, « Lignes Noires » a également pour lui son aspect oulipien – ou Oubapien dirait l'Association – et il est extrêmement tentant d'en faire une lecture simultanée, et horizontale, des trois épisodes. Et cela fonctionne pas mal du tout...
N'hésitez donc pas à vous procurer cet album, publié par une petite maison associative, les éditions Polystyrène, qui ont choisi de publier des livres « à manipuler ».

Lignes noires
Adrien Thiot-Rader et Ludovic Rio
Polystyrène, 2012 – 3 x 24 pages noir et blanc – 16 €

mercredi 25 juillet 2012

[Chronique délocalisée] - Clown, de Louis Le Hir (Mosquito)

Clown est un solitaire. Il va sur les chemins avec sa roulotte et s'arrête quand il le faut pour ses spectacles de... clown. Sa vie va être bouleversée lorsqu'il va trouver Zoé, un bébé abandonné dans une décharge. Il la garde avec lui et l'élève dans cet univers de saltimbanque, où la vie est encore plus difficile qu'ailleurs. Mais Clown est protecteur, Zoé réussit à apprendre à lire, à écrire, et à grandir aux côtés de ce père adoptif bourru mais attentionné. Les années passent et Zoé devient une jeune fille. Un jour, la roulotte croise la route du cirque de monsieur Willy, qui engage Clown pour son numéro. Avec Zoé, ils sont désormais un peu plus à l'abri des temps difficiles. Mais la jeune femme, attirant bien des regards dans le troupeau mâle du cirque, va découvrir au fil des jours que l'espèce humaine a des côtés obscurs que Clown avait oublié de lui enseigner...

Voilà pour l'histoire... Retrouvez la suite de ma chronique de ce superbe album de Louis Le Hirici, chez les amis de k-libre.fr

Les éditions Mosquito font un travail remarquable depuis des années - pas souvent dans le genre polar,  mais peu importe - notamment autour des oeuvres de Toppi et Battaglia. A soutenir sans réserve !

Vous pouvez aussi rendre une petite visite au blog des Le Hir, où on dessine de père en fils.


mercredi 18 juillet 2012

Urban Comics reprend la fine fleur du crime comics : 100 bullets et Scalped

Le début de cette année 2012 a été marqué par les premiers albums publiés par Urban Comics, qui n'est autre que le nouveau label pour l'édition française des albums édités outre Atlantique par DC Comics. Et en quoi cela doit-il réjouir l'amateur de polar en cases ? Tout simplement parce que c'est ici qu'il pourra retrouver deux séries incontournable du label Vertigo : 100 bullets et Scalped. Mais ces séries n'ont-elles pas déjà été publiées en France ? Oh que si, et plus d'une fois en ce qui concerne 100 bullets, la dernière en date étant chez Panini.
Pour ces rééditions, Urban Comics repart de zéro, tout en poursuivant la traduction en cours. Et pour bien faire les choses, les premiers albums de chaque série seront réédités au format cartonné, et les autres en souple (ça c'est un peu dommage, mais bon, ne faisons pas la fine bouche). Le grand intérêt de cette nouvelle édition chez Urban Comics est d'avoir retraduit les séries, et de les avoir remaquettées. Et l'autre grand intérêt réside bien sûr dans une certaine visibilité retrouvée pour des comics qui sont devenus de vrais classiques du noir, que vous aurez nettement plus de chance désormais de voir chez vos libraires, Urban Comics étant une « branche » de l'arbre Dargaud. Bon, tout cela c'est bien joli, mais il est possible que vous n'ayez pas encore eu entre les mains 100 bullets ou Scalped... Alors une petite mise en appétit me semble la bienvenue.

Si la fin des années 80 a vu un vent nouveau souffler sur le polar, la fin des années 90, 1999, pour être précis, est l'année de sortie de LA série des années 2000 : 100 bullets, de Brian Azzerello et Eduardo Risso. Le scénario d'Azzarello repose sur une idée exposée dès le premier des 100 chapitres/épisodes de la série : un homme mystérieux, l'agent Graves, aborde un inconnu, et lui tend une mallette. A l'intérieur : un flingue, 100 balles « intraçables », et toutes les preuves qu'une personne a causé d'immenses souffrances à l'inconnu. Et maintenant : que va faire le destinataire de la mallette ? Se venger ? Chercher à en savoir plus ? Ne rien faire ? Cet épisode initial de la mallette revient de manière récurrente dans la série, et très vite, l'intérêt se porte sur l'agent Graves, dont on apprend assez vite qu'il est au coeur d'un groupe d'hommes de mains, les minutemen, protégeant de puissants hommes d'affaires qui dirigent le pays. Mais que tout cela est bien entendu soigneusement occulté. Et que Graves devenu incontrôlable, est comme le ver dans le fruit ... 100 bullets est une série d'une richesse totale : narrative d'abord, car Azzarello a construit un édifice extrêmement élaboré, un jeu de piste ébouriffant et subtil, dont la solution se dévoile par petites touches. Et richesse graphique, ensuite, car Risso compose des planches d'un dynamisme absolu, et campe une multitude de personnages avec une justesse constante, et une maîtrise des ombres inégalée. Les expressions des visages de ses personnages sont particulièrement réussies.Quant aux couvertures, toutes signés Dave Johnson, elles ne sont pas loin, pour certaines, du chef d'oeuvre. Dernier signe extérieur de richesse : chaque volume – ou presque – est introduit par des scénaristes ou romanciers de renom qui ne cachent pas leur admiration pour 100 bullets...


En ce qui concerne Scalped, je le découvre à l'occasion de cette arrivée chez Urban Comics. Quel choc ! L'histoire est celle de Dashiell « Bad Horse », un indien Lakota, qui revient sur ses terres ancestrales quinze ans après en avoir été chassé par sa propre mère, qui voulait à tout prix lui éviter la misère et le désespoir. Mais Dashiell ne revient pas comme le fils perdu que sa famille attend.
Non, son retour à Prairie Rose, il le fait comme agent du FBI, chargé d'infiltrer la police tribale du chef Red Crow... Et si « Bad Horse » est choisi par ses supérieurs pour cette mission, c'est par ce que  «  C'est un sociopathe borderline guidé par une colère profonde et un désir de mort inconscient. C'est un volcan de violence pouvant à tout moment entrer en éruption. Un danger pour quiconque l'entoure. En d'autres termes... il est parfait ».
L'activité de Red Crow, dépasse celle du simple maintien de l'ordre sur la réserve. Ce puissant et respecté chef indien règne en effet en maître sur la drogue et l'alcool qui circulent sur son territoire, et il est au cœur d'un projet de casino, dont il sera bien entendu, le propriétaire. Comment va se comporter Dashiell face à cet homme, et surtout, face à son passé, qui lui revient à la figure ? Comment va-t-il parler avec cette mère, qui fut une militante ardente de la cause indienne ? De quel côté va-t-il faire pencher la balance ? Bien ou Mal ? Blanc ou Indien ? Ce ne sont que quelques-unes des questions que se pose ce personnage franchement hors norme créée par Jason Aaron. L'Amérique qu'il dépeint n'est pas celle dont on entend parler le plus souvent, et le plus fort de ce récit est certainement justement d'avoir réussi à mettre en place un récit très noir sur des codes que tout le monde par contre connaît, ceux du western. Le dessinateur, R.M. Guéra, qui vit en Espagne, restitue parfaitement cette ambiance sombre, avec un talent encore plus grand dans les scènes nocturnes. On sort de la lecture de Scalped comme envoûté, pris par les esprits, peut-être...
Ne ratez vraiment pas cette nouvelle édition, pour laquelle Guéra a dessinée deux couvertures inédites.

100 bullets
Tome 1 – Première salve – 176 pages – 17,50 €
Tome 2 – Le Marchand de glaces – 176 pages – 17,50 €
(tome 15 – Le Sens de la chute – 192 pages – 17 €
et tome  16 - Le Grand nettoyage - 128 pages - 14 €)


Scalped
Tome 1 – Pays Indien – 128 pages – 14 €
Tome 2 – Casino Boogie – 128 pages – 13 €
(et tome 5 – La Vallée de la solitude – 13 €)

lundi 9 juillet 2012

[Chronique] - Seuls 7 : Les Terres Basses

Toujours prisonniers de Fortville, Dodji, Leila et leur petite troupe cherche à fuir le centre de la dangereuse «zone rouge », mais aussi à échapper à la bande de Saul, qui continue à les harceler. Dans leur fuite, leur bus tombe sur une muraille infranchissable, barrant définitivement la route. Une barrière terrestre qui n'était pas là quelques heures auparavant... Tous comprennent alors que la zone rouge est en train de s'enfoncer et qu'il va leur falloir escalader très vite ce mur impressionnant, pour ne pas tomber dans les mains de la foule d'enfants inexplicablement zombifiés de la zone... Evidemment Saul et ses fidèles sont eux aussi prisonniers et il va falloir que tous s'unissent pour s'extirper des Terres Basses, qui continuent de s'enfoncer...

Bon. Vous ne saisissez pas tout malgré cette limpide mise en bouche ? C'est que vous n'avez pas lu les épisodes précédents, en particulier « La Quatrième dimension et demie » dont ce 7ème tome de « Seuls » est la suite directe. Je vous invite donc à tout reprendre depuis le début, car cette série extrêmement originale réussit à maintenir un suspense de haut niveau. Si vous avez lu les 6 tomes précédents, sachez que celui-ci franchit un pas supplémentaire dans le genre fantastique et vire presque au récit de terreur. On peut même s'amuser au petit jeu des références cinématographiques, la couverture elle-même ayant un petit côté « La Nuit des morts vivants » avec ses mains cherchant à attirer à elles le héros terrorisé. Et au fil des pages, le « Fog » de John Carpenter n'est pas très loin.
Tout cela s'inscrit en fait dans la ligne de la série de Fabien Vehlmann et Bruno Gazotti, qui d'une intrigue « policière » au départ - pourquoi les enfants sont-ils seuls ? Quelle est la raison de la désertion de la ville par les adultes ? – ont dirigé leur oeuvre vers d'autres rives au regard des révélations de la fin du premier cycle. « Seuls » ne perd par ailleurs pas ce qui fait aussi sa grande qualité : les relations entre enfants, leurs réactions fasse aux dangers, à l'inconnu, la solidarité et l'imagination dont ils doivent faire preuve dans un monde sans adulte.
Bref, un excellent thriller fantastique dont vous pouvez voir la bande annonce sur le site de la série. Et pendant que j'y suis, pour le blog de Vehlmann, c'est par là.

Seuls, tome 7 – Les Terres Basses
Scénario Fabien Velhmann et dessin Bruno Gazzotti.
Dupuis, 2012 – 56 pages couleurs – 10,60 €

dimanche 17 juin 2012

[Chronique] - 7 détectives : sept enquêteurs défiés par un mystérieux assassin

Ils ne se sont jamais rencontrés, mais ils ont une raison de vivre commune : celle de résoudre les affaires criminelles les plus mystérieuses. Et les voici tous réunis, à Londres, dans le salon de l'un d'entre eux, Ernest Patisson, détective Suisse installé là depuis peu. Autour de lui, Adélaïde Crumble, institutrice retraitée ; Frédérick Abstraight, ex-inspecteur du Yard, qui a traqué en vain « l'égorgeur de Greenhill » ; Martin Bec, de la PJ française ; Richard Monroe, détective privé de Los Angeles ; le docteur Eaton « aide de camp » du plus grand détective du monde, Nathan Else, qui est bien évidemment présent à cette réunion hors du commun. Aucun des ces fins limiers ne se doute de la raison de leur convocation chez Patisson, qui l'ignore lui-même... L'inspecteur MacGill, une fois les présentations faites, les met vite au parfum : un tueur en série a laissé auprès de trois scènes de crimes la liste de leur nom à tous, accompagnée d'un chiffre 7... C'est clairement un défi lancé aux détectives par un assassin pour l'instant insaisissable....

Et bien voilà un volume des plus ludiques et des plus plaisants de la série 7 ! Les auteurs ont visiblement pris un malin plaisir à fabriquer une histoire qui rend hommage aux enquêtes de l'âge d'or du roman policier, à commencer par celles du grand Conan Doyle. Il y a une ambiance follement holmesienne – si je puis me permettre – dans cet album. Déjà, les personnages de Nathan Else et du docteur Eaton sont d'évidentes démarques de Holmes et Watson.  Ensuite, l'intrigue se déroule à Londres, et on y croise le chemin d'un étrangleur. Et surtout, elle est construite avec moult rebondissements spectaculaires, fausses pistes, chausse-trappes et autres pièges à rois et reine de la déduction. Graphiquement, c'est une grande réussite, et les 7 premières planches sont un régal : chacun des 7 se présente lui-même à l'assemblée, et Éric Canete  (ici son blog) dessine les enquêteurs sur une pleine page, en une seule case, où ils sont représentés de plein-pied. Impressionnant et superbe ! Immédiatement, la forte -personnalité de chacun est posée et l'envie prend aussitôt le lecteur de les suivre dans le défi qui leur est très vite proposé. Et le lecteur ne sera pas déçu, car le scénario d'Herik Hanna garde des surprises jusqu'au bout, et réussit à injecter une touche d'humour, assez british, qui cadre bien avec l'ambiance qui règne dans les pages.
Franchement, ce « 7 détectives » est un vrai régal pour l'esprit et pour les yeux.


7 Détectives
Scénario Herik Hanna et dessin Éric Canete
Delcourt, 2012 – 64 pages couleur
 - Collection Conquistador – 14,95 €

vendredi 15 juin 2012

[Chronique] - Tramp 10 - Le Cargo maudit


Yann Calec a suffisamment bourlingué, et avec l'or récolté lors de son dernier périple maritime au Tonkin, il peut s'offrir son cargo. Voici donc notre homme sur les quais de Rouen, prêt à repartir à bord du Pierrick, son liberty-ship autrefois baptisé Marlen Tramp. Mais il faut tout de même redonner un petit coup de neuf au navire, car l'incendie dont il a été victime a laissé des traces, et pas mal de réparations à faire. Et voici que lors de la première visite à bord avec son nouvel équipage – recruté avec un peu de difficulté – Calec découvre le cadavre d'un gardien du port, à moitié dévoré par les rats. Une enquête de police est ouverte, et elle n'arrange évidemment pas le capitaine du Pierrick. Et une fois que tout est réglé, les dockers se mettent en grève et emppêhcent l'accès au cargo, juste au moment de partir. Yann Calec se persuade assez vite que des ennemis agissent dans l'ombre...

Les aventures narrées par Kraehn et Jusseaume fonctionnent par cycles (trois jusqu'à cette aventure) et ce dixième tome en forme un à lui tout seul. Si vous n'avez jamais ouvert un album de cette série, voici un bon moyen de faire connaissance de Yann Calec, marin décidé et courageux, un brin ironique, et de son univers. « Le cargo maudit » ne vous emmènera pas sur les mers lointaines, puisque l'intrigue se passe presque exclusivement dans le port de Rouen. Mais il vogue en eaux troubles et il règne dans ce tome une atmosphère où la couleur noire est plus franche que dans les autres cycles, peut-être. Le scénario de Kraehn tient du reste en haleine assez longtemps sur l'identité et les motivations de la personne qui en veut au héros, ce qui fait que tout cela – ambiance et intrigue à suspense - donne un excellent polar maritime, comme il y en a assez peu, en fait... Et Jusseaume brosse une galerie de personnages toujours aussi authentiques, comme à son habitude. Alors, pas d'hésitation, tous à bord ! Même si ça tangue.


Tramp, tome 10 – Le Cargo maudit
Scénario Jean-Charles Kraehn et dessin Patrick Jusseaume
Dargaud, 2012 – 56 p. couleurs – 13,99 €


mercredi 30 mai 2012

[Hurrah !] - "Grandville mon amour" premier prix SNCF Polar BD !

Bryan Talbot avec Claire Deslandes, des éditions Milady

 And the winner is... Bryan Talbot ! Yes !

C'est donc de l'autre côté de la Manche que va partir le trophée récompensant le premier prix SNCF polar BD. Rappelons que pour cette arrivée de la BD dans le célèbre Prix Polar SNCF, cinq albums étaient en compétition et que le public a choisi la BD la plus spectaculaire de la sélection, la plus divertissante certainement également, mais peut-être pas celle qu'on attendait. A moins que Grandville mon amour n'ait bénéficié d'un certain « effet Blacksad » ? 
Pour les étourdis, je rappelle que cet album fait partie de la grande famille des BD animalières, mais qu'elle recouvre plus d'un genre, comme j'avais pu vous le dire dans mes précédentes chroniques. C'est une formidable série – ce tome est le deuxième, mais peut se lire indépendamment du premier – dans un univers uchronique et steampunk, au sein duquel Bryan Talbot fait mener à des inspecteurs de choc des enquêtes de facture classique mais au dynamisme explosif. Car si on vante, à raison, la qualité du dessin de Guarnido dans Blacksad, il est peut-être temps de se rendre compte de l'immense  talent de Talbot dans cette catégorie si particulière qu'est la BD anthropomorphique. Ceux qui connaissaient son oeuvre antérieure ne seront pas surpris par ces propos. Mais ceux qui ont découvert cet auteur avec cette série, comme c'est le cas je pense pour une grande majorité des lecteurs-votants de ce prix, le choc visuel, et narratif, a dû être grand ! 

Bryan Talbot était présent hier à Paris et il était très sincèrement ému et heureux de recevoir ce prix. En discutant un peu avec lui, j'ai appris qu'il venait de juste de terminer le troisième Grandville, qui s'appellera « Bête Noire », et sera vraisemblablement traduit pour Milady. Espérons-le, car c'était tout de même un pari pour ce label – qui n'est autre que la branche graphique des éditions Bragelonne – et souhaitons aussi que ce prix soit bénéfique au premier volume, tout aussi bon que ce tome (je l'avais d'ailleurs placé en tête de mes chouchous de l'année 2010). Saluons aussi en passant le traducteur, Philippe Touboul, qui n'est autre que l'un des deux larrons responsables de la librairie Arkham, à Paris, spécialisée dans les comics. (Si vous ne connaissez pas les lascars, je vous conseille leurs présentations vidéo des dernières nouveautés reçues en magasin, du sérieux dans la déconnade. Et allez donc faire un tour, rue Broca, c'est vraiment une chouette boutique. Fin de la  parenthèse promo.)

Enfin, comme c'était un prix de lecteurs, sachez que l'édition 2013 est d'ores et déjà en route, et que, bientôt, vous pourrez vous aussi participer au vote. Je vous en donnerai toutes les modalités dès qu'elles seront connues. En attendant, bienvenue dans l'univers fantasque, déjanté, extraordinaire, drôle, intelligent de Bryan Talbot. Bienvenue à Grandville !

dimanche 27 mai 2012

Cérémonie Prix SNCF du POLAR : demandez le programme !

Je vous l'avais annoncé il y a quelques jours, en voici quelques détails pratiques.
Cela se passera Mardi 29 mai, GARE DE LYON, Hall2, où des animations, toutes gratuites, sont proposées de 10h à 19h :

- Studio Photo Polar
- Découverte des romans, BD et courts métrages des sélections 2012 du PRIX SNCF DU POLAR
- Quizz polar et musicaux avec de nombreux cadeaux à la clé
- Concerts de musique polar
- Inscription au Club PRIX SNCF DU POLAR

Puis la cérémonie elle-même débutera à partir de 19h, dans ce même Hall 2. Les Prix SCNF du Polar seront décernés pour le court-métrage, le roman et bien, sûr, la Bande dessinée.
Alors, pour savoir qui de Aller-retour, La faute aux Chinois, Les Faux visages, Grandville, ou l'Organisation sortira en tête des 2139 bulletins de vote, une seule destination : Paris, Gare de Lyon, mardi 29, 19 h ! Je serai là, et rencontrerai avec plaisir les lecteurs et lectrices de Bédépolar.

vendredi 25 mai 2012

[Chronique] - Aller-retour (Bézian)


Basile Far arrive dans un petit village non loin de Carcassonne pour y mener une enquête. Pour une agence d'assurance. Avec sa silhouette de géant, l'homme pourrait être facilement repéré par l'autochtone.
 Mais « Pourtant, Basile Far a l'élégance de certains personnages massifs, plutôt Hardy que Sergent Garcia  : il sait habiter le décor au point de passer inaperçu. D'ailleurs, c'est un don héréditaire. Dans sa famille, chacun sait disparaître avec un talent consommé. Une véritable prédisposition à l'impermanence ».

  Voilà. Tout le noeud de l'intrigue – mais ici, le terme intrigue est presque inapproprié – tient dans ces quelques lignes de la page 17. Basile est de retour sur des terres qu'il l'ont vue grandir, pour y éclaircir un passé – le sien - empli de zones d'ombres. Tout le reste n'est que prétexte.
Le premier personnage croisé dans son enquête est le photographe, qui lui parle lumière et faux-semblants. Basile va naviguer entre clarté et obscurité, dans un de ces nombreux allers – retours que le titre de l'album, au singulier, ne laisse pas immédiatement présager. 

On fait avec lui un bond dans le temps et nous voici à arpenter à ses côtés des rues où une Dauphine fait figure de voiture moderne, et où De Gaulle discourt à la radio. Où l'on Belmondo n'est pas encore Bébel mais la joue plutôt moderato cantabile, et où il partage l'affiche avec le Gabin de l'Affaire Saint Fiacre. Un Maigret qui n'est pas là par hasard : c'est dans cette affaire que le commissaire revient sur les chemins de son enfance. Tout comme Basile, qui lui, croise régulièrement des gamins au fil des pages. L'enfance, clé de toute cette histoire ? Une piste possible, quasi-certaine, mais...

Le lecteur pourrait perdre pied dans ces méandres, et se retrouver comme le spectateur de cet autre Maigret, « La nuit du Carrefour », où « la pluie et le brouillard, qui ont gagné la bande-son et rendent l'histoire pratiquement incompréhensible ». Mais non. Le lecteur suit les errances de Basile et même s'il se pose la même question que le médecin - autre personnage important de l'album – ce « qu'est-ce que vous cherchez ? », il finit par boucler la boucle, comme Basile. 

Vous l'aurez compris, cet album de Bézian – auteur de l'admirable « Les Garde-fous » - est un périple aux multiples étapes, un voyage mémoriel destiné à dénouer un mystère personnel, et que formellement, l'auteur illustre avec virtuosité. Après trois planches en couleur, suivent soixante-dix pages où Bézian cadre et éclaire tel un chef-opérateur au sommet de son art. Ses planches sont des merveilles, et « Aller-retour » est un album d'une richesse graphique exceptionnelle. Il fait partie de ces livres qui marquent, vers lesquels on revient, certain d'y découvrir une autre interprétation de l'histoire, ou de ressortir avec une différente vision de la précédente lecture. Les livres intriguant. Les livres captivant. Les livres de Bézian !

Aller-retour
Texte et dessin de Frédéric Bézian
Delcourt, 2012 – 80 pages couleur et noir et blanc
16,95 €

samedi 19 mai 2012

[Chronique] - London Running : Plus vite, plus haut, plus fort ! Matt Peterson déboule


Matt Peterson est reporter photographe et couvre pour l'Equipe les Jeux Olympiques de Londres, avec son collègue journaliste Grégoire Blanchard. Ce sont ses premiers JO, et il compte bien en profiter, même s'il constate assez vite que la sécurité du site atteint des niveaux difficilement tolérables pour les médias qui veulent approcher les athlètes. Matt réalise tout de même une première série de clichés, et là : bingo ! Le service iconographique de son journal lui signale une chose étrange sur une des photos envoyées : le marathonien Tchèque Miroslav Palick, qui tourne le dos à Peterson, est en train de regarder une photo sur son propre portable, et c'est celle d'une femme bâillonnée et au visage baigné de larmes... Le reporter essaye aussitôt d'en savoir plus et va mettre à jour un complot qui dépasse largement les enjeux purement sportifs.

Cette nouvelle série – coéditée par L'Equipe et Casterman – s'attaque à un domaine un peu délaissé par les auteurs de bande dessinées polar (et par les autres aussi, d'ailleurs), le sport. Ou plutôt, le côté obscur de la force physique, celui qui s'exprime dans les dérives du sport business. Bonne idée, car il y a vraiment matière, et pour cette première manche Bollée imagine un chantage sur un obscur athlète, pris dans les rouages d'un mécanisme qui le dépasse et sert des intérêts politiques et financiers à un très haut niveau. Le pion sacrifié pour la victoire finale, quoi. L'intrigue est fluide et bien construite, dès les premières pages et cette sorte de séquence « pré-générique », un an avant les Jeux, jusqu'à un final haletant comme une course d'obstacles. La forme rejoint le fond, c'est assez bien vu. 
Côté personnages, le héros n'a pas froid aux yeux – normal, c'est un héros – mais conserve un regard assez frais sur le monde, et ne semble pas encore blasé, ni lassé, par ce qui l'entoure. Il est aussi dragueur (et ça marche très vite, même avec les policières inconnues : c'est là que le lecteur voit qu'il lit une fiction) et a un passé mystérieux, où son père, croisé furtivement dans ce premier tome, joue un rôle important. On le recroisera certainement, ainsi que les méchants qui n'ont pas l'air d'être de la petite bière, dans le prochain tome, mais ce « London Running » peut se lire seul. Graphiquement, le trait est réaliste, évoquant par certains côté Hermann, et Stom utilise, par touches discrètes, des inserts photographiques, qui accentuent le coté immédiat et contemporain de la série. « Matt Peterson » mérite qu'on s'y attarde, et on l'attend maintenant au prochain virage, peut-être celui du Tour de France du centenaire, en 2013, comme cela est évoqué dans une des dernières pages de ce tome ? Ou alors le foot et sa folie permanente des grandeurs ? Les sujets sont légion...

Matt Peterson 1 – London Running
Scénario Laurent-Frédéric Bollée et dessins Stom
Casterman / L'Equipe, 2012 – 56 pages couleur – 10,95 €

jeudi 10 mai 2012

[Chronique] - Fanch Karadec 2, l'affaire Malouine


Fanch Karadec et Soizig passent quelques jours en amoureux sur l'île Chausey. Quelques moments de tranquillité perturbés pour Fanch, qui découvre le cadavre d'une jeune femme sur la plage, au petit matin. Mais déjà, la veille, au cours d'une soirée dansante nocturne, un malfaisant avait fait les poches de tous les fêtards, à la faveur d'une coupure de courant... Se pourrait-il que les deux événements soient liés ? L'esprit vif du retraité Breton fait vite la connexion : un jeune homme au bonnet rayé était présent aux deux moments. Et voici que Fanch apprend qu'un second cadavre a été retrouvé, et qu'il s'agit cette fois du cousin d'un ami à lui. Il n'en faut pas plus au limier de Paimpol pour tenter de résoudre ce nouveau mystère.

Deuxième enquête de ce sympathique personnage (créé sur une idée de Loisel et Kraehn, comme le rappelle le sticker rouge de la couverture) et encore une fois, une lecture plaisante.
Comme dans « Le mystèreSaint-Yves » , Stéphane Heurteau construit une histoire sur le mode classique, avec une enquête qui suit son cours tranquillement, où le détective amateur découvre les indices au fur et à mesure, et progresse lentement, mais sûrement. Il est aidé par une brochette d'amis assez truculents, dont le massif Serge, marin barbu à l'épaisse silhouette et à la casquette enfoncée sur les yeux, déjà présent dans le précédent volume, et nouvelle venue, par une avocate cocotte et intrépide. Cette enquête est aussi prétexte à un périple breton dont les étapes se nomment cette fois St Sulliac, St Malo, Chausey... Sébastien Corbet restitue bien cette Bretagne maritime, et ses personnages tout en rondeur bonhomme apportent un peu d'humanité et de chaleur à une histoire tout de même assez sombre. Fanch Karadec est en train de prendre discrètement sa place dans la grande famille des démêleurs d'intrigue... et c'est tant mieux !

En prime, ici la bande annonce avec des images qui bougent et le blog de Stéphane Heurteau
Allez hop, tous en Bretagne !

Fanch Karadec 2 – L'Affaire Malouine
Scénario et couleurs Stéphane Heurteau , dessins Sébastien Corbet
Vagabondages, 2012 - 64 pages couleurs – 14,80 €

lundi 7 mai 2012

TRAMP : Kraehn en dédicaces à Dinan, samedi 12 mai

Il y a un petit moment maintenant que Yann Calec écume les océans du monde entier pour des aventures toutes plus trépidantes les unes que les autres. Jean-Charles Kraehn (scénario)  et Patrick Jusseaume (dessin) ont créé cette série il y a presque 10 ans maintenant, puisque c'est en 1993 que paraissait "Le Piège", premier volume d'un cycle de 4 tomes qui s'achèvera avec "Pour Hélène"

Le dixième tome qui est sorti il y un peu plus d'un mois, "Le Cargo maudit" voit lui le retour du héros au pays, mais évidemment, tout ne sera de tout repos, dans cette histoire qui se déroule dans le port de Rouen, dans les années 50. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur Tramp en général et cet album en particulier, et que vous n'êtes pas trop loin de Dinan, voguez jusqu'à la libraire "Le Grenier", au 6, place Duclos, où vous pourrez rencontrer Jean-Charles Kraehn himself, samedi 12 mai  à partir de 14h30.

Pour plus d'infos, appelez le 02 96 33 59 83 ou allez faire un petit tour sur le site de la librairie.
Bon vent !

vendredi 4 mai 2012

Le Prix SNCF du Polar catégorie BD est sur les rails... Arrivée le 29 mai


Bon, j'aurais dû en parler plus tôt, mais sachez qu'après son désormais renommé prix récompensant un roman élu par les lecteurs-voyageurs, la SNCF s'attaque au neuvième art et pour la première fois va décerner un prix pour une bande dessinée polar. Et pour cette première, l'heureux élu figurera parmi les cinq albums suivants :

Aller-retour, de Bézian (Delcourt)
Les Faux visages, de David B. et Tanquerelle (Futuropolis)
La Faute aux Chinois, de Ducoudray et Ravard (Futuropolis)
Grandville mon amour, de Talbot (Milady graphics)
L'Organisation, de Cooke d'après Stark (Dargaud)

Une sélection du meilleur goût, mais je n'ai pas de mérite à la vanter puisque je fais partie du jury d'expert qui l'a constituée, aux côtés de Pénélope Bagieu ( dessinatrice à la vie tout à fait fascinante), Laurence Le Saux (Télérama et BoDoï), Eric Libiot (L'Express), et Christian Marmonnier (journaliste spécialisé dans la bande dessinée, auteur notamment du colossal "Métal Hurlant, la machine à rêver" avec Gilles Poussin).
Pour cette première, les lecteurs ont pu lire et voter à la Gare de l'Est, du 23 au 27 avril, (ici, un petit reportage sur l'ambiance sur place pendantcette semaine) et le verdict sera rendu public lors de la cérémonie de remise officielle des prix SNCF du polar le mardi 29 mai.

Et pour le prix 2013, ce sont les lecteurs-voyageurs de la France entière qui pourront choisir leur album préféré... Suivez Bédépolar pour être dans le bon wagon et connaître la première sélection dès sa sortie !

En attendant, n'hésitez pas à lire ces 5 albums, si vous ne l'avez déjà fait, ils sortent tous de l'ordinaire, chacun à leur façon. J'ai déjà chroniqué 4 de ces 5 titres, je vais me refaire un Aller-Retour avec Bézian pour vous en parler avant le 29...

jeudi 26 avril 2012

Les planches originales de Sin City en expo à la galerie 9ème Art (Paris)

 Si vous êtes Parisiens, de manière permanente, ou alors seulement entre le 26 avril et le 22 mai, vos pas doivent absolument vous mener à la Galerie 9ème Art. Pourquoi ?

Et bien, parce que, et là je cite le texte du communiqué de presse  " la Galerie 9è art crée l’évènement en exposant un autre très grand nom de la bande dessinée américaine, avec l’ouverture le 26 avril de l’exposition Sin City. Pour la première fois en France et dans le monde, une trentaine de planches originales de Frank Miller, issues de Sin City, seront exposées en galerie, et exceptionnellement mises en vente jusqu’au 22 mai. Une occasion unique de découvrir les originaux d’une oeuvre culte, que son succès phénoménal, alimenté par l’adaptation cinématographique qu’en ont fait Frank Miller et Roberto Rodriguez, a largement popularisé." 

Et vous savez quoi ? Il ne faut surtout pas rater ça !

Et c'est où ? Au 4 RUE CRÉTET, dans le 9ème.

Et si vous voulez voir toutes les planches exposées, comme celle-ci, voire les réserver, une seule adresse :  WWW.GALERIE9ART.COM