Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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Bonne balade dans le noir !
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lundi 7 février 2022

[Festival - NIORT] – Regards Noirs, du vendredi 11 au dimanche 13 Février : La BD polar bien présente

 


Regards Noirs - sous-titré Festival du Polar Niort - ouvre le bal des salons du Noir, et fait une belle place à la bande dessinée. Pour commencer, les deux lauréats du Prix Clouzot 2022, Jean- Denis PENDANX et Laurent GALANDON, auteurs de « A Fake Story » (Futuropolis) seront présents samedi pour recevoir leur prix, avant de participer à une rencontre, le dimanche, avec l’excellent romancier Jacky SCHWARTZMANN (dernier roman paru : Kasso, chez Gallimard) sur le thème « Vrais fausses fictions, de quoi parle-t-on ». Animé par Macha Séry, journaliste au Monde, ce sera un moment à ne pas manquer.

Et pour ma part j’aurai le grand plaisir d’animer deux débats, samedi 12 

- A 14h, « Petites combines, grandes failles et musique rap », avec Luc DESPORTES (dessinateur de l’Echelle de Richter, dont je vous parlais il y a peu) et Matthieu LUZAK, auteur du roman, son premier, «Poudre blanche, sable d’or » (La Manufacture de livres)

- A 18h, « Nouveaux paysages dans la BD polar », avec Donatien MARY (Commissaire Kouamé) et Isao MOUTTE (Clapas), deux dessinateurs figurant dans ma sélection annuelle 2021, voilà qui tombe bien, pas vrai ? Et ce sera aussi l’occasion de découvrir les planches originales du Commissaire Kouamé, à la médiathèque : une autre raison de venir faire un tour dans les Deux-Sèvres.


Le Festival Regards Noirs, c’est aussi d’autres rencontres, des lectures, des projections, … tous les détails ici, sur le site du salon, qui fait peau neuve cette année, et se déroule dans de nouveaux lieux. Vous savez quoi faire ce week-end ! 

dimanche 15 janvier 2017

[Tétralogie noire] - L'assassin qu'elle mérite, par Lupano et Corboz (Vents d'Ouest)

Le jeune Alec Rindt, et son inséparable ami Klement Musil, écument le Vienne de 1900 avec toute la fougue, l'insouciance de leur âge... et l'arrogance que leurs fortune leur permet. Provocateur et cynique, Alec est le plus virulent des deux envers cette société Viennoise, où l'Art, selon lui, qui y règne, bien trop préoccupé par lui-même, en oublie le peuple...
 Une idée germe alors dans son esprit tortueux et torturé, et il l'expose à son ami Klement un soir d'ivresse : pourquoi ne pas façonner un innocent, une âme pure, et en faire un criminel, l'élever lui-même au rang d'oeuvre d'art, subversive et vivante ? Mais dans quel but, diable ? Pour donner enfin à cette odieuse société "l'assassin qu'elle mérite"... Et Alec de mettre illico son plan en action, en jetant son dévolu sur Victor Wickhoff, un ado des rues dont les parents vivent misérablement. Un Victor qui n'a encore jamais connu autre chose la pauvreté et le mépris de ses contemporains...

Tel est donc le point de départ de cette tétralogie, débutée en 2010 et achevée fin 2016, signée Wilfrid Lupano et Yannick Corboz. Dès le premier tome, personnages et décors sont - admirablement - plantés, et les éléments d'une histoire complexe, subtile, et... haletante, se mettent en place. Et très vite, les femmes vont avoir une importance capitale dans cette histoire. C'est ainsi que Victor, harponné par Alec, va connaître les délices de la maison des filles de joie de Lady Mikhaïlovna, et se retrouver sous l'aile bienveillante et protectrice de la sensuelle Mathilde. Déjà sous l'emprise d'Alec, dont il se méfie tout de même encore un peu, il ne va pas tarder à se jeter lui-même au pied de cette femme tombée du ciel. Tout comme il ne résistera pas bien longtemps au pouvoir de l'argent, Alec lui réglant toutes ses ardoises... et l'incitant à se comporter comme n'importe quel riche de la ville. Le caractère de Victor commence à changer, et il devient capricieux, jaloux et ne supporte plus sa famille, pauvre. Et au moment où il s'y attend le moins, son protecteur lui coupe les vivres... provoquant le coup de sang espéré par Alec : Victor est en passe de devenir un loup sanguinaire lâché en pleine ville..
Il nous est ensuite donné à suivre, dans les trois tomes suivants, la destinée manipulée de Victor, qui le reverra passer par la rue et la pauvreté, se laisser gagner petit à petit par la haine des Juifs - une haine toute neuve qui lui coûtera bien plus que c'est qu'elle était sensée lui apporter - et suivre la trace d'Alec jusqu'à Paris, à l'exposition universelle de 1900, où tout se jouera autour d'autres femmes, encore, et des milieux anarchistes. Et c'est bien là tout le talent de Lupano : faire vivre leur petites histoires, magnifiques ou tragiques, romantiques ou sordides, de ses personnages, au coeur de la "grande" Histoire. "L'assassin qu'elle mérite" embrasse plus d'un registre, mais demeure délibérément dans celui du Noir. Historique, évidemment, vu la période choisie, mais social, également, pour cette même raison : l'Europe en ce début de 20ème siècle, est  celle de toutes les nouveautés, techniques, artistiques, scientifiques... et la société est en pleine mutation. Lupano ne manque pas non plus de placer cette superbe série sous le sceau de la littérature, celle-ci en en est même à l'origine, puisque c'est dans le "A rebours" de J-K. Huysmans, qu'on retrouve cette phrase : "Alors mon but sera atteint. J'aurai contribué, dans la mesure de mes ressources, à créer un gredin, un ennemi de plus pour cette odieuse société qui nous rançonne".
Et si cette série fonctionne à merveille, elle le doit aussi, à Yannick Corboz, dont le trait extrêmement souple, dynamique, est parfait pour les nombreuses scènes urbaines, mouvementées et populeuses... et toutes les autres ! Son Vienne et son Paris sont magnifiques, et les expressions corporelles de ses personnages toujours justes. Et impossible de ne pas être fasciné par ses femmes froides ou sensuelles, belles ou laides, bourgeoises ou catins, rebelles ou soumises... vivantes, quoi !
Un cahier graphique vient d'ailleurs agrémenter le dernier volume de la série, "Les amants effroyables", quelques pages illustrant le grand talent de Corboz.
Les séries qui tiennent leurs promesses de bout en bout sont rares : "L'assassin qu'elle mérite" en fait partie, n'hésitez pas, vraiment !

 L'assassin qu'elle mérite *****
Scénario Wilfrid Lupano et dessin Yannick Corboz -
Vents d'Ouest, 2010-2016 - 48 pages couleur chaque - 14,50 €

1 - Art nouveau (2010)
2 - La Fin de l'innocence (2012)
3 - Les Attractions coupables (2014)
4 - Les Amants effroyables (2016)

mercredi 19 février 2014

[Originaux ] – Bézian expose son Docteur Radar à la Galerie Glénat (Paris) jusqu'au 11 mars 2014

Le 15 janvier dernier sortait aux éditions Glénat le très réussi Docteur Radar de Frédéric Bézian, sur un scénario de Noël Simsolo. Le duo avait déjà été associé sur l'inquiétant "Ne touchez à rien", et récidive avec cette histoire qui emprunte les voies du polar comme celles du fantastique. Dans un Paris des années 20, des scientifiques, tous spécialisés dans la conquête spatiale, sont assassinés un à un, par le redoutable Docteur Radar, insaisissable car véritable artiste du déguisement.
Pour cet album envoûtant, Frédéric Bézian confesse volontiers comme il a imaginé "son" Paris : 
"Une sorte de bricolage poétique... d'où les allusions au lettrisme, à l'expressionisme, au Bauhaus, les emprunts aux décors de Fernand Léger, et les robes du soir d'Isaure Saint-Clair ou des dames perçues "Chez Maxim's". Du coup, aucun état d'âme concernant d'éventuels anachronismes : certaines voitures apparaissent cinq ans trop tôt, les éclairages sont plutôt influencés par ceux d'Orson Welles, certaines villas sont des décalages de celles créées par Mallet-Stevens vers 1925 et après."

Pour vous immerger dans cet univers, il ne faut pas manquer de vous rendre à la galerie Glénat, au Carreau du Temple, 22 rue de Picardie à Paris (3ème) où est organisée une exposition des planches originales du Docteur Radar.
A noter qu'une édition spéciale Noir et Blanc est sortie parallèlement à la version courante (couleurs) de l'album.

Docteur Radar 
Scénario Simsolo et dessin Bézian.
Glénat, 2014 - 64 pages couleurs - 19,50 €
ou 80 pages noir et blanc - 49,00 €

samedi 28 septembre 2013

[Originaux ] – Brüno expose Tyler Cross à la galerie Maghen (Paris - 6ème)


L'excellent Brüno, qui reste encore un peu trop dans l'ombre à mon goût,  a publié à la maison  Dargaud, à la fin de l'été, un premier tome  d'une série qui s'annonce explosive : TYLER CROSS (allez :  un petit teaser pour la route). Avec Fabien Nury au scénario, l'association de malfaiteurs est proche de la perfection...
En attendant la chronique sur Bédépolar, si vous êtes à Paris, il vous reste une semaine, jusqu'au 5 octobre, précipitez-vous à la Galerie Daniel Maghen, qui expose une grande partie des planches originales de l'album, ainsi que des illustrations autour de ce premier tome. C'est fascinant de beauté, et la taille des planches permet d'apprécier encore plus tout le talent de Brüno, dont je vous avais vanté ici les mérites de Biotope ou Commando Colonial. Et en plus, je ne vous ai jamais parlé de Wanda, véritable chef d'oeuvre à mon sens, et il faudrait aussi que je revienne sur Inner City Blues, une trilogie « blaxploitation » du meilleur goût.
Et si vous ne connaissez pas du tout, l'univers captivant de Brüno allez donc faire un saut ici sur son site : brünocomix.fr.


EXPO BRÜNO - Tyler Cross - Galerie Daniel Maghen - 47, quai des Grands Augustins - 75 006 PARIS (Métro St Michel)

jeudi 26 avril 2012

Les planches originales de Sin City en expo à la galerie 9ème Art (Paris)

 Si vous êtes Parisiens, de manière permanente, ou alors seulement entre le 26 avril et le 22 mai, vos pas doivent absolument vous mener à la Galerie 9ème Art. Pourquoi ?

Et bien, parce que, et là je cite le texte du communiqué de presse  " la Galerie 9è art crée l’évènement en exposant un autre très grand nom de la bande dessinée américaine, avec l’ouverture le 26 avril de l’exposition Sin City. Pour la première fois en France et dans le monde, une trentaine de planches originales de Frank Miller, issues de Sin City, seront exposées en galerie, et exceptionnellement mises en vente jusqu’au 22 mai. Une occasion unique de découvrir les originaux d’une oeuvre culte, que son succès phénoménal, alimenté par l’adaptation cinématographique qu’en ont fait Frank Miller et Roberto Rodriguez, a largement popularisé." 

Et vous savez quoi ? Il ne faut surtout pas rater ça !

Et c'est où ? Au 4 RUE CRÉTET, dans le 9ème.

Et si vous voulez voir toutes les planches exposées, comme celle-ci, voire les réserver, une seule adresse :  WWW.GALERIE9ART.COM