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samedi 2 juillet 2011

[Chronique] - Seuls, ou presque...

Avertissement avant de lire cette chronique : si vous n'avez pas encore lu le premier cycle de « Seuls », et que vous comptiez le faire, revenez un peu plus tard à ce billet. Ce qui va suivre dévoile pourquoi les enfants-héros de la série se retrouvent livrés à eux-mêmes dans une ville totalement désertée par les adultes. Et le savoir gâcherait une bonne partie de la lecture de cette excellente série, dont vous pouvez ingurgiter d'un seul coup le premier cycle grâce à l'intégrale parue en fin d'année dernière. Bon, vous voilà prévenus. Prêt ? Retour à Fortville !

Maintenant, les enfants ont compris les raisons de leur solitude angoissante : ils ont quitté le monde des vivants, et pour eux, la mort, c'est cette errance dans Fortville, une ville vidée d'adultes mais regorgeant de ressources permettant de survivre. C'est là que Leïla, Dodji, Yvan, Camille et Terry ne comprennent pas : pourquoi ont-ils encore froid, faim, mal, alors qu'ils sont passés de vie à trépas ? Ils pensent aussi souvent à leurs parents et Yvan a l'idée de tenter une séance de spiritisme à l'envers : eux les morts, vont tenter de contacter les vivants. Et cela marche ! Sauf qu'en guise de réponse, ils ont une mise en garde où il est question de la part des mystérieuses « 15 familles » qui semblent les avoir à l'oeil... Mais d'où ? Comment ? Les enfants n'ont pas trop le temps de réfléchir à cette nouvelle énigme, car Saul, le chef d'une autre bande de gosses, beaucoup plus importante, décrète le partage de la ville : chaque immeuble ou magasin stratégique appartiendra au clan qui aura taggué sa marque sur ses murs avant l'autre. Une course au territoire entre le clan du soleil, de Saul, et celui de l'étendard, de Leïla, et la lutte va être sans pitié...

Après les révélations du dernier volume (Au coeur du maelström), on pouvait se demander comment Fabien Vehlmann allait faire rebondir cette série passionnante. Tout simplement, d'abord, en continuant à entretenir le mystère (Que cache la présence du monolithe noir ? Les 15 familles finiront-elles par se découvrir ?) puis en ouvrant de nouvelles portes : les enfants sont-ils vraiment morts ? S'ils quittaient la ville, que découvriraient-ils au-délà ? Qui trace ces « 9 » sur les murs ? Ce début de deuxième cycle démarre assez fort, avec la même intelligence qui préside à la série dans la manière d'aborder, sans avoir l'air d'y toucher, des sujets assez peu traités en BD jeunesse, par touches discrètes. Ainsi, en quelques cases et une conversation bien sentie, la place des différentes religions et l'existence même de Dieu, sont mises en scène, d'une manière extrêmement naturelle. Le talent de Vehlmann c'est aussi celui-là. Celui de Bruno Gazzotti ne se dément pas non plus et il réussit à faire osciller la lecture entre inquiétude et espoir pour ses jeunes héros, sans qu'à aucun moment on ne soit gêné par son style typique de l'école franco-belge, habituellement plus taillée pour l'humour pur. Mais on avait l'habitude, déjà, avec Soda...
Enfin, si dans votre entourage vous avez de jeunes lecteurs de « Seuls », Dupuis organise en ce moment un concours qui leur permet de devenir un héros de la série. Le règlement est ici, sur le site dédié à « Seuls ». Et tant que j'y suis, le blog de Vehlman c'est par ici, et celui
de Gazotti, par là.


Seuls, tome 6 – La Quatrième dimension et demie
Scénario Fabien Vehlmann et dessin Bruno Gazzotti
Dupuis, 2011 – 48 pages couleur - 10,45 €

Intégrale du cycle 1
Dupuis, 2010 – 264 pages couleur – 30 €

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