Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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Bonne balade dans le noir !
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dimanche 8 mai 2016

[Festival complètement à l'Ouest] – Le Goéland Masqué, saison 16, du 13 au 16 mai à PENMARC'H

Voilà bien longtemps (2011...) que je ne vous avais pas parlé de ce chouette festival qu'est le Goéland Masqué.
. Et c'est un tort, car c'est l'un des rares salons du polar à faire une aussi belle place à la bande dessinée.

D'abord, en invitant des pointures du genre noir, et c'est encore le cas cette année avec les dessinateurs Germain BOUDIER, qui vient de publier l'étrange et captivant "Insomnies" (Sixto), BRIAC, fabuleux illustrateur, la preuve encore dans "Quitter Brest" (toujours Sixto), Jean-Christophe CHAUZY et son univers urbain inimitable, Benjamin ADAM auteur entre autres de l'étonnant "Lartigues et Prévert", (La Pastèque), et RICA, au trait punchy - voir "Succombe qui doit" ou son dernier album "UCT - Unité Combattant Trudaine (Glénat).

Trois scénaristes seront également présents : Arnaud LE GOUEFFLEC,, Catherine LE GALL et Sylvain RICARD . Vous pourrez retrouver ces derniers le dimanche après-midi dans deux rencontres à la Maison pour Tous de Penmarc'h :

- « La Revue dessinée, invitée du Goéland » – « Finance et bande dessinée : Le bon moyen de rendre accessible un sujet complexe. L’exemple des « emprunts toxiques » Catherine LE GALL et Benjamin ADAM
- « Action Directe : une histoire de l’ultra­gauche » Sylvain RICARD et RICA

Et puis, la bande dessinée au Goéland Masqué, c'est aussi le Prix Mor Vran, décerné depuis 2008, et qui a récompensé successivement Jaime MARTIN ("Ce que le vent apporte" - Dupuis), Christian DE METTER ("Shutter Island" - Casterman), Max CABANES ("La Princesse du Sang" - Dupuis) , Ralph MEYER ("Page Noire"- Futuropolis), Manu LARCENET ("Blast" - Dargaud), ORIOL ("La Peau de l'ours" - Dargaud), et Eric SAGOT ("Paco les mains rouges" - Dargaud).

Cette année, le Prix est décerné à Christian LAX pour "Un Certain Cervantès", chez Futuropolis
La cérémonie de remise aura lieu samedi 14 mai, à 11h30, à la salle Cap Caval, pour l'inauguration du festival.

Bon, évidemment, qui dit festival du roman noir, dit écrivains, et ils seront une quarantaine, et là non plus, pas des moindres : Carlos SALEM, Eric MILES WILLIAMSON, Francesco DE FILIPPO, Gérard ALLE, Marin LEDUN, Hervé LE TELLIER, Elena PIACENTINI, Jean-Bernard POUY, Marc VILLARD... 
 
Et toutes et tous - ou presque - seront à l'affiche d'un des nombreuses tables rondes, rencontres, débats et autres lectures programmés durant ce long week-end. Des rencontres animées par l'équipe du Goéland, mais aussi par Hervé DELOUCHE de la vénérable association 813 et Ida MESPLEDE (Polars sur Garonne).

Si vous voulez tout savoir, un seule solution : un petit tour sur le site du festival... et rendez-vous dès vendredi 13 pour une rencontre d'ouverture : "Le Rock est-il soluble dans le polar" ? 
 
Car j'allais oublier : cette édition est placée sous le signe du binaire, avec trois concerts : SPERNOT (punk rock), les POLAROÏDS ROCKS et MC VIPERS (Street punk).

Alors un seul mot d'ordre : Hey ho, let's go-eland ! 




 

dimanche 25 mai 2014

[Nouveauté] - La Nuit Mac Orlan, par Briac et Le Gouëfflec (Sixto)

Marin débarque à Brest. En TGV. Un jour de pluie. Tout ce qui compte pour lui tient dans sa poche,  sur cette clé USB où est gravée toute sa vie. Ou plutôt celle qu'il consacre depuis des années à Pierre Mac Orlan, sa passion obsessionnelle. Et s'il arrive aujourd'hui à Brest, c'est pour rencontrer un bouquiniste, rencontré sur Internet, et qui lui affirme être en possession d'un inédit, un livre clandestin de Mac Orlan, un inédit au titre mystérieux "L'Amiral Bamboche". Marin, qui travaille sur sa thèse depuis si longtemps est évidemment intrigué, et surtout excité de découvrir ce livre totalement inconnu que le bouquiniste s'apprête à lui montrer. Mais en fait de choc littéraire, c'est un coup sur le crâne que Marin reçoit, dans cette boutique sombre de la rue Turenne. Et à son réveil, il est nu comme un ver, sa clé a disparu et le voilà face à un type un peu bizarre, un artiste dénommé Teuz. Celui-ci n'est pour rien dans cette histoire - il ne connaît même pas Mac Orlan, c'est dire... - et  les deux hommes retournent chez le bouquiniste. L'homme est bien là, mais il ne dira plus grand chose : il a un couteau planté dans la poitrine. A la main, en guise de testament, il tient une carte pour le moins étrange, semblant tout droit sortie d'une histoire de pirates. Teuz décide alors d'aller voir la seule personne capable de désembrouiller l'affaire : le docteur Problème...


On avait laissé Briac sur son très réussi "Les Gens du Lao-Tseu", et le voici de retour avec une histoire pleine de brume et de mystère, un véritable hommage à l'univers de Pierre Mac Orlan, scénarisé par Arnaud Le Gouëfflec, un jeune homme à l'imagination fertile (allez donc voir  "J'aurai ta peau Dominique A" ou "Le Chanteur sans nom"...) L'histoire imaginée est cette fois en prise directe avec l'univers d'un écrivain qui reste surtout connu du grand public pour "Le Quai des brumes", "Les Clients du Bon Chien Jaune" ou encore "l'Ancre de miséricorde". Elle nous emmène dans un Brest nocturne et enfumé, dangereux et chaleureux tout à la fois (parfois !), dans une nuit pleine d'aventures inattendues. Et tout le talent de Briac est de dépeindre cette nuit dans ses moments-clés, éclairant à sa guise tel recoin du port, laissant dans l'ombre tel personnage, pour mieux mettre en lumière  deux autres protagonistes phares de cette nuit, la tenancière et le policier. Décors et personnages sont minutieusement étudiés, et chacune des cases de Briac ne laisse rien au hasard. On peut même s'arrêter sur nombre d'entre elles, qui ne sont pas loin d'être de véritables tableaux. La Nuit Mac Orlan marque une étape importante dans le travail d'un dessinateur un peu hors-norme, au style affirmé et original, tout comme elle confirme l'ascension d'un scénariste dont chacune des nouvelles histoires réussit à faire mouche. Cet album est aussi à marquer d'une pierre blanche pour les éditions Sixto, qui tiennent là une véritable perle à leur catalogue, et sésame potentiel à une reconnaissance d'un public plus large que celui touché jusqu'ici. Souhaitons-le en tous cas !


La Nuit Mac Orlan ***
Scénario Arnaud Le Gouefflec et dessin Briac
Sixto, 2014 – 54 pages couleur – 15,90 €


samedi 26 octobre 2013

[Quai des Bulles - 33ème] - Saint-Malo : un peu de polar dans vos bulles ?

 Amateurs d'ambiances noires, réjouissez-vous ! Dimanche 27 octobre, au 33ème festival"Quai des bulles" ce sera le moment de passer un "après-midi polar", et de découvrir les deux nouvelles sélections du Prix SNCF du polar : le court-métrage et la bande dessinée. Rendez-vous donc dès 13h30 à l'amphithéâtre Maupertuis, pour la projection des courts en compétition en 2014, puis à 15h15, même endroit pour une discussion avec les auteurs du collectif "Quais divers" co-édité par les vaillantes éditions Sixto, animée par Christian Marmonnier. A noter dans ce collectif, qui contient cinq récits courts, la présence de Briac, dont on attend avec impatience le nouvel album

Je serai également autour de la table pour parler des 5 albums du Prix Polar SNCF BD 2014. A noter que le polar est aussi en bonne place dans la sélection finale du prix Ouest France / Quai des Bulles, avec deux titres sur cinq : "Mon ami Dahmer" de Derf Backderf (ça et là) , étonnante autobio où l'auteur raconte son adolescence aux côtés de celui qui allait devenir un terrible serial-killer, et "Tyler Cross" de Nury et Brüno, excellent album dont je vous ai causé dans mon dernier billet. Et dans cette sélection, il faut aussi noter la présence d'un album superbe, "le loup des mers" de Riff Reb's (chez Soleil, d'après London) 

Voilà, vous savez tout. Chaussez vos bottes, et direction : Quai des bulles !


lundi 15 mars 2010

Interview : Briac (Les Gens du Lao Tseu et Armen)

Le lecteur attentif que vous êtes l'avait certainement remarqué : bédépolar donne pour l'instant beaucoup de chroniques à lire. Mais la parole des auteurs, c'est pas mal non plus, et pour cette première, c'est Briac, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions. Une courte interview que vous pourrez prolonger en allant à la rencontre de l'auteur, si la Bretagne est à vos portes...

Briac, tu viens de faire paraître « Les Gens du Lao Tseu », dont l'action se déroule dans le Brest des années 20. Pourquoi ces choix géographiques et historiques ?

Pourquoi Brest ? Parce que c'est la plus belle ville du monde et la plus belle rade de l'univers !!! Enfin, trêve de chauvinisme ! Ce qui m'intéressait en situant mon histoire dans une cité portuaire du début du 20ième siècle, c'était d'essayer de retrouver l'atmosphère particulière de ces lieux ouverts sur le monde. Ces lieux cosmopolites où les individus peuvent être classés en deux catégories, ceux qui restent et ceux qui partent... Bref,un endroit parfait pour des personnages aussi complexes et cabossés que Thalamas et Tchang.

"Armen", ton premier album; se déroulait pendant la seconde guerre mondiale. Dans ce nouvel album, tes personnages principaux sont marqués par la Grande Guerre. Dans les deux cas, on voit bien ce qu'un conflit armé inflige aux être humains. Ne serais-tu pas un brin pacifiste ? Ou... taoïste, si on se réfère au titre de ce deuxième album ?

Pacifiste, peut-être ? En ce qui concerne le Taoïsme, je dois confesser que mes connaissances en la philosophie chinoise sont aussi limitées que celles de mes personnages. Ce qui est certain, c'est que ces périodes où tous les sentiments sont exacerbés me permettent de traiter de l'individu dans toute sa complexité. Dans Armen les personnages étaient en pleine apocalypse. Tandis que dans Les Gens du Lao Tseu ils en sortent. Dans mon premier album,le désespoir règne. Le monde est symbolisé par le phare. Pas de possibilité d'échapper à l'enfer... Dans le second, il y a l'éventualité d'une reconstruction qui ne peut se faire pour mes personnages qu'en appréhendant la vie d'une façon différente. On sait d'ailleurs que c'est à cette époque que sont nés de nombreux mouvements pacifistes. Malheureusement...

Tu es l'auteur de tes textes et tu dessines. Ton intrigue est cette fois un peu plus élaborée que dans Armen – qui tenait du huis clos psychologique. Cela a-t-il été plus difficile pour toi de faire vivre tous ces personnages dans l'entourage du cabaret « Le Lao Tseu » ?

Il est vrai que dans Armen, l'intrigue psychologique se limitait aux rapports entre Kloetz et Fanchec. En revanche dans Les Gens du Lao Tseu, j'ai tenté de donner corps à chaque personnage, du plus important au plus secondaire. Cela m'a donc obligé à imaginer une vie passée et future pour chacun d'entre eux. Travail long et peu visible mais qui, sait-on jamais, me servira peut-être pour une suite éventuelle.

Constantin, ton personnage principal, est un ex-flic tenté par la carrière d'écrivain. Mettre en scène l'écriture n'était-elle pas une difficulté supplémentaire ?

Je ne sais pas si cela était difficile mais en tout cas c'était nécessaire. Il fallait que la littérature donne un sens à la vie de Thalamas. Et puis qui sait peut-être me remplacera-t-il un jour en tant que narrateur?

Tu travailles en couleurs directes. Tu peux nous en dire plus sur la technique utilisée sur cet album ? Est-ce la même que pour « Armen » ?

En effet la technique est la même pour les deux albums. Tout d'abord, je réalise une conception sommaire de la planche au brouillon puis j'attaque directement la planche au pinceau trempé dans la peinture acrylique, en tentant de donner le maximum de souplesse au dessin. La couleur ne doit pas seulement participer à l'illustration, mais également à la narration. Elle doit permettre aux lecteurs de ressentir le sentiment des personnages.

Ces deux albums sont très proches, graphiquement. Le prochain sera-t-il dans le même registre esthétique ?

Je suis actuellement en pleine recherche sur les couleurs du prochain album. En effet, cette histoire devrait se dérouler sur plus d'une soixantaine de planches contre 47 pour les précédentes. Je cherche à synthétiser le graphisme et pour cela je me suis résigné à échanger mes sacro-saints tubes d'acrylique pour des encres. J'espère malgré tout garder la spécificité des albums précédents.

Peux-tu nous en dire plus sur l'intrigue ?

C'est une histoire qui se déroulera en grande partie dans des campements ouvriers, près d'une cité ressemblant étrangement à Dubai... ,Et même sous la torture je n'en dirai pas plus car je suis en phase d'écriture...

Merci !

Et si vous voulez rencontrer Briac, voici les sept dates qui constituent actuellement son tro-breizh perso :

Les 20 et 21 mars à Binic au festival "Les Escales de Binic"
Le 27 mars à Guingamp à la librairie "mots et images"
Le 3 avril à Vannes à la librairie "Le jardin des bulles"
Le17 avril à Morlaix à la librairie Dialogues
Le 9 mai au Conquet au festival "La mer en livres"
Le 24 et 25 juillet à Concarneau au festival du polar "Le chien jaune"
Le 18 septembre à Bédée au festival "Pré en Bulles"

jeudi 4 mars 2010

Les Gens du Lao-Tseu (2010)

Brest, années 20, la ville s'angoisse : un quatrième assassinat vient d'être commis dans le quartier de Recouvrance. La police patauge, mais une sérieuse piste s'ouvre lorsque se présente le député De Lesmel, qui arrive tout droit de Moselle : il apporte une photographie où il figure en compagnie des quatre victimes... Dans le même temps, au cabaret le Lao-Tseu dont il est le co-propriétaire, l'ex-commissaire Constantin Thalamas tente de se libérer de ses fantômes de la Grande Guerre. La voie de l'écriture, ne serait-ce pas là une bonne thérapie ? Mais la carrière d'écrivain ne se décide pas comme cela du jour au lendemain et les pages du débutant finissent presque toute à la corbeille. L'arrivée au Lao-Tseu d'un vieil excentrique à la recherche d'un biographe tombe à pic. Mais raconter le passé d'un homme est-il le meilleur moyen de se projeter vers l'avenir ?

« Armen », le premier album de Briac était un fascinant huis clos maritime, une lutte psychologique entre deux hommes, dans un phare, en plein milieu de la mer. L'histoire se situait pendant la seconde guerre mondiale, et il est à nouveau question de guerre dans ce deuxième album de l'auteur. Mais cette fois, elle est passée, et c'est les traces qu'elle a laissée que Briac explore, parallèlement à une intrigue aux ressorts policiers (des meurtres, un enlèvement, des révélations finales). La psychologie des personnages est aussi fouillée que dans « Armen », et ceux-ci sont tout aussi tourmentés par leurs états d'âme. Ces tourbillons intérieurs Briac a choisi de les exprimer en creusant les visages, en dessinant des yeux cernés, presque exhorbités, et en restant dans des teintes pales pour les peaux de nombre des protagonistes. Le trou de la tombe semble bien n'être plus très loin pour bon nombre des gens du Lao Tseu ! Impression étrange et parfois dérangeante, renforcée par un choix de couleurs directes, à l'acrylique, sur un trait sans crayonné préalable. « Un style très expressif qui s'apparente autant à la peinture qu'à la bande dessinée » annonce la quatrième de couverture. Il n'y a pas tromperie sur la marchandise et ce deuxième album de Briac vient confirmer les promesses de « Armen ». N'hésitez surtout pas à vous plonger dans l'univers singulier d'un auteur talentueux, dont vous pouvez lire une interview ici .


Les Gens du Lao-Tseu
Texte et dessin de Briac
Editions Le Télégramme - 48 pages couleurs – 9,90 €