Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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dimanche 6 mars 2022

[FIBD 2022] – Fauve Polar SNCF : la sélection des 7 albums en compétition

 Qui pour succéder à « Ghost 111 » de Mark Eacersall, Henri Scala et Marion Mousse (Glénat) lauréat du Fauve Polar SNCF 2021 ? Le jury aura fort à faire car la sélection proposée par le FIBD pour la catégorie polar de son palmarès couvre de larges pans du genre, jugez plutôt :

- Commissaire Kouamé, T.2, Un homme tombe avec son ombre, de Marguerite Abouet et Donatien Mary (Gallimard BD) 

Ou comment le survolté commissaire et son fidèle adjoint Arsène vont s’échiner à retrouver la fille d’un richissime industriel français, disparue en plein Abidjan. Une enquête dans une Afrique vivante et authentique, des personnages mémorables, une intrigue solide, un rythme effréné, et … un humour à l’épreuve de tout maraboutage !

- Goodnight Paradise, de Joshua Dysart et Alberto Ponticelli (Panini Comics)

Ou comment Eddie, sans-abri écumant les rues du très prisé quartier de Venice Beach à Los Angeles va tenter de faire éclater la vérité sur l’assassinat d’une jeune femme que tout le monde semble vouloir oublier… et faire taire. Un des comics les plus noirs de l’année !

- Impact, de Gilles Rochier et Deloupy (Casterman)

Ou les destins parallèles et croisés (ah ah, oui les deux à la fois) de Dany, quadra marginal et impulsif à deux doigts de l’incarcération et de Jean, retraité à deux orteils de la tombe. Tous deux ont des secrets un peu trop lourds à porter… Un récit habile et subtil, et un regard acéré sur la France d’ici et maitenant.

- L'entaille, d'Antoine Maillard (Cornélius)

Ou l’irruption d’un tueur d’ados à la batte de base-ball dans une petite bourgade américaine. Passée au révélateur du serial-killer, la quiétude apparente de la ville explose, et les jeunes protagonistes de cette histoire vont mûrir d’un coup… ou mourir. Superbe hommage au cinéma de genre, par un nouveau venu dans la bande dessinée.

- Factomule, d'Oyvind Torseter (La joie de lire)

Ou comment Tête de Mule, factotum du Président se fait voler son identité… et sa place auprès du grand homme qui s’apprêtait à lui confier une mallette de la plus haute importance. Un « grand thriller politique international » déroutant, délirant et… norvégien. Une découverte savoureuse !

- Nouveaux Détours, de Jean-Claude Götting (Barbier)

Ou cinq histoires aussi courtes que noires qui nous amènent sur les routes de l’Amérique des fifties et où les personnages ne sont pas loin d’être des losers magnifiques. Diners, motels, barber-shop et petites villes sont au menu de ce road-trip sombre et élégant. 

- Reckless, d'Ed Brubaker et Sean Phillips (Delcourt)

Où le dénommé Ethan Reckless, un type discret à qui on fait appel pour régler des problèmes que les autorités officielles ne pourraient résoudre voit débarquer une « cliente » qui n’est autre que son ex, disparue depuis leurs années d’étudiants radicaux. Un retour qui le plonge dans une course contre la montre d’un homme pris dans les roues d’un engrenage infernal. Un excellent cru des maîtres du genre…

Alors oui, le choix va être difficile. Verdict samedi 19 mars ! 

A bientôt pour le programme des rencontres polar sur l'espace SNCF !  En attendant, pour des infos sur le FIBD, suivez le guide officiel 

 


mercredi 21 novembre 2012

[Chronique] – Noir et Pigalle 62.27 : Götting fait coup double !

Un homme est précipité du haut d'une falaise, mains attachées. Pas de miracle, il ne s'en relèvera pas.... La police, dans ses premières constatations, relève qu'il manque un doigt au cadavre. Flashback : on retrouve l'homme assassiné, un émigré Polonais, et on le suit dans son quotidien chaotique. Il est d'abord mécano, puis il est viré par son patron, puis le voilà homme de ménage dans un restaurant chinois, viré à nouveau, avec l'humiliation en prime, et le voici enfin au service d'un notable local, qui fait de lui son tueur à gages... ce qui n'est peut-être pas, finalement, la meilleure des voies pour Franciszek Gruszka...

« Exercice de style récréatif », « Hommage au roman noir et au cinéma américain » : voici comment est présenté par l'éditeur lui-même cette histoire de Götting parue en début d'année. Un hommage, c'est bien ainsi qu'il faut lire cet album découpé en vingt séquences qui sont autant de scènes convoquant tous les personnages et situations-clés du genre : le looser, la garce, le parrain local, le flic malin... et l'humiliation, l'espoir, la peur, la vengeance. Une histoire aussi rapide et expéditive que la trajectoire d'une balle, que Götting met en scène en 150 pages, format manga, au rythme de deux à quatre cases par planche, le tout dans un style charbonneux, crayeux, où même le blanc est foncé. « Noir » ne révolutionnera certes pas le genre, mais a le très grand mérite de marquer le double retour au polar d'un auteur important du 9ème art, un vrai styliste, comme vous pourrez vous en rendre compte ici,  sur son site. Sans oublier l'espace qui lui est consacré sur le site de Galerie Barbier & Mathon, une galerie spécialisée dans les illustrations et planches originales de bande dessinée.

Götting dévoile son autre facette d'auteur de noir dans le très beau Pigalle 62.27, où il a écrit un scénario parfait pour Loustal. Cet album fait partie des 6 titres en compétition pour le prix polar SNCF de la BD, et vous pouvez lire ma chronique ici, sur le site k-libre.fr.



Noir
Texte et dessin Jean-Claude Götting
Barbier et Mathon, 2012 – 152 pages noir et blanc
8  €
Pigalle 62.27
Texte Jean-Claude Götting  et dessin Jacques de Loustal.
Casterman, 2012 – 72 pages couleur
15 €