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Bonne balade dans le noir !

mardi 27 octobre 2026

[Made in USA] - American parano : Burn, Hollywood, burn ! De Hervé Bourhis et Lucas Varela (Dupuis)

 Bon, l'été est loin, les albums se sont accumulés, et Bédépolar est resté muet comme une carpe. Une carpe diem, certainement... (désolé, c'est la reprise). En attendant de vous causer des nouveautés du moment (genre : la très belle collec Gallmeister-Le Lombard, le retour  New-Yorkais de Charyn et Boucq, celui de Nestor Burma par Ravard, ou encore le magnifique Lapone-Tellop "La Femme au portrait"...), voici un autre retour, celui de Kimberly Tyler, la rouquine qui n'a pas froid aux yeux. 


 Après le San Francisco de 1967 et ses églises satanistes, le New York de 1968 et ses sanglantes batailles politiques, l’enquêtrice Kim Tyler se retrouve cette fois dans la Californie de 1969. Celle des Black Panthers et de Charles Manson. Bourhis et Varela poursuivent leur exploration des Etats-Unis de la seconde partie du 20ème siècle. Version polar, of course.

Après sa démission de la police suite à l’échec spectaculaire de sa mission de protection du candidat démocrate Bob Cavendish (American Parano 3 : Manhattan trauma), la rouquine Kim a trouvé un boulot chez Chapiro’s un fast-food de Los Angeles. Le patron est odieux avec ses serveuses, les clients grossiers, il n’en faut pas plus pour serrer les rangs entre filles, et Kim se rapproche un peu de Susan, qui semble un peu paumée. Mais elle semble trouver du réconfort dans la communauté hippie qu’elle fréquente, et ne jure que par « Le sorcier », son gourou. Cela ne suffira pas à lui éviter l’overdose, et quand elle est retrouvée morte dans les toilettes du fast-food, Kim ne peut s’empêcher de faire le lien avec la soirée de la veille chez le fameux sorcier, et où Susan n’était finalement pas présente. Elle retrouve donc ses réflexes d’enquêtrice et décide d’intégrer la communauté pour voir ce qui s’y trame.

Dans le même temps, le FBI est ressorti de sa boîte pour lui proposer d’infiltrer le campus d’UCLA, pour découvrir les liens entre étudiants et Black Panthers. Deux missions d’infiltration, dont une bien plus dangereuse que l’autre…

On retrouve avec plaisir le personnage de Kimberly Tyler, imaginé par Hervé Bourhis, qu’il fait évoluer d’année en année dans des récits très documentés sur les Etats-Unis des années 60. Après s’être inspiré de la famille Kennedy dans le tome précédent, le scénariste passe cette fois par la case californienne, et le sinistre épisode Manson. Evacuant assez vite, et habilement, la mission confiée par le FBI sur les financement des activistes afro-américains, il nous embarque sur l’enquête personnelle de Kim sur Charles Wilcox (Manson en fait) et son entourage. Depuis la luxueuse villa d’un musicien où le gourou a pris ses aises, mais sera bientôt viré, jusqu’au massacre dans la villa de Celio Drive, en passant par la vie dissolue au Spawn Ranch de Death Valley, l’intrépide rouquine va vivre de l’intérieur – et parfois au prix fort - la tension montante et tenter d’empêcher un drame qui lui semble inexorable et imminent. Ce scénario est vraiment prenant, et c’est aussi dû à Kim Tyler, qui a une vraie personnalité ; on peut lui trouver un petit coté Maggy Garrisson (l’enquêtrice bougonne de Oiry et Trondheim), dans ce côté « elle ne rit jamais » voulu par Bourhis dès le départ pour son héroïne. Du côté du dessin cela colle parfaitement, avec ce style défini par le scénariste comme « Une ligne claire américaine, avec un je-ne-sais-quoi de surréalisme sud-américain ». Bien vu ! Une double page où Kim flotte dans les limbes des paradis artificiels en est un bel exemple. Les scènes d’actions sont nerveuses, sans oublier le plaisir de reconnaître au fil des pages les célébrités de l’époque. Et cerise sur le gâteau : la bande-son, forcément sixties, est disponible par QR code dans l’album. Parfait pour s’immerger totalement dans l’ambiance de ce quatrième tome très réussi. Prochaine étape : les seventies ! Chouette !

(Chronique parue dans la Tête en Noir n°242)


American parano 4 : Burn, Hollywood, burn !***

Scénario Hervé Bourhis ; dessin et couleurs Lucas Varela

Dupuis – 64 pages couleur – Sortie le 28 août 2026 – 17,50 €


 


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