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samedi 11 janvier 2014

[Coup de fil] - Snapshot, par Diggle et Jock (Urban comics)

Jake Dobson fait du vtt au Golden Gate Park à San Francisco. La conduite sportive de son engin ne l'empêche pas de repérer dans l'herbe du parc, un truc qui brille. Un téléphone portable dernier cri. Jake s'arrête et le ramasse, avec dans l'idée d'y jeter un coup d'oeil plus tard. Là, l'urgence est plutôt de filer ouvrir la boutique de comics qu'il tient en l'absence de son patron. Et déjà, Steve, le plus fidèle client de "Nearmint Rhino" est là, à faire le pied de grue devant la librairie. Une conversation plus tard, le voici déjà parti, et c'est le moment que choisit Jake pour regarder de plus près ce portable high tech trouvé en chemin. Et là, c'est plutôt pire que dans les comics : dans la galerie de photos, un homme allongé sur le sol. Une balle dans la tête et un doigt coupé. Dobson n'hésite pas une seconde et prévient les flics. Un dénommé Warren, de la section homicides déboule bientôt et demande si quelqu'un d'autre a touché au téléphone. A ces mots, tel Peter Parker alerté par son sens de l'araignée, Jake flaire la question piège, le coup foireux... Il file par la porte de derrière et s'enfuit à toutes jambes dans la rue. Jake Dobson ne le sait pas encore, mais il va avoir beaucoup de monde à ses trousses dans les heures à venir...

 
Diggle et Jock sont les auteurs de la série survitaminée "Losers" (aussi chez Urban Comics) où des agents "black op" de la CIA sont lâchés par leurs patrons et luttent pour leur réhabilitation. Une série où l'action prime, et qui fut adaptée au ciné en 2010. Ce "Snapshot" fait aussi forte impression, côté rythme soutenu du récit et coup d'éclats graphiques : à partir du moment où le jeune héros empoche le mystérieux portable, c'est le début d'un engrenage infernal, qui va l'entraîner dans une histoire assez dingue, avec cadavres à la pelle. Mais si, visuellement le lecteur est vite happé par le dessin nerveux de Jock et son noir et blanc aux portes de l'angoisse, il l'est aussi, le lecteur, pris par l'histoire de Diggle : qui est ce cadavre vu par Jake ? Pourquoi un doigt coupé ? Qu'est cette mystérieuse société, seul contact dans le portable ? Une boite d'analystes financiers ? Mais depuis quand les banquiers emploient-ils des tueurs à gages ? Voilà le genre de questions qui vont déferler dans le crâne du pauvre Jake Dobson, et qui n'aura pas beaucoup de temps pour tenter d'y répondre. 

"Snapshot", comme le confesse Andy Diggle dans la postface de cet album, était à l'origine plutôt un scénario de film. Mais quand il l'a montré à Jock, celui-ci lui a répondu : "Tu sais, ça ferait un super comic-book ! J'adorerais le dessiner". Ces deux-là ont bien fait de s'entendre sur ce projet. Snapshot est en effet un superbe "one-shot". Et une vraie bande dessinée noire. C'est tout de même rare, du côté des "crime comics".

Snapshot
Scénario Andy Diggle et dessin Jock
Urban comics, 2013 - 144 pages noir et blanc - 15 €




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