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samedi 23 janvier 2016

[Fauve polar SNCF 2016] - Tungstène, de Marcello Quintanilha (ça et là)

Salvador de Bahia, Brésil.
Au pied du Fort de Notre-Dame de Monte Serrat, deux types en barque pêchent. A la dynamite. C'est efficace mais pas forcément toléré. Ils sont vus, depuis le fort par un certain Monsieur Ney, sergent à la retraite, et par un jeune homme avec qui il discutait, Caju. Outré par le comportement des pêcheurs-dynamiteurs, le vieux militaire somme le jeune homme d'appeler l'armée. Ce qui ne donne rien car l'armée a d'autres chats à fouetter...
Mais comme le vieux insiste en menaçant de dénoncer Caju à la police - car Caju est un petit dealer, et ça, Ney, bizarrement, le sait - le jeune finit par appeler un flic qu'il connait bien, Richard. Et ça tombe bien, car Richard est tout près de la scène, sur une plage, à quelques centaines de mètres. Mais le flic est un peu contrarié par ce coup de fil, car il est de repos, et il avait formellement interdit qu'on appelle sur ce portable à ce moment là. Mais il décroche, et finalement va voir ce qui se passe avec les pêcheurs. Juste au moment où Keira, sa femme, essaye de le joindre pour lui annoncer quelque chose de très important, pour leur vie de couple...

C'est dans la ronde de ces quatre personnages, Ney, Caju, Richard et Keira, que  Marcello Quintanilha nous invite à entrer : et c'est en fait une tranche de vie en forme de faits divers qu'il nous donne à lire, en 180 pages qui commencent doucement, avant de monter inexorablement en pression. Et la tension est de plus en plus palpable, au fil de chacune des actions des quatre personnages : chacun de leurs faits et geste peut amener une issue différente, pour chacun d'entre eux, selon l'option qu'ils vont prendre. C'est admirablement construit, car cela mêle à la fois des scènes ultra-dynamiques tandis que d'autres nous font partager des moments d'introspection. Et parfois dans la même planche ! Si on est pris dans ce tourbillon c'est aussi grâce à la formidable lumière qui traverse tout l'album : il a beau être en noir et blanc, il s'en dégage une chaleur incroyable. D'ailleurs, il n'est pas en noir et blanc, mais bien entre gris acier et blanc étain : les couleurs du tungstène, ce métal lourd qui donne son titre à cette bande dessinée. C'est on ne peut mieux trouvé. Et encore une pierre à l'édifice de l'excellent catalogue des éditions ça et là !
 
Tungstène fait partie de la sélection 2016 du Fauve Polar SNCF

Tungstène ****
Texte et dessins de Marcello Quintanilha. 
 Traduction de Christine Zonzon et Marie Zeni, lettrage Studio Sylvie C
- Editions ça et là, 2015 -180 pages noir et blanc - 20 €

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