Ce blog est entièrement consacré au polar en cases. Essentiellement constitué de chroniques d'albums, vous y trouverez, de temps à autre, des brèves sur les festivals et des événements liés au genre ou des interviews d'auteurs.
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lundi 3 février 2025

[Tout en images ! ] - Romain Renard remporte le Fauve Polar SNCF Voyageurs 2025 avec Revoir Comanche (Lombard)

 Et voilà ! Le FIBD 2025 referme ses portes, et moi j'ouvre une fenêtre sur les coulisses du Fauve Polar SNCF Voyageurs, remporté à l'unanimité du Jury par Romain Renard et son excellent Revoir Comanche, publié au Lombard. 

 


 J'étais sur place, et avec l'aimable autorisation des participants et participantes à cette formidable édition, voici quelques images exclusives, rien que pour Bédépolar, blog préhistorique, mais toujours vivant. Donc, suivez le guide ! 

C'est parti pour le grand déballage (ah ah) en douze questions subtiles


Qui va avoir son nom sur le fameux murs des lauréats du Prix Polar SNCF (tout court puis Voyageurs ?) et succéder à Keko et Portela ?


(Amis bédéphiles du Noir, il manque un Fauve dans cette galerie, sauras-tu le retrouver ? )

Quels beaux albums étaient à la lutte cette année ? Et bien ceux-là :


 Et qui avait la lourde tâche de débattre âprement ? 

Et bien ce jury de choc (avec l'aimable repiquage sur le site du FIBD 2025) 


 Et la tâche allait-elle être ardue, se demande ce jury, au comble de l'angoisse, et sous l'oeil inquiétant d'Alexandre Dubois, responsable des partenariats et de l'influence chez SNCF Voyageurs ? 


Et   monter sur la grande scène du théâtre d'Angoulême, pas trop angoissant, cher jury ? Surtout sous l'oeil tout aussi inquiétant d'Olivier Reinsbach, directeur de la Communication de SNCF Voyageurs ? Que de pression !


 Sitôt couronné, Romain notre intrépide nouveau Fauve s'inquiète,
à l'instar de Vivienne, son héroïne (si si regardez-bien), en parlant de pression : les pompes à bière sont-elles prêtes pour fêter ça ? Va-t-on pouvoir lever nos verres ?


 Réponse immédiate sur scène (moment furtif capté par mon oeil d'expert en bulles) : oui !  les bouteilles, au moins, sont elles déja prêtes. Les sourires reviennent !


 Et le lendemain, les stickers seront-ils tous prêts sur chacun des albums pour la rencontre publique avec Romain ? Qui va mener à bien l'Opération Pastille Jaune ? Ici, mon enquête est formelle : c'est Marine de Magic Garden qui s'y colle...

 

 Et après la rencontre, la Présidente du Jury, Véronique Augereau, aura-t-elle l'occasion de féliciter Romain ? 

Pinaise, oui !!!


Et notre lauréat multi-talents (bientôt ici une vidéo de son exceptionnelle chanson, à la guitare Suzuki, exécutée de manière impromptue et magistrale, sur scène pendant la rencontre avec le public.  Votre reporter en est resté sans voix quelques instants au moment de reprendre le micro), donc :

Et notre lauréat avait-il la force après tout ça de dédicacer quelques albums ? 

Mesdames et messieurs, voyez plutôt :


Et retrouverons-nous Romain Renard l'an prochain au FIBD 2026 ? 


Oui ! Car maintenant que Revoir Comanche et son auteur ont rejoint le Hall of Fame du Fauve Polar SNCF Voyageurs, le lauréat doit revenir pour présider le jury...

Alors, à l'année prochaine, et à bientôt ici pour une chronique détaillée de de cet excellent album, hommage à la célèbre série de Greg et Herman, bien sûr, mais aussi véritable polar au suspense allant crescendo, dans des décors somptueux et fascinants. 



 A bientôt !

mercredi 1 février 2012

[Chronique] - Jérémiah dans un panier de crabes

Serait-ce un rêve ? Jeremiah et Kurdy sirotent des cocktails au bord d'une piscine, invités dans la superbe villa de Gérardo de la Vega, riche antiquaire. La raison de cette invitation est simple : les deux amis ont raccompagné au bercail Vérona, la fille du propriétaire, après avoir dépanné sa voiture sur le bord d'une route mal famée... Pour les deux vagabonds, l'endroit est paradisiaque, mais l'atmosphère n'est pas aussi détendue que veut le faire croire le marchant d'art. Dans les couloirs, les jalousies familiales s'expriment de plus en plus ouvertement. Et Fernando met en garde son frère Gérardo contre un mystérieux et puissant Roskov, qui pourrait bien faire s'écrouler le petit monde de l'antiquaire. Quand ? Au moment de cette performance tant attendue de l'artiste Stucco ? Entre escapades érotiques avec Vérona et balades nocturnes, Jeremiah et Kurdy jouent les observateurs attentifs, prêts à quitter leur posture désinvolte pour se lancer dans la bagarre...


Le duo de héros de Hermann semble increvable et leur périple à travers les Etats-Unis dévastés les amène une fois de plus à faire des rencontres gratinées. Le panier de crabes promis par le titre de cette 31ème aventure en est bien un : voici Jérémiah et Kurdy confrontés à une famille en proie aux querelles, et prête à l'implosion. Hermann en profite pour régler son compte à certaines valeurs familiales et s'amuse aussi à nous livrer sa vision personnelle d'un certain art, disons, conceptuel, en la personne de ce Stucco, spécialiste des oeuvres réalisées par « dripping ». Je vous laisse découvrir en quoi consiste cette technique originale, qui est aussi éruptive qu'olfactive. Ces épisodes sont au service d'un récit comme d'habitude bien huilé – même s'il laisse parfois le lecteur faire son chemin dans le conflit entre De la Vega et Roskov. Un récit qui fait peut-être alterner plus que d'habitude scènes diurnes et nocturnes : comme Hermann est un véritable esthète de la nuit, on prend un plaisir encore plus grand à lire cet album. Ce nouveau Jérémiah est une pierre de plus à cette série vraiment hors norme, que vous pouvez découvrir ici, sur le site de l'auteur.

Jérémiah 31 – Le panier de crabes
Scénario et dessin : Hermann
Dupuis, 2012 - 48 pages couleur - 11,95€

samedi 5 mars 2011

[Chronique] - Jeremiah et Kurdy, trentième !

Jeremiah et Kurdy s'installent pour la nuit en pleine nature, en lisière de la ville. Ils ont écumé la zone où ils viennent de se poser, à la recherche d'une pierre plate sous laquelle serait caché un papier synonyme de fortune... mais ne l'ont toujours pas trouvé. Il faut dire que Kurdy a hérité du tuyau de la bouche d'un certain Billy, mal en point sur son lit d'hôpital, et que Jérémiah demeure sceptique sur la crédibilité du bon plan. Car sur le papier tant convoité sont censées figurer les indications conduisant tout droit à un paquet de diamants planqués dans la partie inondée de la ville. Les deux amis vont finalement mettre la main sur le précieux document, et commencer à déchiffrer les explications codées qui mènent à la fortune. Mais leur progression est suivie de près par un trio qui les attend pour récupérer les diamants...
Pour cette 30ème aventure de Jérémiah et de son pote Kurdy Malloy dans des Etats-Unis post-apocalyptiques, les voici cette fois confrontés à un curieux peuple lézardiforme et à des ennemis plus normaux, mais nettement plus cupides. Cette chasse au trésor se déroule pratiquement dans un seul endroit, l'immeuble et ses abords menaçant ruine, où sont planqués les diamants. Cela donne à Hermann de dessiner des décors où règnent la ruine et l'inquiétude, véritables et primitives marques de fabrique de la série. Avec, comme d'habitude, les traditionnelles bastons pour la survie des deux héros, qui ont cette fois en plus le plaisir de se coltiner des crocodiles en hors d'oeuvre... Peut-être moins fort côté relations humaines, que les deux derniers opus, ce « Fifty-fifty » n'en demeure pas moins un épisode impeccablement mené, recentré sur les deux personnages phares, et où les dialogues du duo font toujours autant mouche. Jérémiah est à ce jour la plus longue série d'Hermann, et à mon avis, sa meilleure, de celles qui donnent envie de rouvrir les précédents albums une fois le dernier terminé.
Jérémiah, tome 30 – Fifty-fifty
Scénario et dessin Hermann
Dupuis, 2011 - 48 pages couleur - 11,95 €

lundi 4 janvier 2010

Afrika (2007)

Charlotte arrive en Afrique, dans la réserve de Dario Ferrer, pour suivre cet homme bourru et secret dans sa lutte quotidienne contre le braconnage. Réticent à lui ouvrir les portes de son monde, il se résigne finalement à emmener avec lui la journaliste sur les pistes de la savane. Cet après midi-là, après avoir mis fin aux agissements d'un groupe de braconniers, Ferrer fait un détour pour déterminer les raisons de la présence d'une épaisse fumée noire, à un endroit où il évite généralement de mettre les pieds : de l'autre côté de la rivière, là où la réserve s'arrête et où, selon lui, les chamailleries politiques commencent. Très vite, le duo se retrouve traqué par des bêtes puis dangereuses que les animaux sauvages.

Très bel album d'Hermann, qui diversifie une fois de plus sa production avec brio. Ce « one-shot » africain a toutes les caractéristiques visuelles de ce qui fait la griffe Hermann : des personnages au réalisme incomparable, des décors naturels magnifiquement restitués, les premiers évoluant à l'intérieur des seconds avec une aisance naturelle déconcertante. Ce coup de crayon inimitable est au service d'une histoire où l'humain est le faible rouage d'une société qui lui échappe. En quelques cases, Hermann réussit à montrer la vilenie qui sommeille parfois au coeur des hommes, qu'ils agissent de manière individuelle (ici, c'est l'amoureux transi qui distille son fiel à l'oreille de l'amie africaine de Ferrer) ou de façon collective (là, ce sont les fournisseurs d'armes étrangers qui piègent le gouvernement). Une histoire des plus noires , et une oeuvre importante dans la déjà très riche bibliographie d'un très grand auteur.

Afrika
Scénario et dessin Hermann
Le Lombard, 2007 – Collection Signé - 56 pages couleur - 13,50 €


[Chronique parue dans l'Ours Polar n°45/46, juin 2008]