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lundi 28 décembre 2009

La Malédiction d'Edgar 1– Destin présidentiel (2007)

Un club de jazz à New York en 1938. Edgar Hoover est attablé avec Clyde Tolson, son fidèle bras-droit. Un homme, la quarantaine alerte et souriante, suivi d’une jolie blonde, vient les saluer. C’est Joe Kennedy, alors puissant magnat de Boston. Sitôt éloigné de la table d’Hoover, celui-ci dresse en deux phrases assassines un portrait au vitriol du père du futur président des Etats-Unis. « Ce gars-là est dangereux » fait remarquer Clyde. Réponse de Hoover « N’aie crainte, junior je le surveille comme le lait sur le feu ». En une planche, la personnalité de celui qui restera patron du FBI pendant près de 50 ans est saisie, et le ton de cette nouvelle série donné : coups bas, intrusions permanentes dans les vies privées, manœuvres politiciennes en tous genres, tels seront quelques-uns des ingrédients utilisés dans sa cuisine par le tout puissant Hoover.

La Malédiction d’Edgar nous replonge au cœur des années cinquante et soixante des Etats-Unis, et nous donne à voir l’histoire de ce pays d’un autre œil, ou plutôt à entendre un autre son de cloche, celui de l’homme pour qui les écoutes téléphoniques était une seconde nature. En revenant sur le parcours de cette personnalité sulfureuse et fascinante à la fois, Marc Dugain, qui adapte son propre roman, éclaire obligatoirement la destinée de Kennedy d’une autre lumière que celle laissée dans la mémoire collective. « La légende de Kennedy est en grande partie basée sur le mensonge, ce qui ne l’a pas empêché d’être l’un des meilleurs présidents que les USA aient jamais eus » écrit-il dans la préface à et album. Cette adaptation vient rappeler comment fut façonné JFK, et c’est avec talent que Chardez met en images tous les protagonistes de cette période. Son Hoover est réussi, dans la ressemblance bien entendu, mais en particulier dans le poids de ce regard mi-cynique mi-rêveur qu’il lui a attribué. Ce premier album s’arrête à l’avènement de Kennedy au pouvoir, mais les desseins d’Edgar J. Hoover sont-ils tous réalisés ? La suite de cette très bonne adaptation nous le dira.

La Malédiction d’Edgar, tome 1 – Destin présidentiel
Scénario Marc Dugain et dessin Didier Chardez
Casterman, 2006. – Collection Ligne Rouge – 48 p. coul. – 9,80 €

[Chronique parue dans l'Ours Polar n°41, mars 2007]

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